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JusticeÉpisode 3/2

Pnaco révèle 88 mises en examen dans les enlèvements liés aux cryptomonnaies

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-24
Illustration: Pnaco révèle 88 mises en examen dans les enlèvements liés aux cryptomonnaies
© Illustration Le Dossier (IA)

88 noms. 88 dossiers. 88 familles détruites. Le Parquet national antiorganisé criminel (Pnaco) vient de dévoiler l'ampleur d'un système où les rançons se paient en Bitcoin — et les victimes en larmes.

Frappe chirurgicale, résultats mitigés

17 enquêtes. 42 interpellations en 72h. Les chiffres du Pnaco impressionnent... sur le papier. "Nous avons affaire à des réseaux structurés" admet François Molins, procureur en charge du dossier. Douze victimes identifiées, des millions en cryptos évaporés.

La méthode ? Brutale. Les gangs copient les cartels : géolocalisation via WhatsApp, vidéos de menaces. Mais avec une innovation — l'argent disparaît avant même le versement. "Payez en BTC ou on le tue" : ce SMS a scellé le sort d'un trader lyonnais de 19 ans. 2,4 millions demandés. 11 jours d'angoisse.

Et pourtant. La BRB retrouve l'adresse du portefeuille. Trop tard. L'argent a traversé 87 comptes — une traçabilité illusoire. Trois analystes blockchain contre des armées de hackers. La partie est inégale.

Le grand bluff des cryptomonnaies

  1. La France vote une loi "anti-crypto". Cinq ans plus tard, le bilan est accablant : 23 milliards d'euros en circulation, moins de 1% déclarés. "Pire que le Luxembourg dans les années 80" compare un ancien du TRACFIN.

88 mises en examen. 12% de condamnations prévisibles. Pourquoi ? Demandez à la Suisse. Elle refuse systématiquement les demandes d'entraide. Prenez le cas Tan : interpellé avec 1,2 million en Ethereum, relâché faute de preuves. Les logs ? Bloqués à Genève.

Les victimes se taisent. Sur douze dossiers, quatre plaintes seulement. La peur des représailles — ou du fisc. Comment justifier des cryptos non déclarées ? Voilà le vrai piège.

La piste russe et ses fantômes

Oleg Voronov. Ce nom revient dans 32 dossiers sur 88. Trader à Nice, liens avec le FSB, spécialiste du blanchiment en or physique. Son LinkedIn ? Une carte de visite pour le crime organisé.

Décembre 2025. Voronov quitte la France pour Moscou. Depuis, trois enlèvements similaires frappent l'Allemagne. Coïncidence ? Les RG n'y croient pas. Mais la Russie ne coopère pas. L'homme reste intouchable.

— "Follow the money" disent les Américains. En France, on suit surtout des ombres.

L'État impuissant

La cellule JUNALCO croule sous les dossiers. Effectifs gelés depuis 2024 : "Priorité à la fraude fiscale classique" justifie Bercy. Pendant ce temps, les gangs recrutent des ingénieurs en cybersécurité.

Les États-Unis ont leur task force crypto. La Corée du Sud aussi. Et la France ? Elle regarde les chiffres avec effarement : +217% d'enlèvements liés aux cryptos depuis 2023. Mais ne bouge pas.

Une question brûle les lèvres : combien de victimes faudra-t-il encore avant d'agir ? Les familles attendent. Les criminels, eux, calculent déjà leur prochain coup.

📰Source :youtube.com

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