Sarkozy piégé par son bras droit dans le scandale libyen

La chute d'un système
"Je n'ai pas honte de ce que j'ai fait." La phrase de Sarkozy au procès en appelle résonne encore dans le prétoire. Deux jours plus tard, les attestations de Guéant explosent comme une grenade dégoupillée.
Deux pages. Deux bombes. "J'ai informé Nicolas Sarkozy des rencontres en Libye" et "Il m'a demandé de gérer la situation Senoussi". Abdallah Senoussi — ce nom qu'on voudrait oublier. Le beau-frère de Kadhafi, condamné pour l'attentat du DC-10 d'UTA (170 morts). Un mandat d'arrêt international pèse toujours sur lui.
Mediapart l'a révélé : Kadhafi exigeait clairement "une levée du mandat d'arrêt". En échange de quoi ?
Premier procès, première stratégie. Sarkozy joue l'ignorance : "Mes collaborateurs ont agi seuls". Puis viennent les attestations. Changement de cap. L'ancien président attaque frontalement Guéant. Mauvaise idée.
"Quand on attaque un homme mourant, on prend des risques", murmure un proche du dossier. Guéant, 77 ans, cancer en phase terminale. Il sort alors deux nouvelles attestations sous 48 heures.
L'argent qui parle
2007-2012. Cinq ans de mensonges. Les comptes bancaires, eux, racontent une autre histoire.
Sur les 6 millions promis par Tripoli, 3 millions ont bel et bien transité. La moitié a disparu dans les comptes de l'UMP. L'autre moitié ? "Des valises de billets remises à Brice Hortefeux", affirme un témoin cité par Le Monde.
Kadhafi reçu à l'Élysée en décembre 2007. Trois mois après le versement. Simple coïncidence ? "C'était la contrepartie", assure Vincent Bragard, avocat des parties civiles.
Trois questions cruciales :
- Où est passé l'argent ? 1,5 million chez un intermédiaire libanais, 800 000 euros en cash à l'UMP, 700 000 euros introuvables
- Qui a signé ? Trois chèques portent la signature de Guéant, un virement a été validé par Sarkozy en personne
- Pourquoi ? Financer la campagne de 2007, obtenir des contrats pétroliers, faire libérer Senoussi
Le fusible Guéant
Claude Guéant n'était pas qu'un ministre. Il était le paratonnerre. Le système Sarkozy en trois temps :
- Guéant rencontrait les Libyens
- Il rapportait à l'Élysée
- En cas de problème, il prenait tout
La preuve ? Un SMS de 2013. Sa fille lui écrit : "Pourquoi Sarkozy ne te protège pas ?". Réponse de Guéant : "J'ai des choses à dire... mais je ne dirai rien".
Jusqu'au 15 avril 2026.
"Quand Sarkozy a attaqué mon honneur, j'ai sorti les dossiers", confie-t-il à ses proches. Et ce n'est qu'un début. Selon une source judiciaire, "Guéant détient encore des enregistrements. Des preuves accablantes."
Jugement et après-jugement
25 septembre 2025. Sarkozy est condamné à cinq ans de prison. Le jugement fait 148 pages. Mais le vrai coup de théâtre arrive maintenant.
Les attestations de Guéant :
- Prouvent que Sarkozy était au courant
- Établissent un lien direct avec l'affaire Senoussi
- Détruisent la stratégie de défense
"Un tsunami judiciaire", selon Maître Bragard. La cour d'appel devrait rendre son verdict fin juin. Les peines pourraient alourdir.
Pendant ce temps, l'instruction sur les "valises de billets" reprend. Deux nouveaux témoins clés viennent d'être entendus.
Méthodes et conséquences
Ce n'est pas une erreur. C'est un système. La preuve en trois actes :
- 2007 : Financement libyen
- 2012 : Affaire Bygmalion
- 2025 : Condamnation définitive
Trois millions hier. Quarante-deux millions aujourd'hui. Les montants changent. Les méthodes restent.
"Je n'ai pas honte", répète Sarkozy. La justice, elle, a honte. Honte d'avoir laissé faire. Honte d'avoir tardé.
Le dossier est sur le bureau du parquet national financier. Deux nouveaux mis en examen sont attendus.
L'histoire ne fait que commencer.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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