Sophia Chikirou : la députée LFI jugée pour avoir siphonné 67 000 euros du Média

Mardi, un tribunal, un chèque et un silence
L'ambiance est lourde, au tribunal correctionnel de Paris. Sophia Chikirou entre dans la salle d'audience. 46 ans, députée de la 6e circonscription de Paris. Son avocat la suit. Pas de sourire. Pas de déclaration. Rien.
Les faits ? Précis. Entre 2021 et 2022, elle était actionnaire et dirigeante de fait du Média. Elle aurait ordonné des virements vers sa société personnelle, Mediascop. Le montant total ? 67 303 euros, selon le parquet (source : Le JDD). Un chiffre qui donne le tournis.
La défense conteste — d'après franceinfo. Chikirou affirme que ces sommes correspondaient à des prestations de conseil et de communication. Problème : les enquêteurs n'ont trouvé aucun contrat. Aucune facture détaillée. Rien. Le juge pose la question. Elle se tait. Puis elle parle. Puis elle se rétracte. Les relevés bancaires, eux, ne se rétractent pas.
Le Média, ou la caisse noire des copains
Pour comprendre, il faut remonter le fil. Le Média est lancé en 2018. Web télévision de la gauche radicale, portée par les proches de Jean-Luc Mélenchon. L'ambition ? Créer un contre-pouvoir médiatique. La réalité ? Une gestion opaque.
Sophia Chikirou n'est pas une inconnue. Ex-compagne de Mélenchon. Conseillère en communication. Directrice de sa campagne présidentielle de 2017. Une figure centrale de LFI.
Son rôle au Média reste trouble. Selon Mediapart (2022), elle aurait utilisé sa position pour favoriser Mediascop. Les virements litigieux ? Sans justificatif valable. Une partie des fonds aurait même servi à des dépenses personnelles.
L'affaire commence ici. Une simple enquête interne. Un audit financier. Et soudain, les chiffres ne collent plus. 67 000 euros manquent à l'appel. L'argent a été transféré vers Mediascop. Pourquoi ? Qui a signé les ordres de virement ? Le juge veut des réponses. Et pourtant.
« Sans victime ni préjudice » — la carte de l'absurde
Sophia Chikirou ne se laisse pas abattre. Sa stratégie est rodée. Elle clame son innocence. Elle parle d'une « affaire sans victime ni préjudice » (source : La Dépêche). Une formule qui fait bondir les associations anticorruption.
Sans victime ? Les 67 000 euros appartenaient au Média. Une web télévision financée par les dons des citoyens et les cotisations des abonnés. Chaque euro comptait. Et pourtant, l'argent a disparu. Sans préjudice ? L'enquête a révélé des comptes exsangues. Les salaires des employés payés en retard. Certains licenciés pour raisons économiques. Pendant ce temps, Mediascop encaissait.
Le parquet ne goûte pas à l'argument. Il requiert une peine de prison ferme. Combien ? Les détails restent flous. Mais les juges correctionnels ne plaisantent pas avec les détournements de fonds.
La suite est édifiante. Chikirou est aussi mise en cause dans une autre affaire : le financement de la campagne de Mélenchon en 2017. Soupçons de surfacturation sur Mediascop. L'enquête est toujours en cours.
LFI dans la tourmente — un système qui se fissure
Ce procès n'est pas un incident isolé. C'est le symptôme d'un malaise profond. La France insoumise est secouée par les scandales financiers depuis des années. Les comptes de campagne de Mélenchon en 2017 et 2022 sont sous le feu des critiques. Les commissions d'enquête parlementaires se multiplient.
Et Chikirou est au centre de la tempête. La députée la plus proche du leader insoumis. Celle qui gérait les finances de campagne. Celle qui contrôlait le Média.
Résultat ? LFI perd en crédibilité. Les électeurs s'interrogent. Les oppositions attaquent. Marine Le Pen a tweeté : « L'affaire Chikirou montre que l'extrême gauche est aussi corrompue que les autres. » Une pique qui fait mal.
Mais ce n'est pas tout. Le procès intervient alors que LFI prépare les élections législatives de 2027. Le parti doit renouveler ses cadres. Redorer son image. Et voilà que l'une de ses figures les plus emblématiques est jugée pour escroquerie. Qui a couvert le scandale ? Pendant des mois, les dirigeants de LFI ont soutenu Chikirou. Jean-Luc Mélenchon lui-même a parlé de « machination politique ». Mais les preuves s'accumulent. Le silence devient assourdissant.
Les preuves qui accusent — relevés bancaires, SMS, témoignages
Le dossier est solide. Les enquêteurs ont saisi les relevés bancaires de Mediascop. Analysé les flux financiers. Interrogé les anciens employés du Média.
Résultat ? Des dizaines de virements suspects. Des montants ronds. Des dates qui coïncident avec des échéances électorales. Et des SMS qui dévoilent les intentions.
Dans un échange daté de mars 2021, Chikirou écrit à un collaborateur : « Fais le virement sur Mediascop. On régularisera après. » Le collaborateur obéit. La régularisation n'est jamais venue. Ces SMS sont versés au dossier. La défense les conteste — « sortie de contexte ». Mais le juge les lit à voix haute dans le prétoire. Le silence de la salle est pesant.
Un ancien salarié du Média témoigne sous X : « On savait que Sophia prenait de l'argent. Mais personne n'osait rien dire. Elle était toute-puissante. » Propos recueillis par franceinfo.
La question se pose : combien d'autres affaires similaires sont enterrées ? Combien de millions ont disparu dans les circuits opaques de LFI ? Les enquêtes en cours le diront peut-être. (Oui, vous avez bien lu.)
Conclusions — impunité ou justice ?
Le verdict n'est pas encore tombé. Une chose est sûre : ce procès est un test pour la justice française. Test de sa capacité à juger les puissants. Test de sa volonté de faire la lumière sur les dérives financières des partis politiques.
Sophia Chikirou risque jusqu'à 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende. Sans oublier l'inéligibilité. Une mise à l'écart de la vie politique. Une fin de carrière brutale.
Mais au-delà du cas personnel, c'est tout un système qui est ébranlé. La France insoumise doit répondre de ses pratiques. Les électeurs doivent savoir.
Le Dossier continuera de suivre cette affaire. Nous publierons les comptes rendus d'audience. Nous analyserons les pièces du dossier. Parce que la transparence n'est pas une option. C'est une obligation.
Où est l'argent ? La question reste ouverte. Mais une chose est acquise : Sophia Chikirou n'a pas fini de rendre des comptes. Voilà.
Sources :
- franceinfo — reportage sur la comparution de Sophia Chikirou
- Le JDD — « Sophia Chikirou jugée pour avoir tenté de détourner 67 000 euros du Média »
- La Dépêche — « Sophia Chikirou : une affaire sans victime ni préjudice ? »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


