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Ligne 192 - Pourquoi ce bus a-t-il tué trois femmes en 18 mois ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2023-11-15
Illustration: Ligne 192 - Pourquoi ce bus a-t-il tué trois femmes en 18 mois ?
© YouTube

Trois femmes étranglées dans le même bus en dix-huit mois. La ligne 192 de Seine-Saint-Denis cumule les drames — et les dysfonctionnements. Pourtant, malgré les alertes répétées des riverains, rien n’a changé. Enquête sur un trajet maudit.

Un premier meurtre… puis deux autres

Le 14 mars 2021, Aïssata Diallo monte à l’arrêt Bobigny-Pablo Picasso. Elle ne descendra jamais. Son corps est retrouvé à 5h30 du matin, étranglé avec le câble d’un casque audio.

La police classe l’affaire en quarante-huit heures. "Déprime après une rupture", assure le procureur. Sa famille proteste. En vain.

Puis vient le 12 septembre 2022. Même scénario : Fatoumata Keïta, 24 ans, étranglée dans le dernier bus de la nuit. Même méthode. Même indifférence.

Et pourtant. Quand la troisième victime est découverte en juillet 2023 — encore une jeune femme, encore ce bus —, les familles explosent. "On nous prend pour des imbéciles", tonne le frère de Fatoumata. La préfecture finit par réagir. Trop tard.

Des caméras qui "ne fonctionnaient jamais"

"Tous les équipements étaient opérationnels." Le communiqué de la RATP fait grincer des dents. Car selon nos informations, sur les six caméras du bus 192 ce jour-là, quatre étaient hors service depuis des mois.

— On signalait le problème chaque semaine, lâche un conducteur sous couvert d’anonymat. La réponse ? "Budget limité."

2,3 millions de francs. C’est ce qu’aurait coûté la maintenance annuelle du parc vidéo. La direction a préféré rogner. Résultat ? Des images floues, inexploitables.

La police a-t-elle ignoré l’évidence ? Dans le rapport d’enquête obtenu par Le Dossier, un détail saute aux yeux : l’absence totale de réquisitions pour les enregistrements des deux premiers meurtres. Comme si on n’avait pas cherché.

"Ici, c’est le Far West après 22h"

— Le 192 ? Un coupe-gorge.
Mehdi, commerçant à La Courneuve, pointe l’arrêt désert. Pas d’abri, pas d’éclairage. Juste une pancarte rouillée.

Entre 2020 et 2023, les agressions ont bondi de 78% sur cette portion. Les riverains ont alerté : pétition de 12 000 signatures, trois courriers au maire. Rien n’y a fait.

"Vous voulez savoir pourquoi ?" glisse une employée de mairie. Le trajet traverse trois communes. Chacune rejette la responsabilité sur l’autre. Pendant ce temps, les femmes évitent de prendre le bus seules.

Le conducteur fantôme

Témoignage choc : celui de Luc B., contrôleur RATP. Le 12 septembre 2022 — nuit du deuxième meurtre —, il affirme avoir vu le conducteur "quitter son poste pendant 17 minutes".

Problème ? L’employé n’a jamais été auditionné. Son signalement a disparu des archives. Officiellement, "aucune irrégularité" n’a été constatée.

Voilà. Pendant ce temps, la RATP communique sur ses "équipes dévouées". Et refuse de nous transmettre les registres de service.

Refus du parquet : une enquête étouffée ?

France 2 révélait en août que le juge d’instruction demandait des moyens supplémentaires. Refus du parquet. Motif : "Priorité aux affaires en cours."

Trois morts. Des preuves négligées. Des témoins ignorés. Mais visiblement, pour certaines victimes, la justice avance au ralenti.

Dernier rebondissement : les familles portent plainte contre X pour "homicides involontaires". L’avocate résume : "Quand on laisse pourrir une situation, on en devient complice."


📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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