QUI refuse de reconnaître le génocide des Roms en France ?

L'holocauste dont personne ne parle
"Porajmos". Le mot signifie "dévoration" en romani. Il décrit l'indicible : l'extermination systématique des Roms, Sintis et autres communautés nomades par les nazis. Camps de concentration. Stérilisations forcées. Massacres.
Et pourtant. Quand l'Allemagne commémore ses monuments aux victimes roms, la France, elle, botte en touche. Les archives sont pourtant formelles : la volonté d'éradication était claire, méthodique.
"Nos grands-parents ont été effacés deux fois. Par les bourreaux d'abord. Par l'histoire ensuite." La voix du collectif tremble de colère.
Mémoire sélective
La Shoah est reconnue. Le génocide arménien aussi. Mais le Porajmos ? Le gouvernement esquive.
Trois raisons expliquent ce déni. D'abord, l'ignorance crasse — peu d'universitaires travaillent sur le sujet. Ensuite, les préjugés tenaces contre les "gens du voyage". Enfin, la peur.
Peur de quoi ? D'ouvrir la boîte de Pandore des réparations. D'affronter les ratés de l'intégration. De remuer un passé qui dérange.
"On nous parle toujours d'unité nationale. Mais l'unité, ça commence par la vérité", lance une jeune femme du collectif. Difficile de la contredire.
Ce qu'ils réclament (et pourquoi ça dérange)
Pas de longs discours. Le collectif veut trois choses précises :
- Des pages dans les manuels scolaires — celles qui manquent depuis 80 ans
- Une stèle, quelque part, avec les noms des disparus
- Une date. Juste une journée pour se souvenir
Simple ? En apparence. Mais derrière, les résistances s'organisent. À l'Assemblée, un député marmonne : "Et après, ce sera quoi ? Les réparations ?" Au ministère de l'Éducation, on évoque des "contraintes budgétaires".
Voilà.
Les derniers témoins se meurent
Ils sont une poignée. Des rescapés aux bras tatoués de numéros.
"Ma sœur aînée est morte à Bergen-Belsen. Elle avait 12 ans." La voix de M. Kovac se brise. Dans son appartement parisien, il montre une photo jaunie — la seule qui reste.
Un autre survivant, M. Durand, raconte les rafles en zone occupée. "Les gendarmes français nous ont livrés. Personne n'a protesté."
Ces voix s'éteignent une à une. Bientôt, il ne restera que le silence.
Et ailleurs en Europe ?
L'Allemagne a ses monuments. La Pologne, ses cérémonies. Même la Hongrie de Viktor Orbán reconnaît le Porajmos.
La France ? Un vide sidéral. Pire : en 2025, un projet de mémorial a été bloqué par des riverains — "ça allait attirer des indésirables".
Le collectif a porté le dossier jusqu'à l'ONU. Sans résultat. "L'antisiganisme n'intéresse personne", soupire un militant.
Le temps presse
La question n'est plus "pourquoi" reconnaître ce génocide, mais "jusqu'à quand" le nier.
Les jeunes du collectif le savent : leur combat dépasse la symbolique. Il s'agit d'arracher leurs aïeux à l'oubli. De forcer la France à regarder en face cette part maudite de son histoire.
Un choix s'impose : continuer à se voiler la face. Ou enfin, donner aux morts roms ce qu'on a accordé aux autres victimes — une place dans notre mémoire collective.
Le compte à rebours est lancé.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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