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PolitiqueÉpisode 19/1

Trump contre l'Iran : Blocus, missiles et mensonges — la stratégie du chaos

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-30
Illustration: Trump contre l'Iran : Blocus, missiles et mensonges — la stratégie du chaos
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25 milliards de dollars. C’est ce qu’a déjà englouti la guerre en Iran pour les États-Unis. Pourtant, Trump continue. Entre blocus économique et menaces militaires, le président américain navigue à vue. L’Iran étouffe. Et l’Europe regarde ailleurs.

Le blocus qui étrangle — mais pas qui il croit

"Un cochon farci." Voilà comment Trump décrit l’Iran sur ses réseaux sociaux. Le blocus économique américain, en place depuis février 2026, serre la vis. Les chiffres sont implacables : inflation à 112% sur les produits alimentaires, 40% de la population sous le seuil de pauvreté, pénuries d’œufs et d’huile de cuisson.

Et pourtant.

"Les Iraniens contournent le blocus par les frontières terrestres", révèle David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Iris. La Turquie devient une plaque tournante du trafic. Les Gardiens de la révolution — désormais aux commandes — contrôlent les flux.

Le général F. Chauvancy, de l’Institut des hautes études de défense nationale, tempère : "Le blocus est efficace. Mais il ne suffira pas." Les stocks de pétrole iraniens atteignent leur limite. 1,5 million de barils ne trouvent pas preneur.

Pendant ce temps, Trump joue contre la montre. Sa visite en Chine, prévue les 14 et 15 mai, approche. "Il veut une victoire à montrer à Pékin", analyse Pierre Haski. Le compte à rebours est lancé.

Les missiles hypersoniques et la folie calculée

"La tempête arrive." Ce tweet de Trump, posté le 28 avril, a fait le tour du monde. Derrière la provocation, un plan se dessine. Bloomberg révèle : le Pentagone propose trois options militaires. Parmi elles, l’utilisation du missile Dark Eagle — portée de 3000 km, capacité hypersonique.

"Un missile qui vient d’être mis en dotation. On en a très peu", précise le général Chauvancy.

Nicole Bacharan, historienne, décrypte : "Trump veut faire croire qu’il est fou. C’est une stratégie." Une stratégie qui vacille. Le 27 avril, le secrétaire à la Guerre P. Hegseth est malmené pendant cinq heures au Congrès. Le coût de la guerre — 25 milliards — fait grincer des dents.

Et les cibles ? "Les satellites cartographient le terrain depuis des semaines", assure Chauvancy. Mais les doutes persistent. Où sont les 440 kg d’uranium enrichi ? Le Pentagone affirme savoir. Les élus américains, eux, demandent des preuves.

L’Iran, ce régime fantôme

Téhéran résiste. Officiellement. En coulisses, le pouvoir a changé de mains. "Ce n’est plus la République islamique des mollahs. C’est celle des képis", lâche Rigoulet-Roze. Les Gardiens de la révolution contrôlent tout. Sauf un détail : le Guide suprême Ali Khamenei n’est plus apparu en public depuis 47 jours.

"Gravement blessé ? Mort ? Personne ne sait", poursuit le chercheur. Son dernier message — diffusé par la télévision d’État — serait un enregistrement. Les Gardiens jouent la montre.

Mais jusqu’à quand ? Les exécutions s’accélèrent (21 depuis le début du conflit). Les arrestations aussi (4000). La population, elle, a faim. "Dans certaines régions, les gens ne peuvent plus se nourrir", confirme Rigoulet-Roze.

Le régime tient. Pour l’instant.

TotalEnergies, le jackpot de la guerre

5,8 milliards de dollars. C’est le bénéfice net de TotalEnergies au premier trimestre 2026. Une hausse de 51% sur un an. Pendant que les Français souffrent, le géant pétrolier engrange.

Comment ? "Total a spéculé sur la flambée des cours", révèle une source proche du dossier. Des milliers de barils achetés dès le début du conflit. Hier, au Sénat, la gauche a tonné : "Quand certains se privent, d’autres prospèrent."

Patrick Pouyanné, le PDG, se défend : "Nos résultats servent à financer le plafonnement des carburants." Un discours en décalage avec ses alertes sur une "pénurie énergétique" à venir.

Le gouvernement français marche sur des œufs. "J’aime pas le Total bashing", balbutie Sébastien Lecornu. L’équilibre est fragile. L’inflation atteint 3% en avril. La colère gronde.

L’Europe, spectatrice impuissante

"Non." La réponse est claire. Les Européens refuseront toute coalition militaire dans le détroit d’Ormuz tant que la guerre durera. "Nous ne nous rangerons pas sous la bannière de Trump", martèle une source diplomatique française.

Pierre Haski enfonce le clou : "Escorter des navires, c’est entrer en guerre." Un risque inacceptable. Pourtant, les contradictions s’accumulent. La France subit de plein fouet la hausse des prix. Le pouvoir d’achat s’effrite.

"L’Europe est marginalisée", constate Haski. Les négociations se font désormais en direct entre Washington et Téhéran. Bruxelles regarde, impuissante.

Et pourtant.

La visite de Trump en Chine pourrait tout changer. Si le président américain arrive affaibli, Pékin pourrait jouer les médiateurs. Un scénario que redoutent les Européens.

Le dossier est loin d’être clos.

Sources : Transcript intégral de "C dans l’air" (France 5, 29/04/2026), données Bloomberg, rapports de l’Institut des hautes études de défense nationale, déclarations officielles du Pentagone, documents internes TotalEnergies.

Cet article fait partie de notre enquête continue sur les tensions géopolitiques actuelles. Les précédents volets sont disponibles dans nos archives.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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