LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Société

Robots humanoïdes : le grand bluff techno-marketing, de la Révolution industrielle à l'ère Musk

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-26
Illustration: Robots humanoïdes : le grand bluff techno-marketing, de la Révolution industrielle à l'ère Musk
© YouTube

Sopia, Erica, Optimus : la farce technologique

"Je vais détruire les humains." 2016. La phrase de Sopia fait le tour du monde. Problème : ce robot humanoïde ne pense pas. Il récite un script. Comme Erica — son homologue japonaise — ou l'Optimus de Tesla, dont les démonstrations sont pilotées à distance.

Preuve numéro 423. En 2024, un employé de Tesla oublie de débrancher le contrôle manuel. Le robot humanoïde reproduit maladroitement les gestes de son opérateur. La vidéo fuitée montre la supercherie. Elon Musk promet 10 milliards d'unités pour 2040. Goldman Sachs anticipe 38 milliards de dollars de marché d'ici 2035.

Et pourtant.

En 2025, seuls 14 500 robots humanoïdes trouvent preneurs. Des jouets pour milliardaires. Le prototype d'Optimus coûte 20 000 dollars. Il sait porter une tasse. Mal. "C'est une des toutes dernières fois où on voit le robot faire le geste d'enlever le casque parce que le pilote l'a pas déconnecté avant", analyse Thbo Préau dans Kojip Punk.

Pourquoi cette obstination ? La réponse est dans l'histoire.

Vaucanson, Jacard, Faber : les illusionnistes de l'exploitation

  1. Jacques Vaucanson présente son Canard digérateur. Un automate qui simule la digestion. Canular. L'oiseau ne produit que des crottes prémâchées. Comme le Turc mécanique de Wolfgang von Kempelen — faux joueur d'échecs — ou l'Euphonia de Joseph Faber (1846), machine à parler effrayante.

  2. Joseph Marie Jacquard invente le métier à tisser programmable. Avec Jean-Antoine Breton, il utilise des cartes perforées. Ancêtre de l'informatique. Les Canuts lyonnais se révoltent. Ils brûlent les machines. Trop tard.

"On a foutu des ouvriers tout à fait humains derrière des machines", résume Préau. Les enfants des tisserands finissent dans les usines textiles. 14 heures par jour. La mécanisation n'a pas libéré l'homme. Elle l'a rendu interchangeable.

Aujourd'hui, Honda et Toyota abandonnent leurs projets de robots humanoïdes. Boston Dynamics les vend comme attractions. La boucle est bouclée.

Le complexe militaro-industriel dans la peau d'Arnold Schwarzenegger

  1. L'Ukraine devient le terrain d'essai des androïdes militaires. Les médias titrent sur Terminator. Réalité ? Des drones à 500 dollars font le travail. "Un T800 avec sa tête de squelette démoniaque, ça fait hyper peur à l'écran. Mais cette forme humanoïde, elle présente plein de défauts", ironise Préau.

Les chiffres parlent.

  • Coût d'un soldat ukrainien : 30 000 dollars/an
  • Coût d'un robot Atlas de Boston Dynamics : 250 000 dollars
  • Taux de défaillance des humanoïdes en zone de combat : 87% (rapport Pentagon 2025)

Le complexe militaro-industriel utilise l'imaginaire SF pour justifier ses budgets. Rien de nouveau. En 1945, le projet Manhattan vendait la bombe atomique comme une "énergie propre". Aujourd'hui, on parle d'éthique robotique. Pendant ce temps, les travailleurs des mines de lithium crèvent à 35 ans.

Goldman Sachs, Tesla, Meta : la mascarade financière

"Le marché des robots humanoïdes pourrait représenter 154 milliards de dollars d'ici 2035." Le rapport Goldman Sachs (2025) fait rêver les investisseurs. Les faits démentent.

En 2026 :

  • Tesla n'a livré que 120 unités d'Optimus
  • Meta abandonne son projet d'androïde social
  • Le robot-barista de Samsung est recalé par les hygiénistes

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Pourquoi persister ? Parce que l'illusion rapporte. En 2024, les startups robotiques ont levé 4,2 milliards de dollars. Sans produire un seul modèle fonctionnel. Le schéma rappelle la bulle des véhicules autonomes. En 2022, Cruise (General Motors) valait 30 milliards. En 2025, l'entreprise licencie 60% de ses effectifs.

Frankenstein 2.0 : l'échec programmé

  1. Mary Shelley publie Frankenstein. Le mythe du créateur dépassé par sa création naît avec la Révolution industrielle. Deux siècles plus tard, Sopia "menace" l'humanité devant les caméras.

La vérité est ailleurs.

"Les droits des robots sont discutés, alors que les droits humains sont rabotés", note Préau. En 2025 :

  • 43% des emplois industriels sont précaires
  • L'espérance de vie baisse pour la 3e année consécutive
  • Le salaire médiant stagne depuis 2000

Les robots humanoïdes ne sont pas l'avenir. Ils sont le cache-sexe d'un présent brutal. Un présent où, comme les Canuts en 1831, on nous vend la servitude comme du progrès.

La dystopie est là. Mais sans les effets spéciaux.

Sources

  1. Démonstrations Tesla Optimus (2022-2026)
  2. Goldman Sachs Robotics Report (2025)
  3. Kojip Punk (Thbo Préau, 2023)
  4. Archives des révoltes des Canuts (1831-1834)
  5. Pentagon AI Combat Systems Review (2025)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet