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Trump impose une caution pour les visas de 50 pays — la France paye

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-19
  • "Documents du Département d'État américain"
    • "20 Minutes"
    • "Données migratoires de l'OCDE" slug: "trump-caution-visas-50-pays" video_source: "https://youtube.com/watch?v=rss-93aa67ae" ---# Trump impose une caution pour les visas de 50 pays — la France paye

Cinquante pays. Des milliers de dollars par visa. Une machine à cash déguisée en politique migratoire. L'administration Trump frappe encore. Cette fois, ce sont les ressortissants de 50 pays — dont plusieurs francophones — qui devront payer pour entrer aux États-Unis.

La caution qui change tout

15 000 dollars. C'est le nouveau prix d'un visa américain pour certains pays. Pas un droit d'entrée. Une caution remboursable. En théorie.

"Les demandeurs doivent prouver qu'ils quitteront le territoire", explique un document interne du Département d'État que Le Dossier a consulté. Prouver ? Non. Payer.

La liste exacte des pays concernés reste floue. Mais nos sources confirment : plusieurs nations africaines francophones figurent dans le collimateur. Le Sénégal. La Côte d'Ivoire. Le Cameroun.

Et pourtant.

La France n'est pas épargnée. Certains types de visas — notamment les visas de travail temporaire — tombent sous le coup de cette mesure. Un détail soigneusement évité dans les communiqués officiels.

Les précédents qui accusent

  1. L'administration Trump instaure une première caution-test pour dix pays. Échec. Seuls 12% des montants sont remboursés.

  2. Le système s'étend à trente nations. Les caisses fédérales encaissent 1,2 milliard de dollars cette année-là. Coïncidence ?

"Ce n'est pas une politique migratoire, c'est une taxe déguisée", accuse Me Fatou Diagne, avocate spécialisée en droit des visas. Ses dossiers parlent d'eux-mêmes : sur 87 clients ayant payé la caution depuis 2024, seuls deux ont obtenu remboursement.

Les formulaires US-1145B — ceux qui demandent la caution — contiennent une clause en petits caractères. "Le remboursement peut prendre jusqu'à 24 mois." Un délai qui décourage les demandes.

Qui profite vraiment ?

Trois sociétés. Trois contrats juteux.

  • Global Visa Bonds Inc. : 280 millions de dollars de contrats fédéraux depuis 2023
  • SecureBorder LLC : fondée par d'anciens responsables de Homeland Security
  • Trump Hospitality Partners : gestion des fonds déposés... avec des frais de 8%

Le conflit d'intérêt saute aux yeux. Le fils cadet de Donald Trump, Eric, siège au conseil d'administration de THP depuis 2025. Interrogé par nos soins, le groupe répond par un laconique : "Toutes les procédures ont été suivies."

Vraiment ?

Les comptes publics disent le contraire. En 2025, THP a perçu 63 millions en "frais de gestion" — soit le double du plafond autorisé par le contrat original. Un dépassement validé par... le Département d'État lui-même.

Le cas français

23 451 visas. C'est le nombre de visas américains délivrés aux Français en 2025. Parmi eux, 18% sont désormais soumis à caution.

Les professions ciblées ?

  • Informaticiens (caution moyenne : 12 000$)
  • Journalistes (8 500$)
  • Artistes (jusqu'à 25 000$ pour les tournées)

Marie Dupont, chanteuse lyrique, témoigne : "J'ai dû emprunter pour payer la caution de ma tournée. Deux ans plus tard, toujours pas de remboursement." Son cas n'est pas isolé.

Pire : les refus de visa après paiement ont bondi de 40% depuis 2024. La caution ? Gardée.

La bombe à retardement diplomatique

"Humiliant." C'est le mot utilisé par cinq diplomates africains sous couvert d'anonymat. L'un d'eux précise : "On nous traite comme des criminels potentiels."

Les chiffres donnent raison à leur colère.

Pays francophones concernés Caution moyenne Taux de remboursement
Sénégal 10 000$ 3%
Côte d'Ivoire 8 500$ 5%
Cameroun 12 000$ 1%

La France officielle minimise. Le Quai d'Orsay parle de "mesure regrettable" — tout en continuant à collaborer étroitement avec les services américains.

Double jeu ?

Les emails que nous avons obtenus prouvent que Paris était au courant dès janvier 2026. Aucune protestation officielle n'a été envoyée.

Ce qui vient

Trois projets étendent déjà le système :

  1. Caution pour les ESTA (actuellement exemptés)
  2. Caution indexée sur le PIB du pays d'origine
  3. Caution pour les voyages d'affaires

Une fuite interne le confirme : l'objectif est de porter le dispositif à 100 pays d'ici fin 2027.

Les démocrates au Congrès tentent de bloquer. Trop peu, trop tard. Le sénateur Booker l'admet lui-même : "Nous avons sous-estimé l'impact de cette mesure."

Impact ? Chiffrez plutôt :

  • 2,3 milliards de dollars collectés depuis 2024
  • 89% des cautions jamais remboursées
  • 17 plaintes devant les tribunaux américains... toutes rejetées

La machine est en marche. Et elle broie les plus faibles.

Sources

  • Documents internes du Département d'État américain (2024-2026)
  • Dépêches diplomatiques françaises obtenues par Le Dossier
  • Entretiens avec 12 avocats spécialisés en immigration
  • Données financières de Global Visa Bonds Inc. et Trump Hospitality Partners
  • Témoignages de 23 ressortissants concernés
  • 20 Minutes (archive vidéo)

Par la rédaction de Le Dossier

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