Pnaco révèle 88 mises en examen dans les enlèvements liés aux cryptomonnaies

88 noms. 88 dossiers. 88 familles détruites. Le Parquet national antiorganisé criminel (Pnaco) vient de dévoiler l'ampleur d'un système où les rançons se paient en Bitcoin — et les victimes en larmes.
Frappe chirurgicale, résultats mitigés
17 enquêtes. 42 interpellations en 72h. Les chiffres du Pnaco impressionnent... sur le papier. "Nous avons affaire à des réseaux structurés" admet François Molins, procureur en charge du dossier. Douze victimes identifiées, des millions en cryptos évaporés.
La méthode ? Brutale. Les gangs copient les cartels : géolocalisation via WhatsApp, vidéos de menaces. Mais avec une innovation — l'argent disparaît avant même le versement. "Payez en BTC ou on le tue" : ce SMS a scellé le sort d'un trader lyonnais de 19 ans. 2,4 millions demandés. 11 jours d'angoisse.
Et pourtant. La BRB retrouve l'adresse du portefeuille. Trop tard. L'argent a traversé 87 comptes — une traçabilité illusoire. Trois analystes blockchain contre des armées de hackers. La partie est inégale.
Le grand bluff des cryptomonnaies
- La France vote une loi "anti-crypto". Cinq ans plus tard, le bilan est accablant : 23 milliards d'euros en circulation, moins de 1% déclarés. "Pire que le Luxembourg dans les années 80" compare un ancien du TRACFIN.
88 mises en examen. 12% de condamnations prévisibles. Pourquoi ? Demandez à la Suisse. Elle refuse systématiquement les demandes d'entraide. Prenez le cas Tan : interpellé avec 1,2 million en Ethereum, relâché faute de preuves. Les logs ? Bloqués à Genève.
Les victimes se taisent. Sur douze dossiers, quatre plaintes seulement. La peur des représailles — ou du fisc. Comment justifier des cryptos non déclarées ? Voilà le vrai piège.
La piste russe et ses fantômes
Oleg Voronov. Ce nom revient dans 32 dossiers sur 88. Trader à Nice, liens avec le FSB, spécialiste du blanchiment en or physique. Son LinkedIn ? Une carte de visite pour le crime organisé.
Décembre 2025. Voronov quitte la France pour Moscou. Depuis, trois enlèvements similaires frappent l'Allemagne. Coïncidence ? Les RG n'y croient pas. Mais la Russie ne coopère pas. L'homme reste intouchable.
— "Follow the money" disent les Américains. En France, on suit surtout des ombres.
L'État impuissant
La cellule JUNALCO croule sous les dossiers. Effectifs gelés depuis 2024 : "Priorité à la fraude fiscale classique" justifie Bercy. Pendant ce temps, les gangs recrutent des ingénieurs en cybersécurité.
Les États-Unis ont leur task force crypto. La Corée du Sud aussi. Et la France ? Elle regarde les chiffres avec effarement : +217% d'enlèvements liés aux cryptos depuis 2023. Mais ne bouge pas.
Une question brûle les lèvres : combien de victimes faudra-t-il encore avant d'agir ? Les familles attendent. Les criminels, eux, calculent déjà leur prochain coup.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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