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EXCLUSIF: La Tunisie emprisonne une militante antiraciste sous de faux prétextes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-27
Illustration: EXCLUSIF: La Tunisie emprisonne une militante antiraciste sous de faux prétextes
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Le verdict tombe, les doutes persistent

Huit ans. Trente mille euros d'amende. Le 19 mars, la chambre criminelle de Tunis a frappé fort contre Saadia Mosbah. Enrichissement illicite, blanchiment, comptabilité douteuse : l'acte d'accusation est lourd. Mais où sont les preuves ? Deux ans d'enquête n'ont rien donné. "Montrez-nous les preuves !", lance sa sœur Afat. Le dossier est vide.

Et pourtant. Derrière ces accusations, un motif bien plus trouble apparaît. Mosbah paye pour son vrai crime : avoir défendu les migrants subsahariens après le discours incendiaire du président Saïed en 2023. Ce jour-là, le chef de l'État tunisien reprenait mot pour mot la théorie du "grand remplacement". Un tournant.

2023 : l'année où tout a basculé

"Du pur Zemmour." C'est ainsi qu'Afat Mosbah qualifie les propos du président. Saadia, elle, n'avait pas mâché ses mots. Elle avait dénoncé publiquement ce discours — raciste, dangereux, contraire aux valeurs tunisiennes. Trop fort. Trop haut. Voilà ce qui l'a perdue.

Figure majeure de la lutte antiraciste, Saadia Mosbah n'est pas une inconnue. En 2023, Antony Blinken lui remettait un prix international. Elle a piloté la loi 508 contre les discriminations raciales, une première dans le monde arabe. Un parcours qui dérange.

L'Europe complice ?

Qui tire les ficelles ? L'Union européenne a signé un pacte avec la Tunisie pour endiguer les flux migratoires. Résultat : des milliers de migrants abandonnés dans le désert, en Méditerranée. Et ceux qui les aident ? Criminalisés. Une bouteille d'eau devient un acte criminel.

"L'UE est commanditaire." La phrase d'Afat Mosbah frappe comme un coup de poing. Le pacte facilite la répression. Il offre au régime tunisien un bouclier parfait pour museler ses opposants. Saadia Mosbah, "noire tunisienne aidant des noirs africains", faisait une cible idéale.

Le silence de l'Afrique

Des corps dans le désert. Des bateaux qui chavirent. Des marchés aux esclaves qui ressurgissent. La Tunisie de 2026 regarde ailleurs. L'Afrique aussi. Hormis le Ghana — une résolution symbolique sur l'esclavage —, aucun pays ne bronche.

"Bonne nuit les Africains." La référence de Churchill, lancée par Afat, résonne comme un avertissement. Pendant ce temps, les militants tunisiens paient le prix fort. Saadia Mosbah en première ligne.

Un procès politique ?

La question mérite d'être posée. Huit ans de prison pour des malversations non prouvées ? Ou pour avoir dénoncé le pouvoir ? "C'est politique", tranche sa sœur. Les faits lui donnent raison : depuis 2023, la répression s'intensifie contre la société civile.

Saadia Mosbah n'est pas seule. Mais son cas est emblématique. Prix internationaux, voix forte, réseau solide : sa condamnation envoie un message clair à tous les dissidents.

Et maintenant ?

Debout. C'est ainsi que sa famille décrit Saadia Mosbah. Mais le combat sera long. Ses avocats préparent le recours. La mobilisation s'organise.

Une certitude : cette affaire ne restera pas dans l'ombre. Trop de regards sont tournés vers la Tunisie. Trop de comptes à rendre.

À suivre.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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