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RAID : le patron visé par une lettre anonyme, son adjoint soupçonné de harcèlement

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-13
Illustration: RAID : le patron visé par une lettre anonyme, son adjoint soupçonné de harcèlement
© Illustration Le Dossier (IA)

La lettre qui fâche circule depuis le 7 août

Vendredi 7 août 2026. Un document atterrit sur les bureaux. Non signé. Adressé à « Madame, Monsieur ». Il se présente comme venant de personnels du RAID. Le quartier général ? Bièvres, dans l’Essonne. Depuis, il tourne dans l’unité — et même au-delà.

Deux pages. Pas d’expéditeur. Des accusations précises contre le commandement.

Guillaume Cardy, 55 ans, patron du RAID depuis 2023, opte pour la transparence. Il transmet la lettre à l’ensemble des personnels. Sa réaction ? Il y voit une « dénonciation anonyme abjecte ». Un terme fort — qui en dit long sur l’ambiance interne.

Pourquoi une telle virulence ? Parce que la lettre ne se limite pas à une critique générale. Elle vise nommément le patron. Dénonce son management. Pointe l’état des équipements. Des accusations qui, vérifiées, mettraient en lumière des dysfonctionnements graves au sein d’une unité censée être le fer de lance de la police nationale.

Un détail : la lettre circule depuis le 7 août. Cardy l’a lui-même diffusée. Geste de transparence — ou tentative de contrôle des dégâts ? (La frontière est parfois mince.)

Le numéro 2 soupçonné de harcèlement sexuel

L’affaire ne s’arrête pas là. Depuis fin mai 2026, le RAID est secoué par des soupçons de harcèlement sexuel visant son numéro 2. Un commissaire général — dont Actu17 n’a pas divulgué le nom — a été mis en cause. Résultat : admis à faire valoir ses droits à la retraite.

Traduction : il quitte la police nationale. Sans procédure disciplinaire publique. Sans explication officielle.

Combien de plaintes ? Contre qui exactement ? Les détails restent flous. Actu17, qui a révélé l’information, ne donne pas plus de précisions. Ce qui est certain, c’est que l’affaire a été traitée en interne. Discrètement.

Une unité d’élite de 168 fonctionnaires — selon les chiffres de 2009 — peut-elle gérer seule des accusations de harcèlement sexuel ? Sans transparence ? Sans enquête indépendante ?

Non. Et le contribuable, lui, attend toujours des comptes.

Sous pression, le RAID encaisse

Créé en 1985 par Pierre Joxe, le RAID est l’une des unités d’élite les plus célèbres de France. Avec le GIGN et la BRI, il forme le trio de tête des forces d’intervention. Ses missions : antiterrorisme, neutralisation de forcenés, protection de hautes personnalités.

Mais derrière la réputation, il y a des hommes. Et des tensions.

La lettre anonyme dénonce l’état des équipements. Un problème récurrent dans les forces de l’ordre françaises. En 2023, le rapport de la Cour des comptes pointait déjà le vieillissement du parc automobile et le manque de matériel de protection. Le RAID n’est pas épargné.

Et le management ? Cardy est contrôleur général, un grade élevé. Il prend la tête du RAID en 2023, succède à Jean-Baptiste Dulion. Depuis, l’unité a été engagée sur de nombreux fronts : les émeutes urbaines de 2023, la sécurisation des Jeux Olympiques de Paris 2024, la crise néo-calédonienne. 97,3 % des militaires du GIGN étaient déployés pendant les JOP — le RAID n’était pas en reste.

Pression constante. Missions qui s’enchaînent. Et des tensions internes qui explosent.

Comparaison n’est pas raison ? Si, parfois.

Regardons ailleurs. Aux États-Unis, le FBI Hostage Rescue Team (HRT) compte environ 200 opérateurs. Son commandement est évalué régulièrement par le Bureau de l’Inspecteur général. Transparence totale.

En Allemagne, le GSG9 de la Bundespolizei est soumis à un contrôle parlementaire strict. Les plaintes pour harcèlement sont traitées par une cellule indépendante.

En France ? Le RAID dépend directement de la Direction générale de la police nationale. Pas de contrôle externe systématique. Pas d’inspection indépendante. Les affaires internes sont gérées en interne.

Résultat : des accusations qui restent dans le flou. Des procédures qui s’éternisent. Une confiance qui s’érode.

Ce n’est pas une question de bonne volonté. C’est structurel. Quand une unité d’élite se juge elle-même, les conflits d’intérêts sont mathématiques.

Et maintenant ?

Deux questions se posent.

La première : que contient exactement la lettre anonyme ? Ses auteurs — si tant est qu’ils existent — n’ont pas signé. Les accusations contre Cardy restent donc non vérifiées. Le patron du RAID les qualifie d'« abjectes ». Mais sans enquête indépendante, impossible de trancher.

La seconde : l’affaire de harcèlement sexuel va-t-elle faire l’objet d’une enquête approfondie ? Le commissaire général mis en cause a pris sa retraite. L’affaire semble classée. Mais les victimes présumées, elles, n’ont peut-être pas eu justice.

Le RAID est une unité d’élite. Ses hommes risquent leur vie pour protéger les citoyens. Ils méritent un commandement irréprochable et des équipements à la hauteur. Ils méritent aussi que les affaires internes soient traitées avec rigueur et transparence.

Le contribuable français paie 45 % de son PIB en prélèvements obligatoires. Il est en droit d’exiger que ses forces de l’ordre — les meilleures possible — fonctionnent sans zones d’ombre.

Pour l’instant, le RAID vacille. Et personne, en haut lieu, ne semble pressé de rétablir la lumière.

Le Dossier suivra cette affaire de près.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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