Squats en France : propriétaires piégés, justice défaillante et commandos illégaux

21 mois. Le temps moyen pour expulser un squatteur en France. Un record européen qui pousse des milliers de propriétaires dans les bras de solutions illégales. Le système a craqué. Et pourtant.
Quand la loi antisquat tourne au cauchemar
5000 €. Le prix de la désillusion pour Karine. Cette somme, elle l'a déboursée pour récupérer sa maison... illégalement.
"J'en ai hérité au décès de mon père. Je devais la vendre pour payer mes droits de succession." En 2025, la quadragénaire découvre son bien squatté. Les fenêtres barricadées. Un homme bricolant devant le portail, lâchant sans complexe au journaliste de France 2 : "Je paye 300 € par mois avec l'électricité comprise."
La loi de 2023 promettait des expulsions en 72 heures. Karine fournit acte de propriété, plainte, constat d'huissier. La préfecture de Gironde refuse : pas de "voie de fait".
"C'est le monde à l'envers. Il faut prouver qu'ils ont fracturé alors qu'ils n'ont aucun droit !" Quinze jours plus tard, la réponse officielle tombe : le logement était "ouvert".
EDF et Engie enfoncent le clou : "Aucune disposition légale n'impose de vérifier l'occupation légitime." Le squatteur avait l'eau chaude. Karine, elle, a écopé d'un an avec sursis. Sa maison ? Vendue avec 10 % de décote.
Yan Colet, ou l'art de marchander l'illégalité
50 à 80 % de décote. Yan Colet en a fait son fonds de commerce. "Abîmée, ce n'est plus le même prix", explique cet entrepreneur spécialisé dans les biens squattés.
Avec son associé Claudio — toujours vêtu de rose pour "désamorcer les tensions" —, il achète une vingtaine de propriétés par an. Son coup maître ? Une maison occupée depuis 13 ans par deux familles.
"10 000 € et on part", exige le squatteur. Colet connaît la musique. "5000 € aujourd'hui, c'est moins cher que deux ans de procédure." Les marges ? Entre 8000 et 15 000 € par opération.
Certains propriétaires signent en larmes. D'autres appellent des renforts moins... diplomatiques.
L'essor des commandos : justice parallèle, règles floues
4000-5000 € la mission. Trois interventions par semaine. "On est une équipe de quatre. Ex-rugbymen, videurs", confie l'un d'eux. Leur méthode ? "Occuper tout l'espace. Les oppresser psychologiquement."
Un propriétaire parisien raconte : "On a payé 1000 € à un type. Il a menacé mon locataire. Trois semaines après, il est parti." Illégal ? Sans doute. Efficace ? Sans conteste.
Ces groupes évitent les femmes avec enfants. "On laisse la justice faire." Pour les autres, pas de quartier. Les risques ? "Cinq ans théoriques. Mais on filme tout."
Voilà où mène l'impuissance de l'État.
Marie Noël, ou le calvaire d'une propriétaire piégée
18 mois sans loyer. 20 000 € de dégâts. "Une porcherie", soupire Marie Noël en découvrant sa maison : chiens enfermés dans la salle de bain, matelas souillés, placards arrachés.
"Elle partira le 1er avril", avait promis la locataire. Elle est partie deux jours avant. Sans payer. La justice ? Une saisie sur salaire a été demandée. Une goutte d'eau pour ce couple qui "recommence à zéro à 60 ans".
Airbnb, nouveau terrain de jeu des squatteurs
10 000 € perdus. Christine a vu son Airbnb espagnol transformé en squat familial. "Ils ont inscrit les enfants à l'école, mis des malinois." Booking ? Réponses automatiques.
Solution finale ? Les "Ocupantes" espagnols : 4000 € pour une intervention légale. En France, le phénomène gagne du terrain. Les plateformes de location sont devenues des cibles de choix. Avec la même impunité.
Sources :
- Décision de la préfecture de Gironde (2025)
- Ministère du Logement - Chiffres 2025
- Enquête France 2 (caméra cachée)
- Échanges avec Booking
- Jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux (affaire Karine)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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