Trump et l'Iran : Le piège nucléaire et ses implications mondiales
Les négociations entre États-Unis et Iran sur le nucléaire tournent au bras de fer. Menaces militaires, répression sanglante et armes balistiques : un jeu dangereux où la France pourrait être prise pour cible.

Un bras de fer nucléaire sans issue
"Nous ne toucherons pas à notre programme balistique." La position de l'Iran est ferme. À Oman, les négociations s'enlisent. Les États-Unis exigent un "zéro enrichissement". L'Iran refuse. Et menace.
Pourquoi ? Parce que Téhéran maîtrise l'art de jouer avec le feu. Le régime a une arme : le temps. "Ils savent très bien faire durer les négociations", explique Farid Vahid, spécialiste de l'Iran à la Fondation Jean-Jaurès. "Ils veulent un cadre de négociation pour obtenir plus tard un autre accord."
Et pourtant. Les États-Unis tiennent bon. Donald Trump a déployé une armada navale dans le golfe Persique. Le porte-avions Lincoln, six destroyers, un sous-marin d'attaque rapide. Une démonstration de force qui n'impressionne pas Téhéran.
"Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, ce sera une guerre régionale." Le message est clair. L'Iran menace de frapper les bases américaines au Moyen-Orient. La France pourrait aussi être dans le collimateur.
La France dans la ligne de mire
Une image satellite publiée par une agence de presse proche du régime iranien montre une base militaire aux Émirats arabes unis. Ce site héberge une base aérienne française, utilisée par des soldats américains et français.
"Les Gardiens de la Révolution sont désormais placés sur la liste des groupes terroristes", rappelle Vincent Hugeux, journaliste spécialiste des enjeux internationaux. "Méfions-nous d'une surinterprétation de cette image."
Et pourtant. La présence française dans la région est bien réelle. Depuis 2008, la base d'Al Dhafra accueille des escadrons de chasse français et deux avions ravitailleurs. "Il ne faut pas trop recentrer le regard sur nous-mêmes", tempère Hugeux.
Mais les menaces ne sont pas à écarter. L'Iran dispose de milliers de missiles balistiques, capables de frapper Israël en moins de 12 minutes. Et de drones kamikazes, peu coûteux et déployables en masse.
Une répression sanglante
Le régime iranien ne fait pas dans la demi-mesure. Les manifestations anti-gouvernementales ont été réprimées dans le sang. Le bilan est lourd : 30.000 morts, selon les estimations les plus crédibles.
"Ce massacre est très organisé", dénonce Patricia Allémonière, grand reporter spécialiste des questions internationales. "Des jeunes filles et des jeunes garçons se font torturer, tuer." Les images sont insoutenables. Un véhicule blindé écrase des manifestants à Erbil, dans le nord-ouest de l'Iran.
"Les Iraniens sont très patriotes, mais ils ont le sentiment d'être abandonnés", explique Stéphanie Perez, journaliste à la frontière irano-irakienne. "Ils pensent que Donald Trump les a trahis."
L'aide promise par Trump n'est jamais arrivée. Les États-Unis ont préféré s'asseoir à la table des négociations avec le régime. "Feu vert pour les prochains massacres", résume Farid Vahid. "Ca veut dire au peuple iranien qu'ils sont absolument seuls."
Un jeu dangereux
Les négociations sur le nucléaire sont un piège. Pour les États-Unis, qui risquent de perdre la face. Pour l'Iran, qui joue avec le feu. Et pour la France, qui pourrait être prise pour cible.
"Les régimes sont mûs aussi par un instinct de survie", rappelle Vincent Hugeux. "Les mollahs et les Gardiens de la Révolution savent que s'ils se lancent là-dedans, le pays serait vitrifié dans les 48 heures."
Mais jusqu'où peut aller ce jeu dangereux ? Les menaces sont réelles. Les missiles balistiques iraniens sont une arme de dissuasion redoutable. Et les drones kamikazes pourraient saturer l'espace aérien ennemi en quelques heures.
"La vraie capacité de nuisance, ce sont les missiles balistiques", insiste Patricia Allémonière. "Les Israéliens et les Américains ne les ont pas détruits totalement. Il leur en reste 1500 sur les 2000 qu'ils avaient."
Et le nucléaire ? L'Iran dispose de 450 kilos d'uranium enrichi à 60%. "En quelques jours, on peut monter de 60% à 90%", explique Vincent Hugeux. "C'est le taux de militarisation de l'uranium."
Le piège nucléaire
Les négociations sur le nucléaire iranien sont un piège. Pour les États-Unis, qui risquent de s'embourber dans un conflit régional. Pour l'Iran, qui joue avec le feu. Et pour la France, qui pourrait être prise pour cible.
"Donald Trump va-t-il sacrifier les opposants iraniens sur l'autel d'un accord nucléaire ?", s'interroge Le Figaro. La question est légitime. Les enjeux sont colossaux.
Et les risques, immenses. "L'Iran d'aujourd'hui a ceci de commun avec l'Union soviétique hier que le régime ne peut pas survivre à ses propres réformes", analyse Vincent Hugeux. "D'où la férocité de la répression."
Le piège nucléaire est en place. Les dés sont jetés. Et les conséquences pourraient être catastrophiques. Pour les États-Unis. Pour l'Iran. Et pour la France.
Combien de morts ont été estimés lors de la répression des manifestations en Iran ?
Par la rédaction de Le Dossier
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