Présidentielle 2027 : vingt candidats, zéro vision

La guerre des héritiers
Gabriel Attal a officialisé sa candidature en mai. Édouard Philippe, lui, est en campagne depuis plus longtemps. Deux anciens Premiers ministres, deux visions — ou plutôt deux ambitions — pour un même héritage : celui d'Emmanuel Macron, qui ne peut se représenter.
Le premier ministre actuel, Sébastien Lecornu, tente de se placer au-dessus de la mêlée.
Retenez ce détail : dans les coulisses, on murmure qu'Emmanuel Macron se verrait bien revenir en 2032. Il miserait donc sur le candidat le plus docile — ou le moins hostile — pour lui laisser la place dans cinq ans. Une stratégie de survie politique qui dit long sur l'état d'esprit du camp présidentiel.
François Bayrou, lui, n'est plus envisagé. Son passage catastrophique à Matignon et son désaveu municipal ont eu raison de ses ambitions. Il pousse désormais Thierry Breton — un homme qui a réussi à être aussi médiocre dans le privé que dans le public, avant de se faire exfiltrer de la Commission européenne par Ursula von der Leyen.
Et Christine Lagarde ? La présidente de la BCE a laissé entendre qu'elle pourrait quitter son poste avant la fin de son mandat. Une voix européenne dans le débat français.
Le RN en pole position, mais des fissures
Selon la source, les sondages sont flatteurs pour le Rassemblement national. Jordan Bardella et Marine Le Pen dépassent les 30-35% d'intentions de vote au premier tour. Après la réduction de sa peine d'inéligibilité en appel en juillet, Marine Le Pen a officialisé sa candidature.
Mais le parti n'est pas un bloc monolithique. Les médias insistent sur les divergences entre la présidente du groupe à l'Assemblée et le président du parti — notamment sur les retraites. Des dissensions internes qui semblent bien réelles.
Problème plus profond : selon la source, le RN ajuste son discours sur l'immigration et la régulation des réseaux sociaux, ce qui crée des frictions avec sa base numérique. Plusieurs élus ont accueilli favorablement l'arrêté d'expulsion visant Xenia Fedorova, accusée de relayer de la propagande russe. Mais ils ont été beaucoup plus discrets sur la pression migratoire à Ceuta.
La question du financement reste sensible. Le parti peine à obtenir des prêts bancaires et envisage un emprunt militant. Sébastien Lecornu a réuni des représentants d'établissements bancaires pour les inciter à prêter à tous les candidats, via un mécanisme de garantie partielle.
La gauche : le chaos organisé
Jean-Luc Mélenchon impose le rythme. Déclaré candidat, il dispose d'une base solide et de militants actifs sur le terrain comme sur les réseaux sociaux. Sandrine Rousseau a plaidé pour un ralliement écologiste à sa candidature, estimant qu'il est le mieux placé. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, participera à l'université d'été de La France insoumise.
Mais la gauche unitaire reste un mythe. Le Parti socialiste a adopté un programme, mais pas de candidat clair. La situation est jugée suffisamment affligeante pour que François Hollande croie encore à ses chances.
Raphaël Glucksmann ? Mauvais en débat, mauvais en discours. Il dépend du bon vouloir du PS et semble condamné à jouer les lobistes atlantistes à Bruxelles.
Le Parti communiste envoie Fabien Roussel en campagne. Une décision dangereuse : LFI pourrait refuser toute alliance aux législatives et sortir les communistes de l'Assemblée nationale.
Résultat : la gauche part en ordre dispersé, avec un Mélenchon qui progresse dans les sondages — homme de campagne, certes.
Les souverainistes en peine
En périphérie du RN, aucune candidature souverainiste ne semble certaine. Problème de budget, mais surtout de signatures — il en faut toujours 500. Le camp est miné par les divisions et pourrait se trouver embarrassé par ses positionnements favorables à Moscou, dans un contexte de "maccarthysme" anti-ingérence.
Éric Zemmour ? Difficile de refaire le coup de 2022 — dépasser les 5% en partant de rien. Plusieurs cadres de son parti ont rejoint le RN. Sa compagne Sarah Knafo a pris une importance médiatique centrale, mais semble bien esseulée.
Et maintenant ?
Dix mois, c'est long en politique. Les sondages d'aujourd'hui ne valent rien demain. Une offensive judiciaire, des troubles internationaux, une dissolution de l'Assemblée cet hiver — Emmanuel Macron pourrait vouloir court-circuiter la présidentielle à laquelle il ne participe pas.
Mais les tendances lourdes sont là : domination du RN au premier tour, progression constante de Mélenchon, guerre des héritiers au centre. Le choix d'un candidat unique au centre pourrait laisser entrevoir un match à trois.
Pendant ce temps, la France continue de s'enfoncer. Et personne, dans cette vingtaine de candidats, n'a encore proposé de sortir le pays de ce trou noir bureaucratique.
La question n'est plus de savoir qui gagnera. La question est de savoir si le prochain locataire de l'Élysée aura le courage de dire la vérité aux Français. Ou s'il préférera, comme ses prédécesseurs, gérer le déclin avec élégance funèbre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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