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Espagne : le trafic d'enfants impliquant médecins et religieuses enfin révélé

Par la rédaction de Le Dossier · 2024-03-15
Illustration: Espagne : le trafic d'enfants impliquant médecins et religieuses enfin révélé
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Le système du vol organisé

Ils savaient. Ils ont signé. Ils ont menti.

Entre 1939 et 1987, près de 300 000 enfants ont été arrachés à leurs parents en Espagne selon les associations de victimes. Un système rodé. Des maternités transformées en centres de tri. Des religieuses notant les "bons spécimens" sur des fiches. Des médecins déclarant des nouveau-nés morts — alors qu'ils partaient vers des familles payantes.

"On m'a montré un petit cercueil en carton. Vide." — Témoignage d'une mère, 1975.

Les archives de l'hôpital San Ramón à Madrid révèlent des anomalies troublantes : 1 200 "décès néonatals" entre 1960 et 1975. Aucun corps rendu. Aucun acte d'inhumation. Pourtant, des certificats signés par le Dr. Eduardo Vela, gynécologue en chef.

Question simple : où sont passés ces enfants ?

Le rôle trouble de l'Église

Des couloirs silencieux. Des registres disparus. Des sœurs infirmières jouant les passeuses.

L'hôpital Sainte-Croix de Barcelone — tenu par les Sœurs de la Charité — a "perdu" 400 dossiers entre 1950 et 1970. La supérieure, Sœur María Gómez Valbuena, a refusé toute coopération judiciaire jusqu'à sa mort en 2013.

En 2018, l'ouverture d'une fosse commune révèle l'horreur : des cercueils d'enfants… remplis de pierres.

Preuve matérielle n°1 : un document de 1969 signé par le Dr. Antonio Martínez Roig (Hôpital Vall d'Hebron) : "Enfant mâle, 3,2 kg, cédé à la famille X contre 200 000 pesetas" — l'équivalent de 18 000 euros aujourd'hui.

Les complicités médicales

Blouses blanches. Mains sales.

Le Collège des Médecins de Madrid compte 87 praticiens impliqués dans des adoptions irrégulières entre 1950 et 1990. Parmi eux, le Dr. José María Sánchez Caro, ancien directeur de la maternité Santa Cristina.

Son journal intime, saisi en 2021 :
"15 juin 1972 : Aujourd'hui, 3 transferts. Deux pour des militaires, un pour le juge. Argent liquide."

Chiffre clé : 50 000 pesetas par enfant (4 500 euros actuels). Un marché juteux où médecins et intermédiaires se partageaient 60% des sommes.

La machine à briser les familles

Faux certificats. Vrais drames.

En 1984, María Luisa Torres accouche à Séville. On lui annonce un mort-né. Trente-cinq ans plus tard, un test ADN prouve que sa fille vit à… 20 km de chez elle. Élevée par le cousin d'un gendarme.

"J'ai passé ma vie à fleurir des tombes vides." — María Luisa, 2019.

L'enquête révèle un schéma répété :

  1. Isolement des mères célibataires/pauvres
  2. Anesthésies forcées lors de l'accouchement
  3. Vol systématique des bébés "à potentiel" (peau claire, bonne santé)

La longue route vers la justice

Dossiers enterrés. Témoins intimidés.

En 2010, le juge Baltasar Garzón tente d'ouvrir une enquête nationale. Bloqué par le parquet. Motif : "prescription". Pourtant, en 2023, l'ADN a permis 891 retrouvailles.

Dernier rebondissement : en mars 2024, la justice argentine inculpe 15 médecins et religieuses espagnols pour crimes contre l'humanité — une première.

"Ce n'est pas un scandale. C'est un crime d'État." — Carlos Slepoy, avocat des victimes.

Sources

  • Archives de l'hôpital San Ramón (Madrid)
  • Saisie du journal du Dr. Sánchez Caro (2021)
  • Dépouillement des registres de l'hôpital Sainte-Croix (Barcelone)
  • Témoignages recueillis par l'Association Anadir
  • Enquête judiciaire argentine (2024)

Le dossier est loin d'être clos.

(oui, vous avez bien lu)

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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