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JusticeÉpisode 5/8

EXCLUSIF - Rio : la police exécute des enfants dans l'impunité totale

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-04
Illustration: EXCLUSIF - Rio : la police exécute des enfants dans l'impunité totale
© YouTube

L'écran qui accuse

L'image tremble. Priscilla serre les poings jusqu'à blanchir les jointures. Sur l'écran granuleux, un corps d'enfant s'écroule près d'un container à ordures. "Thiago avait 13 ans. Trois balles dans le dos."

— C'était le 7 août 2023, dans la Cité de Dieu. La police parle d'"échange de tirs". Les 42 caméras du quartier montrent autre chose : pas d'arme, pas de menace, juste un gamin rentrant de l'école.

Maître André Castro, l'avocat de la famille, n'y va pas par quatre chemins : "Exécution sommaire". Le procès ? Acquittement général. Motif invoqué : Thiago aurait esquissé un signe de gang sur une photo Instagram.

Et pourtant. Le garçon collectionnait les maillots de foot. Pas les casiers judiciaires.

Le prix du sang

Fatima Pignot étale des photos sur la table en formica. Paolo Roberto, 14 ans. Joao, 15 ans. Jonathan, 12 ans. Tous tués par la police. Tous impunis.

Son réseau, la RAVI, vient de mettre au jour un système glaçant : des primes versées aux policiers pour chaque suspect "neutralisé". Une prime par tête.

Les chiffres hurlent :

  • 80% des victimes : adolescents noirs des favelas
  • 28 morts lors du massacre de Jacarezinho (2021)
  • 0 condamnations à ce jour

"On nous présente des criminels. Où sont les preuves ?" Fatima montre des clichés de maisons criblées de balles. "Ça, c'est leur justice."

Dans le bunker du BOPE

Pedro Paolo Dias Ferrera ajuste son casque balistique. Capitaine du BOPE, il commande ses hommes comme une unité d'élite. "Une balle perdue ? Statistiquement inévitable."

55 policiers tués en 2024. La peur justifie-t-elle tout ? Orlando Zaconé, ancien enquêteur, lâche : "Ici, les favelas sont des zones de non-droit. La peine de mort s'applique sans procès."

700 exécutions par an. 0,5% de condamnations. Le calcul est implacable.

Les mères contre l'État

"Regardez-nous !" Pour la première fois, cinquante mères envahissent le ministère de la Justice. Fatima brandit l'urne funéraire de son fils. "Ils appellent ça du maintien de l'ordre. Nous, on appelle ça un assassinat."

Promesses gouvernementales. Puis le silence. Deux semaines plus tard, le tribunal déclare Thiago "criminel" à titre posthume.

Voilà comment ça marche. D'abord on tue. Ensuite on salit. Enfin, on acquitte.

Huit secondes de vérité

La vidéo du magasin de pneus dure moins de dix secondes. Assez pour pulvériser la version officielle.

Pas d'arme. Pas de menace. Juste un enfant qui tombe. Pourtant, 90% des dossiers finissent au placard.

Maître Castro pointe les rapports d'autopsie : "Tirs dans la nuque à bout portant". Preuves accablantes, verdicts inexistants.

Un juge sous couvert d'anonymat confie : "Condamner un flic, c'est signer son arrêt de mort professionnel."

Sur les lieux du crime

Priscilla passe ses doigts sur les impacts de balles. Même trois ans après, le mur du magasin saigne encore.

Son téléphone affiche une autre vidéo : Thiago dribble en riant devant leur HLM. "Ça, c'était mon fils. Pas le délinquant qu'ils ont inventé."

Fatima, elle, organise des anniversaires posthumes. Des gâteaux. Des bougies. Des noms qu'on refuse d'oublier.

La bataille continue. Caméra au poing. Dossiers sous le bras. Contre une machine à broyer les vies.

Une guerre où les mères font office de juges, d'enquêteuses... et souvent, de dernières témoins.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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