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Faits diversÉpisode 10/8

« Il s’adressait à Dieu et Satan » : dans l’Hérault, une tentative de meurtre en pleine crise psychotique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-04
Illustration: « Il s’adressait à Dieu et Satan » : dans l’Hérault, une tentative de meurtre en pleine crise psychotique
© Illustration Le Dossier (IA)

L’instant de bascule

« Est-ce que tu penses que ta maman veut me tuer ? » La question, posée calmement à sa fillette de 9 ans, précède de quelques secondes l’irréparable. Selon le récit de Midi Libre, publié le 3 juillet 2026 et signé par le journaliste François Barrère, Raphaël saisit alors à deux mains la gorge de sa compagne, qui tient le volant. La voiture roule toujours.

« J’ai eu la sensation qu’il voulait me briser les cervicales », racontera plus tard la jeune femme, encore sous le choc. Par miracle, elle parvient à s’arrêter. Un automobiliste — gendarme, mais hors service — intervient immédiatement. Il maîtrise avec difficulté le jeune homme, puis prévient ses collègues de la brigade de Saint-Mathieu-de-Tréviers.

Son témoignage décrit une scène glaçante. « Il dit qu’il entend des voix, apparaît être dans un état second, s’adresse à Dieu et Satan et parle dans un dialecte inconnu », rapporte le militaire, selon Midi Libre. Puis, après un calme apparent, Raphaël demande aux gendarmes de lui tirer dessus. Il s’énerve soudainement, se débat, donne des coups de pied, hurle : « Je veux la tuer, je veux la tuer ! »

Un internement d’un mois

Placé en garde à vue, Raphaël est examiné par un psychiatre. Le diagnostic tombe : « trouble mental et épisode psychotique aigus ». Le médecin ordonne son internement immédiat. Raphaël restera plus d’un mois à l’hôpital La Colombière, à Montpellier.

Pendant ce temps, l’enquête se poursuit. Les proches sont entendus. Sa compagne confie aux enquêteurs que Raphaël souffre depuis longtemps de troubles de l’attention, mais que ces derniers temps, sa paranoïa s’aggravait. Il refusait de se rendre à ses rendez-vous médicaux. Les détails exacts de ce suivi — ou de son absence — ne sont pas encore établis publiquement.

L’homme est aujourd’hui poursuivi pour tentative de meurtre. La question centrale, selon Midi Libre, est de savoir s’il sera jugé pénalement irresponsable — et donc interné sans procès pénal — ou s’il pourra être jugé, avec une possible atténuation de sa responsabilité en raison de ses troubles.

Ce que dit la France

Ce fait divers, aussi tragique soit-il, n’est pas un cas isolé. En France, les tentatives d’homicide enregistrées par les services de sécurité poursuivent leur progression : +7 % en 2025, après +8 % par an en moyenne depuis 2016 (source : ministère de l’Intérieur). En 2024, 976 personnes ont été victimes d’un homicide, et 982 en 2025. Les violences intrafamiliales, elles, augmentent de 8 % par an.

Mais au-delà des chiffres, l’affaire de Saint-Martin-de-Londres pose une question plus profonde. Comment un homme de 25 ans, connu pour des troubles psychiatriques, a-t-il pu passer à l’acte sans qu’aucun signal d’alerte n’ait déclenché une prise en charge adaptée ?

Selon Midi Libre, la compagne de Raphaël avait signalé sa paranoïa croissante et son refus de soins. Mais aucun dispositif — hospitalisation à la demande d’un tiers, soins ambulatoires contraints, intervention d’une équipe mobile — n’a été activé à temps. Le passage à l’acte violent est survenu sans anticipation.

Les lacunes du suivi psychiatrique ambulatoire en France sont documentées. Manque de lits, pénurie de psychiatres, délais d’attente pour les consultations : le système craque. Et quand un patient refuse les soins, les recours sont limités. La loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques permet des hospitalisations sans consentement, mais leur mise en œuvre est complexe et souvent tardive.

Dans le cas de Raphaël, l’internement n’est intervenu qu’après la tentative de meurtre. Trop tard pour éviter le traumatisme de sa compagne et de ses enfants.

Une enquête en cours

Les circonstances exactes de la dégradation de l’état mental de Raphaël restent à établir. L’enquête judiciaire, confiée aux gendarmes de Saint-Mathieu-de-Tréviers, devra déterminer si des signes avant-coureurs ont été négligés par les services médicaux ou sociaux. La question de la responsabilité pénale sera tranchée par les experts psychiatres et, in fine, par le juge.

Pour l’heure, Raphaël est mis en examen pour tentative de meurtre. Il est présumé innocent. Sa compagne, elle, tente de reconstruire sa vie avec ses enfants. « J’ai eu la sensation qu’il voulait me briser les cervicales », a-t-elle confié. Une phrase qui résume l’horreur d’un instant, mais aussi l’échec d’un système qui n’a pas su protéger.

Le dossier est loin d’être clos. L’affaire commence ici.

Sources : Midi Libre (article de François Barrère, publié le 3 juillet 2026).

📰Source :youtube.com

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