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Thaïs d'Escufon : prison requise, délibéré le 18 juin pour ses propos sur l'immigration

Par la rédaction de Le Dossier · 2025-06-16
Illustration: Thaïs d'Escufon : prison requise, délibéré le 18 juin pour ses propos sur l'immigration
© YouTube

Six mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende. C'est la condamnation déjà prononcée en appel contre Thaïs d'Escufon. Aujourd'hui, elle risque une nouvelle peine de prison ferme. Pour une phrase prononcée sur BFM TV en 2023 : « Le principal danger pour les femmes en France, ce sont les hommes immigrés. » Le délibéré tombe le 18 juin. Elle dit craindre la prison. Elle dit être seule, ruinée, sans banque ni réseau social.

Une phrase, un procès

Le 18 avril 2025, Thaïs d'Escufon comparaît devant le tribunal. Poursuivie pour « injures publiques » — le même motif que sa condamnation de septembre 2021 (source : Wikipédia). Cette fois, le déclencheur est une intervention sur BFM TV.

Elle y défend Claire Jéronymie, une femme violée par un homme d'origine centrafricaine sous le pont du QTF fin 2023. Thaïs d'Escufon raconte avoir elle-même subi une tentative de viol en décembre 2022. Elle dit s'être reconnue dans le récit de Jéronymie.

Sur le plateau, elle lâche : « Le principal danger pour les femmes en France, ce sont les hommes. Ce sont les hommes immigrés. » La phrase est coupée, reprise, diffusée. Les poursuites suivent.

Devant le tribunal, elle explique son état d'esprit. Elle raconte l'agression qu'elle a vécue. La procureure — une femme, précise-t-elle — se lève. Sa réponse, selon le récit de Thaïs d'Escufon : « Madame se base sur un pauvre fait pour justifier une opinion qui n'est pas acceptable dans notre démocratie. » Puis elle requiert de la prison.

« Un pauvre fait », répète Thaïs d'Escufon dans sa vidéo. « Voilà ce qu'était pour ce procureur le fait d'avoir failli se faire violer. »

« J'ai été agressée en tant que femme »

Elle raconte cette tentative de viol pour la première fois en détail. Décembre 2022. Elle rentre de la salle de sport, à Lyon, rue Jean Grobon. Elle porte des écouteurs. Elle ne voit pas qu'elle est suivie.

Son appartement est en rez-de-chaussée. La porte donne directement sur la rue. Elle ouvre. Une ombre s'engouffre. Elle croit que c'est sa colocataire. Elle laisse la porte s'ouvrir.

L'homme fait 1,90 mètre. Il lui prend son téléphone des mains. Il ferme la porte à clé. Il lui fait signe de se taire. « C'est pour pas que tu appelles la police », dit-il dans un français approximatif.

Il s'assoit sur le canapé. Il dit avoir besoin d'être hébergé. Dix minutes, promet-il. Elle discute avec lui pour passer le temps. Il dit être tunisien, arrivé en France récemment. Les minutes s'étirent. Il demande à fumer. Il demande un verre d'eau. Puis il précise : « Non, pour les empreintes. »

Il commence à commenter son corps. « Ah, tu es sportive, ça se voit. » Elle sent le danger. Elle lui demande de partir. Il se lève, s'approche. Il réclame un baiser. Elle cède sur la joue, par peur. Il attrape ses poignets. Il la fait asseoir de force. Il exige une fellation.

Elle fond en larmes. Elle le supplie. Contre toute attente, il la laisse. Il ouvre la porte. Il part. Il laisse son téléphone sur le canapé.

Elle ferme la porte à double tour. Elle appelle sa colocataire. Elle porte plainte au commissariat. Le policier lui dit : « Vous savez madame, des profils comme le vôtre, il y en a plus de 4 000 rien que dans votre arrondissement. »

L'agresseur est identifié sur les caméras de surveillance. L'affaire est classée sans suite.

« Beaucoup de gens ne m'ont pas crue, dit-elle. Parce que ça paraissait trop gros qu'une fille engagée contre l'invasion migratoire se fasse agresser par un migrant. »

La mécanique de l'asphyxie

Thaïs d'Escufon n'est pas poursuivie que pour cette phrase. Elle dit subir une persécution « judiciaire, médiatique et financière » depuis six ans.

Elle commence à militer à 18 ans chez Génération identitaire. Le groupe est dissous par le gouvernement en 2021 (source : Wikipédia). Elle passe devant le Conseil d'État pour le défendre. Elle perd.

Ses comptes Twitter sont suspendus dès 2020. Puis Facebook, Instagram, TikTok, YouTube. Son compte Instagram est banni pour « organisation dangereuse ». Elle en est à son quinzième compte, dit-elle. Chaque fois, son nom seul provoque la suspension.

Les banques suivent. Le CIC lui envoie un mail : son compte est fermé, sans explication. BNP Paribas accepte son dossier, puis se rétracte trois semaines plus tard. Au Crédit Mutuel, elle se rend en agence. Le conseiller saisit son nom. Un message d'avertissement s'affiche sur l'écran : « Personne susceptible d'être exposée médiatiquement. » Elle est sur liste noire.

Seule une banque en ligne l'accepte. Elle refuse d'en donner le nom, par peur d'une nouvelle fermeture.

Son compte Tipeee est suspendu aussi. Ses revenus s'effondrent.

« Ils essaient de nous tuer socialement, économiquement, dit-elle. C'est insidieux. Ça vous décourage. »

« Je suis inemployable »

Elle a 25 ans. Née le 28 août 1999 à Toulouse (source : Wikipédia). Vidéaste web et militante politique d'extrême droite. Elle dit ne pouvoir travailler nulle part.

« Je suis inemployable, même dans des médias dits de droite. L'offre médiatique dans ce camp est extrêmement limitée. Beaucoup me considèrent comme trop radicale. »

Elle dit avoir tenté de se faire discrète. Pendant plusieurs mois, elle change de sujet. Elle parle de relations hommes-femmes. Moins polémique, espère-t-elle. Moins de procès.

Mais l'affaire Claire Jéronymie la rattrape. Elle accepte l'invitation de BFM TV. « Je me suis dit : ne sois pas lâche. »

La phrase prononcée, les poursuites s'engagent. Elle est condamnée en appel à six mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende pour un autre volet. Elle se pourvoit en cassation.

« Je vais jusqu'en cassation, mais je ne suis sûre de rien. »

Un appel à l'aide

Le 18 juin, le délibéré tombe. Elle risque la prison ferme. Elle dit être « usée, fatiguée, seule ».

« Je n'ai aucune structure, aucun soutien associatif, aucun financement. Mes frais d'avocat, je les paie de ma poche. »

Elle ouvre un compte Patreon. Elle demande un soutien financier pour ses avocats. « Si vous ne pouvez pas financièrement, relayez ma vidéo. Faites parler de la persécution judiciaire, médiatique, financière que subissent les personnes comme moi. »

Elle dit avoir l'impression que la France l'a abandonnée. Que son propre camp l'a abandonnée.

« J'ai sacrifié ma tranquillité, une vie normale. Je ne sors plus sans lunettes de soleil dans la rue. Pour ne pas me faire insulter, intimider, menacer. »

Questions sans réponse

Plusieurs points restent dans l'ombre. La procureure a-t-elle vraiment employé l'expression « pauvre fait » ? Le transcript de l'audience n'est pas public. Thaïs d'Escufon le rapporte, mais aucun document indépendant ne le confirme.

La tentative de viol de décembre 2022 est-elle documentée ? Elle dit avoir porté plainte. Le procès-verbal existe. L'affaire a été classée sans suite. Mais aucun élément extérieur ne vient étayer son récit.

Les banques ont-elles réellement une « liste noire » ? Le message d'avertissement du Crédit Mutuel est décrit, mais non produit.

Thaïs d'Escufon est une figure clivante. Ses propos sur l'immigration sont régulièrement qualifiés de racistes par ses opposants. Elle-même revendique une ligne « radicale ». Elle dit ne rien renier.

« Peut-être que j'ai été maladroite, dit-elle. Mais dans le fond, je n'ai fait que décrire une réalité que vivent des centaines de milliers de femmes françaises tous les jours. »

Le précédent de 2021

Ce n'est pas son premier procès. En septembre 2021, elle est condamnée pour « injures publiques » à deux mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende (source : Wikipédia). La peine est liée à une vidéo anti-migrants tournée dans le cadre de la « Mission Pyrénées » de Génération identitaire.

Elle était alors porte-parole du groupe. La dissolution de Génération identitaire, prononcée par le gouvernement en 2021, a été confirmée par le Conseil d'État.

Depuis, elle poursuit son activité en ligne. Sa chaîne YouTube compte plusieurs dizaines de milliers d'abonnés. Elle produit des vidéos sur l'identité, l'immigration, les relations hommes-femmes. Elle est parfois présentée comme une figure « tradwife » dans certains médias (source : Libération).

Le 18 juin, dernier acte ?

Le délibéré est fixé au 18 juin. Si la peine de prison est confirmée, Thaïs d'Escufon dit qu'elle fera appel. Elle ira en cassation. « Je ne peux pas me laisser condamner en silence. »

Elle demande une pression médiatique. Elle demande des relais. Elle demande de l'argent.

« Sinon, ils auront gagné. Ils auront eu raison de moi. »

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Sources :

  • Vidéo YouTube de Thaïs d'Escufon (témoignage personnel)
  • Wikipédia : fiche de Thaïs d'Escufon (condamnation de septembre 2021, dissolution de Génération identitaire)
  • TikTok : propos de Thaïs d'Escufon sur l'immigration
  • Le Figaro : citation sur la justice
  • Libération : profil de Thaïs d'Escufon

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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