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RN : le grand bluff climatisé — 20 milliards, zéro financement, une seule promesse

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-18
Illustration: RN : le grand bluff climatisé — 20 milliards, zéro financement, une seule promesse
© YouTube

L'accroche — le jour où le RN a perdu le fil de son propre plan

Selon le témoignage recueilli par Mediapart, des députés du Rassemblement national ont présenté un plan de 20 milliards d'euros pour climatiser logements, hôpitaux et écoles. Un problème : les députés eux-mêmes peinent à expliquer le financement. L'un évoquait une prise en charge directe par l'État, l'autre parlait de prêts. Le même jour, Thomas Ménager s'est contredit : le matin, il affirmait que l'État prendrait en charge ces 20 milliards pour les collectivités ; l'après-midi, il rectifiait en parlant de prêts à taux zéro. La scène a été filmée.

Les faits — 20 milliards de promesses, zéro crédibilité

Le plan du RN repose sur un financement jamais clarifié. Prêts ? Subventions ? Les députés eux-mêmes n'étaient pas d'accord entre eux. Aucune réponse ferme n'a été donnée.

Cette incohérence n'est pas un incident isolé. Un autre exemple : l'étude scientifique brandie par le parti pour justifier son plan. Le RN cite une recherche qui affirmerait que la climatisation massive n'aggrave pas l'effet d'îlot de chaleur urbain. Problème : l'auteur de cette étude a lui-même dénoncé l'utilisation qui en était faite. Il explique que ses données ont été sorties de leur contexte, et que les conclusions du RN ne correspondent pas à ses travaux.

Le contexte — l'héritage Jean-Marie Le Pen et la stratégie du double discours

« Arnaque géante. » « Manipulation. » « Dictature supranationale. » Ces mots sont ceux de Jean-Marie Le Pen, dans ses mémoires, à propos du réchauffement climatique. Mediapart a mené un travail sur l'historique climatique du RN. Jean-Marie Le Pen qualifiait le GIEC de « manipulation » visant à « orienter les choix industriels et économiques » et à « imposer des décisions politiques ». Il affirmait ne pas croire au « réchauffement climatique global d'origine humaine ».

Marine Le Pen, sa fille et successeure, a-t-elle rompu avec ces positions ? En apparence, le discours s'est adouci. Mais sur le fond, les ressorts sont les mêmes. Le journaliste Youmni Kezzouf, dans la table ronde de Mediapart, résume la position du RN : « aucune contrainte, pas de norme, pas de truc qui pénalise les Français ». Le RN promet des solutions techniques — climatisation, hydrogène — sans jamais expliquer comment les financer. Marine Le Pen elle-même affirme que l'hydrogène résoudra tout sans fournir de détails techniques ou financiers.

Le RN exploite le mécontentement réel des classes populaires et rurales, victimes de politiques écologiques mal conçues (zones à faibles émissions, taxe carbone). Mais il ne propose pas d'alternative crédible.

Le RN propose aussi de supprimer des institutions : l'ADEME, l'Office français de la biodiversité. Selon le collectif « Agence en Lutte », qui regroupe des agents de ces structures, la menace est réelle. Valérie Masson-Delmotte, climatologue présente dans la table ronde, alerte régulièrement sur le fait que l'extrême droite attaque la science et les expertises.

Le traitement politique — contradictions, rétropédalages et silence médiatique

Que s'est-il passé après la conférence de presse du RN ? Aucune clarification officielle n'a été publiée. Aucun document chiffré n'a été diffusé. Le flou reste total.

Ce que le RN ne dit pas, c'est que son plan climatisation est en réalité dangereux : une climatisation massive sans isolation préalable consommerait des quantités phénoménales d'électricité, aggraverait les îlots de chaleur urbains et creuserait les inégalités.

Une pétition contre la proposition de loi « permis de tuer XXL » a recueilli plus de 400 000 signatures en quelques jours, selon la vidéo. La mobilisation existe, mais elle reste fragmentée. Les mouvements pour le climat, contre les violences policières, pour la Palestine, contre la réforme des retraites peinent à converger. L'intervenant Ashraf Manard appelle à la confluence des luttes pour contrer l'extrême droite.

Ce que ça dit de la France — la montée d'un climatoscepticisme de façade

Ce fait divers politique révèle un glissement inquiétant. Le RN capitalise sur les échecs réels des politiques écologiques, mais derrière l'affichage « pragmatique », le fond reste le même : aucune contrainte, aucun changement de mode de vie, aucune transformation structurelle. Les solutions techniques sont des leurres.

Les électeurs jugeront. En attendant, les faits sont là : 20 milliards de promesses, zéro financement crédible, et une seule certitude : le réchauffement, lui, ne s'arrêtera pas pour attendre que le RN trouve ses comptes.

Sources

  • Mediapart, Canicule : le sursaut pour ne pas mourir de chaud (partie 2), vidéo YouTube, table ronde enregistrée à l'Abeille Villoise, avec la participation de Valérie Masson-Delmotte, Ashraf Manard, Youmni Kezzouf. Analyse des positions climatiques du RN, plan climatisation, contradictions de Thomas Ménager, instrumentalisation d'une étude scientifique.
  • Mediapart, Canicule : et maintenant on fait quoi ? (partie 1), vidéo YouTube, intervention de Valérie Masson-Delmotte et débats sur les inégalités face à la chaleur.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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