Comment la privatisation de l'électricité ruine les Français

1980-2026 : chronique d'un hold-up annoncé
Tout commence dans les années 80. L'Europe pousse, la France privatise. Banques, télécoms, autoroutes — le menu est copieux. Résultat ? Les forfaits mobiles coûtent moins cher. Et c'est tout. Une maigre victoire qui justifierait de brader le reste ? Visiblement oui.
Prenez l'électricité. Des centrales nucléaires payées par nos impôts. Des réseaux entretenus avec notre argent. Alors pourquoi des actionnaires privés en profiteraient-ils ? Silence radio.
Le réseau électrique, lui, reste public. Par nécessité technique. Impossible d'avoir trois câbles différents chez soi. Les surtensions deviendraient ingérables. Mais pour les requins de la finance, ce monopole naturel était trop juteux pour rester entre les mains de l'État. Ils ont trouvé la combine.
L'arnaque des fournisseurs alternatifs : du vent en boîte
La loi permet à n'importe qui de devenir "fournisseur d'électricité". Sans usine. Sans éolienne. Sans la moindre infrastructure. Comment ? En achetant du courant à EDF pour le revendre avec marge. Un business modèle en or — pour eux.
Entre 2010 et 2020, le tarif réglementé double. Sarkozy impose à EDF de céder 25% de sa production nucléaire à des privés. À 42€ le MWh. Ces derniers revendent à prix d'or. Le même courant. Le même réseau. Seule différence : des intermédiaires qui s'en mettent plein les poches.
Et pourtant, ça tient. Jusqu'en 2022.
Ukraine 2022 : le château de cartes s'effondre
La guerre éclate. Les prix s'emballent. Les fournisseurs alternatifs paniquent : ils doivent acheter cher sur les marchés tout en respectant leurs contrats à bas prix. Solution ? Multiplier les tarifs par 20. Expulser les clients vers EDF. Garder seulement ceux qui profitent de la rente nucléaire.
EDF, elle, se fait plumer. Obligée d'acheter à 350€ le MWh ce qu'elle revend à 42€. Résultat : 8,4 milliards de pertes. La rente est suspendue. Mais le pire reste à venir.
Linky, ou comment transformer votre compteur en machine à sous
Bienvenue dans l'enfer de la tarification dynamique. Votre facture change toutes les heures, comme un cours de Bourse. Votre compteur Linky enregistre chaque watt. Une aubaine pour les traders. Une catastrophe pour les artisans.
Prenez ce boulanger de Louan. 100 000€ de facture annuelle. Impossible de prévoir ses coûts. Il ferme. Comme des centaines d'autres. Pendant ce temps, une éditorialiste de BFM promet des baisses de prix. Dans les faits ? Rien.
Bilan : une France électrocutée
30 ans de recul du pouvoir d'achat. Des mutuelles santé qui flambent (+25% en trois ans). Des PME au tapis. Et dans le même temps, les dividendes des fournisseurs alternatifs explosent. Le système fonctionne. Pour eux.
La solution ? Elle crève les yeux. Rendre à EDF son monopole intégral. Production. Transport. Distribution. Réinvestir les profits au lieu de les distribuer. Bref, revenir à ce qui marchait avant que la finance ne s'en mêle.
La privatisation de l'électricité n'est pas une erreur. C'est un crime organisé. À quand le procès ?
Par la rédaction de Le Dossier


