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Clan des Blacks à Marseille : 20 interpellations, 400 000 euros saisis

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Clan des Blacks à Marseille : 20 interpellations, 400 000 euros saisis
© Illustration Le Dossier (IA)

L'opération du 25 juin

La police nationale a déployé un dispositif massif à l'aube. Objectif : la cité des Lauriers, bastion du clan des Blacks. Selon Nicolas Farmine, journaliste au Figaro Marseille, les forces de l'ordre ont réalisé une vingtaine d'interpellations. Les suspects, tous liés au gang, ont été placés en garde à vue.

Les perquisitions ont rapporté 400 000 euros en numéraire. Une somme rondelette. Retenez ce détail : ce n'est pas le produit d'une seule journée de trafic — c'est le cash accumulé, caché dans des planques. La police a également saisi de la drogue et des armes, selon les premières informations communiquées par le parquet de Marseille. Les détails exacts restent flous. Mais le message est clair : l'État serre la vis.

Pourquoi cette opération maintenant ? Le clan des Blacks est l'un des plus anciens et des plus ancrés dans les quartiers nord. Sa chute, espèrent les autorités, devrait affaiblir tout un pan du narcotrafic marseillais. Les interpellations touchent à la fois les petites mains et, semble-t-il, des cadres intermédiaires. La tête du réseau, elle, n'a pas été capturée. (Les documents en attestent : aucune figure historique du gang n'apparaît dans la liste des gardés à vue.)

Une trentaine de policiers, des effectifs de la BAC, des enquêteurs de la brigade des stupéfiants — le dispositif était lourd. Pas de blessé. Pas de heurt. Les habitants, habitués aux descentes, sont restés cloîtrés. L'opération s'est déroulée sans accroc.

Le clan des Blacks, un réseau aux racines profondes

Le clan des Blacks n'est pas un groupuscule éphémère. Implanté dans la cité des Lauriers depuis les années 1990, il contrôle un territoire stratégique — à la jonction des 13e et 14e arrondissements. Son nom est connu des tribunaux. Selon une fiche Wikipédia, la police avait déjà mené une série d'arrestations et de perquisitions dans la cité le 21 juin 2013. À l'époque, plusieurs membres présumés avaient été interpellés. Mais le réseau a survécu.

Les « Blacks » — surnom donné par les habitants et les enquêteurs — sont réputés pour leur discrétion. Contrairement à d'autres gangs marseillais, ils évitent les règlements de compte sur la place publique. Une particularité qui leur a permis d'éviter les condamnations lourdes. Selon la même source, « aucun des frères n’a été condamné pour des faits de règlements de compte ». Pas de cadavres sur le pas de la porte. Mais le trafic, lui, est colossal.

Le 9 novembre 2024, vers 21 h 30, un homme de 21 ans — connu des services de police — est mort dans une fusillade dans le quartier Notre-Dame des Marins. Les enquêteurs soupçonnent une guerre de territoire entre gangs rivaux. Le clan des Blacks n'a pas été officiellement mis en cause, mais les faits illustrent la violence latente.

400 000 euros de recettes quotidiennes ? Non. Le chiffre exact des bénéfices du clan reste inconnu. Mais les 400 000 euros saisis lors de cette opération ne représentent qu'une fraction de son cash. Les magistrats estiment que le réseau génère plusieurs millions d'euros par an. L'argent sale alimente l'économie locale : voitures de luxe, montres, appartements.

Marseille, laboratoire de la lutte anti-drogue

Cette opération s'inscrit dans un plan plus large. Depuis 2020, les pouvoirs publics tentent de reprendre le contrôle des cités marseillaises. Le 10 septembre 2020, le ministre de l'Intérieur de l'époque avait annoncé un renforcement des effectifs. L'article 24 de la proposition de loi relative à la sécurité globale — adoptée en première lecture le 24 novembre 2020 — visait à encadrer la diffusion d'images des forces de l'ordre. Une mesure controversée, mais qui témoignait de la volonté de durcir la lutte.

Les narchomicides se multiplient. Marseille a connu une année 2025 record avec près de 35 morts par balles liés au trafic. Le clan des Blacks, allié ou concurrent de la DZ Mafia, oscille entre guerre et trêve. Les forces de l'ordre multiplient les opérations « Place nette » et les coups de filet. Mais chaque fois, les têtes repoussent. Le système est tentaculaire.

Qui a ordonné cette descente ? Le préfet de police de Marseille, en lien avec le parquet. Les magistrats spécialisés dans la lutte anti-stupéfiants — les JIRS (juridictions interrégionales spécialisées) — pilotent l'enquête. Les 20 suspects devraient être présentés à un juge d'instruction dans les prochaines heures. Les charges : trafic de stupéfiants en bande organisée, association de malfaiteurs, blanchiment. La saisie de 400 000 euros permet de geler des avoirs criminels.

Et après ?

L'opération du 25 juin 2026 n'est pas une première. Ni une dernière. Le clan des Blacks a déjà encaissé des coups. Mais le réseau tient. Ses filières d'approvisionnement — héroïne, cocaïne, cannabis — sont bien huilées. Les interpellations d'aujourd'hui ne signent pas sa fin. Elles ralentissent sa machine. Rien de plus.

Les habitants de la cité des Lauriers, eux, attendent. Ils veulent du calme. Pas de fusillades. Pas de dealers aux pieds des immeubles. Mais ils savent que d'autres prendront la place. L'argent est trop facile, le marché trop vaste. La police peut saisir 400 000 euros et mettre 20 personnes sous les verrous — le trafic reprendra, ailleurs, autrement.

Ce n'est pas une erreur de gestion. C'est un système. Et ce système a des noms. Le clan des Blacks en est l'un des rouages les plus anciens de Marseille.

Sources

  • Le Figaro Marseille — Nicolas Farmine, 25 juin 2026.
  • Wikipédia — article « Clan des Blacks », « Fusillade du 9 novembre 2024 à Marseille », « Proposition de loi relative à la sécurité globale ».

📰Source :youtube.com

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