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PolitiqueÉpisode 2/1

Rétention des étrangers dangereux : 345 voix pour un texte qui fracture l'Assemblée

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-08
Illustration: Rétention des étrangers dangereux : 345 voix pour un texte qui fracture l'Assemblée
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345 pour, 177 contre. — Voilà le score final. Le 5 mai 2026, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat. Un parcours chaotique, des accusations d'instrumentalisation, une opposition farouche de la gauche. Le rapporteur Charles Rodwell, député de la circonscription où Philippine a été assassinée il y a un an et demi, tient son texte. Mais à quel prix ? Le vote a fracturé l'hémicycle.

Le 5 mai, l'Assemblée s'apprêtait à voter

Tension maximale. Le texte choc, porté par Rodwell, visait à renforcer la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat. Mais le chemin avait été semé d'embûches. Entre le 13 et le 16 avril, les députés avaient examiné le texte. Un amendement écologiste a vidé l'article 8 de sa substance. L'article le plus symbolique — celui qui concerne les étrangers sous OQTF condamnés pour viol, torture, séquestration aggravée ou terrorisme. Le rapporteur avait perdu une bataille. Pas la guerre.

Le 5 mai, il dépose un amendement de seconde délibération. L'article 101 du règlement le permet. Le gouvernement donne un avis favorable. La commission confirme. Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille. « Nous avons réussi à le faire battre lors de l'étude en séance », tonne Antoine Léomand, député La France insoumise. « Votre proposition de double peine, faire enfermer des gens qui causent des risques, ce n'est pas la solution du centre de rétention administrative. La rétention administrative n'est pas une prison. »

Les victimes hantent les débats

Le débat n'a pas été seulement technique. Il a aussi été émotionnel. Très émotionnel. À plusieurs reprises, les députés ont évoqué les victimes. Philippine, assassinée à 19 ans à la sortie de son université. Lino, autre victime dont le nom a été cité. Les attentats de Birakem et de Mulhouse. Le spectre des attentats de 2015. « Ces morts ne sont pas des accidents », a lancé Élisabeth de Mestre, députée Droite Républicaine. « Ce sont les conséquences directes de nos renoncements répétés. »

La députée a rendu hommage à Olivier Marleix, disparu, qui avait engagé le combat avec rigueur. Sa loi du 11 août 2025 avait été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel. « Sur la forme, pas sur le fond », a-t-elle précisé. « Les sages n'ont pas dit que l'objectif était illégitime. Ils ont dit trouver les mots justes. Charles Rodwell et Michel Barnier les ont trouvés. »

Le rapporteur lui-même n'a pas caché son émotion. « Il y a un an et demi, Philippine a été assassinée. Elle habitait ma circonscription. J'ai pris un engagement auprès de sa famille : porter un texte qui trouve un juste équilibre entre la protection des libertés publiques et le renforcement de la sécurité des Français. » Il a remercié le gouvernement, le Premier ministre Michel Barnier, Gabriel Attal, l'ensemble des groupes du socle commun. Mais il a aussi exprimé deux regrets. L'obstruction de l'opposition. Et le glissement du Parti socialiste. « Il y a 10 ans, face aux attaques terroristes, le Parti socialiste a su prendre des mesures. Aujourd'hui, vous vous alignez sur la France insoumise. »

« Prison sans procès » : la gauche monte au créneau

L'opposition de gauche n'a pas ménagé ses critiques. « Ce texte tombe complètement à côté de son sujet », a affirmé Céline Nervieux, députée socialiste. « Il propose simplement de durcir un certain nombre d'instruments privatives de liberté. Peu importe leur efficacité pour lutter contre le terrorisme. Peu importe leur conformité aux exigences de notre état de droit. » La députée a dénoncé la « psychiatrisation du fanatisme », une « insulte aux professionnels de santé dont la mission première est de soigner, pas de palier les carences sécuritaires de l'État ».

Léa Ballage Elmariki, députée écologiste, a renchéri. « La lutte contre le terrorisme mérite du sérieux. La gravité des circonstances et celle des blessures. La lutte contre le terrorisme mérite qu'on s'attache à ce qui fait tenir notre République. Nos libertés. » Elle a dénoncé une « loi de communication », un « mensonge vis-à-vis des Français qui attendent du sérieux ».

Antoine Léomand, lui, a vu plus loin. « Le hasard fait bien les choses. Aujourd'hui, nous sommes le 5 mai. Date anniversaire de l'ouverture des États généraux de 1789. Le début de l'affrontement entre le pouvoir législatif naissant et le pouvoir exécutif finissant. De votre côté, vous voulez construire des Bastilles d'une autre. Nous voulons les faire tomber. L'année prochaine, le roi s'en va. La République commence. » Une sortie qui a fait bondir Céline Nervieux. « Il faudrait quand même avoir un peu de

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