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Thaïs d'Escouflant : Manipulations masculinistes et fake news

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-16
Illustration: Thaïs d'Escouflant : Manipulations masculinistes et fake news
© YouTube

Ancienne figure de Génération Identitaire, Thaïs d'Escouflant s’est reconvertie en coach de séduction. Derrière ses conseils à l’eau de rose, elle propage des théories masculinistes et des fake news. Son but ? Recycler l’extrême droite sous couvert de relations hommes-femmes.

Le faux chiffre qui fait mouche : "47 % des femmes célibataires et sans enfants"

47 %. Ce chiffre, Thaïs d'Escouflant le brandit comme une vérité absolue. Selon elle, "47 % des femmes seront célibataires et sans enfants d’ici 2030". Et pourquoi ? Parce que "les meilleurs hommes choisissent les meilleures femmes". Une affirmation qui sent bon le cliché réac. Mais d’où sort ce chiffre ?

En réalité, aucune étude ne le confirme. Thaïs s’appuie sur un rapport de Morgan Stanley publié en 2019. Problème : ce rapport ne parle pas des femmes sans enfants. Il indique simplement que 45 % des femmes âgées de 25 à 44 ans pourraient être célibataires en 2030. Mais "célibataire" ne signifie pas "sans conjoint". En France, en 2020, 28,1 % des couples vivaient ensemble sans être mariés. Et 4,1 % des couples ne cohabitaient pas. Bref, loin d’être "seules".

Thaïs oublie aussi de préciser que ce rapport concerne uniquement les femmes de 25 à 44 ans. Et surtout, il ne mentionne jamais les enfants. Une omission qui arrange bien son récit. Pourquoi ? Parce que son objectif est clair : créer une panique morale autour de la "décadence" des femmes.

Regardons les faits. En 2021, selon l’INC, 42 % des femmes en couple avaient un statut social inférieur à leur conjoint. Loin des 80 % prônés par les masculinistes. L’hypergamie féminine ? Un mythe. Et pourtant, Thaïs continue de le répéter.

L’hypergamie féminine : un recyclage idéologique

L’hypergamie féminine. C’est la théorie phare des masculinistes. Selon eux, 80 % des femmes ne s’intéresseraient qu’aux 20 % d’hommes les plus "séduisants". En clair : beaux et riches. Une idée que Thaïs d'Escouflant reprend pour promouvoir une vision réactionnaire des relations hommes-femmes.

Sauf que cette théorie ne tient pas. En 2021, l’INC a montré que 42 % des femmes en couple avaient un statut social inférieur à leur conjoint. Loin des 80 % fantasmés. Et depuis les années 2000, les femmes sont plus diplômées que leurs conjoints. L’hypergamie féminine ? Plutôt une inversion des rôles.

Mais Thaïs ne s’arrête pas là. Elle reprend cette théorie pour promouvoir une vision réactionnaire des relations hommes-femmes. Selon elle, les femmes "se surestiment", repoussent la mise en couple et finissent par ne plus faire assez de "bébés blancs". Une rhétorique qui rappelle étrangement les thèses du "grand remplacement".

Et pourtant. Les femmes ont dû attendre 1965 pour obtenir le droit d’exercer une profession sans l’accord de leur époux. Et 1924 pour passer le même bac que les hommes. L’hypergamie féminine ? Un produit du patriarcat, pas un choix.

Le suicide des hommes : une tragédie instrumentalisée

Les hommes se suicident trois fois plus que les femmes en France. Un chiffre tragique, souvent utilisé par les masculinistes comme preuve de la "souffrance masculine". Pour eux, cela montrerait que le patriarcat n’existe pas. "Hashtag complot", disent-ils.

Mais cette lecture est erronée. Les hommes sont socialisés dès l’enfance à refouler leurs émotions. Une pression qui se poursuit à l’âge adulte. En 2022, selon Doctolib, les hommes ne représentaient que 22 % des patients chez le psychologue. Une étude québécoise montre même que 60 % d’entre eux refusent de demander de l’aide.

Et si les hommes se suicident plus, les femmes tentent plus souvent de mettre fin à leurs jours. C’est ce que les chercheurs appellent le "paradoxe du genre". Les hommes utilisent des méthodes plus létales, comme les armes à feu. Une tragédie que les masculinistes exploitent à des fins idéologiques.

La garde des enfants : entre mythe et réalité

En France, la garde des enfants est souvent attribuée à la mère en cas de divorce. Un fait que les masculinistes brandissent comme preuve d’une "discrimination". Mais la réalité est plus nuancée.

Selon les chiffres du ministère de la Justice en 2013, lorsque le père demande la garde exclusive, sa demande est refusée dans seulement 3,5 % des cas. Et pour la garde alternée, le refus tombe à 2,6 %. Dans 80 % des cas, la décision du juge est conforme à la demande des deux parents.

Alors pourquoi la garde revient-elle souvent à la mère ? Parce qu’aujourd’hui encore, la femme est essentialisée à son rôle de mère. Les pères, eux, doivent prouver leur "aptitude". Une inégalité qui relève plus du patriarcat que d’une discrimination antiféministe.

Les associations comme SOS Papa et SVP Papa ont exacerbé ce débat. Leur discours est gangrené par des théories misogynes et complotistes. Elles nient la gravité des violences conjugales et infantiles, accusant les mères de "fausses accusations". Une rhétorique dangereuse.

Thaïs d'Escouflant : l’extrême droite déguisée en coach de séduction

Derrière ses conseils de séduction, Thaïs d'Escouflant recycle les thèses d’extrême droite. Elle parle de "relations hommes-femmes" pour diffuser des idées anti-immigration, anti-islamisation et suprémacistes. Une stratégie subtile, mais bien réelle.

Paul Dolan, professeur de sciences du comportement, rappelle que les femmes célibataires et sans enfants sont parmi les plus heureuses. Une réalité que Thaïs semble ignorer. Ou plutôt, qu’elle préfère cacher.

Le dossier est loin d’être clos. Thaïs d'Escouflant manipule les chiffres et les esprits pour promouvoir une idéologie réactionnaire. Derrière ses faux-semblants, une seule vérité : elle n’a jamais quitté l’extrême droite.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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