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Société

Sonia M, la prédatrice en blouse blanche

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Sonia M, la prédatrice en blouse blanche
© YouTube

L'engrenage (ou comment on vide les comptes en remplissant les âmes)

Elle arrivait avec des fleurs et des promesses. Sonia M avait ce don : trouver la faille en vous avant même que vous ne soupçonniez son existence. Ses séminaires ? Des pièges à rats dorés. Soraya, l'une de ses victimes, y a laissé 20 000€ et sa santé mentale. "Elle m'a convaincue que ma famille me haïssait. Qu'elle seule me comprenait."

— Vous croyez à l'innocence des gourous modernes ? Attendez la suite.

Le modus operandi d'une tueuse d'âmes

  1. La sirène : "Je vois en vous ce que personne ne voit"
  2. La savante : des diplômes fantômes et un vocabulaire emprunté aux vrais psys
  3. La bourreau : séances "correctives" où l'on payait pour se faire humilier

Rennes va devoir trancher. Car Sonia M était prudente — pas d'emails compromettants, pas de contrats écrits. Juste des paroles enveloppantes et des chèques qui s'envolaient.

Le marché de la détresse

  • 320 signalements ignorés pendant deux ans
  • Des stages "libérateurs" au prix d'un loyer
  • Colonies de "respiration mentale" pour enfants à 1 200€ la semaine

Damien Carbovnic résume : "C'est l'industrie du désespoir. Plus vous êtes vulnérable, plus ils vous saignent." Et le pire ? N'importe qui peut s'improviser coach demain matin. Sonia M l'a prouvé.

"Elle m'a volé ma vie" — le cri de Soraya

Ses mains tremblent encore quatre ans après. "Un jour, elle m'a ordonné de quitter mon mari. J'ai obéi. Comment est-ce possible ?" La voix se brise. Même schéma pour les 37 autres plaignants. Mêmes mots. Mêmes cicatrices.

Pourtant. Certaines victimes défendent encore leur bourreau. L'emprise ne lâche pas si facilement.

Rendez-vous avec la justice

23 mars 2026. 9h00. Sonia M affrontera-t-elle le regard de ceux qu'elle a brisés ? Ou jouera-t-elle encore à la thérapeute incomprise ?

Une chose est sûre : ce procès dépasse Sonia M. Il questionne notre époque — jusqu'où tolérerons-nous ces marchands de bonheur instantané ? La Mivilude tire la sonnette d'alarme depuis des années. Trop discrètement.

En attendant, les 38 reconstruisent. Lentement. Douloureusement. Loin des promesses miracles, dans la réalité terriblement banale du trauma. Et du courage.

Par la rédaction de Le Dossier

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