Nucléaire : Mensonges d'État, scandales et risques cachés révélés

1000 fois plus radioactif que déclaré. Le chiffre fait froid dans le dos. C'est ce qu'a mesuré la CRIIRAD après Tchernobyl. Pourtant, l'État français maintenait son discours rassurant. Quarante ans de mensonges exposés — et des conséquences qui durent.
26 avril 1986 : quand le nuage s'arrêta (officiellement) aux frontières
Ce jour-là, le réacteur n°4 de Tchernobyl explose. À Paris, le professeur Pierre Pèlerin, responsable de la protection contre les rayonnements, se veut rassurant : "Aucun danger". Alain Madelin, ministre de l'Industrie, lance un numéro vert. Mais l'information, pas la radioactivité, circule librement.
La CRIIRAD naît dans la foulée. Ses premières mesures pulvérisent la version officielle. "Les retombées en France dépassaient jusqu'à 1000 fois les chiffres annoncés", révèle Bruno Charron, ingénieur nucléaire. Les cartes de contamination parlent d'elles-mêmes : Corse et Est de la France en première ligne. Pendant ce temps, le ministère de l'Agriculture affirmait que le territoire avait été "totalement épargné".
Pourquoi ce mensonge ? "L'AIEA — l'agence nucléaire de l'ONU — avait déclaré qu'on pouvait se permettre un Tchernobyl par an", lâche Julien Siren, directeur de la CRIIRAD. La machine était en marche.
Ces mines qui tuent à petit feu
200 mines exploitées. 56 ans d'activité. Des millions de tonnes de déchets radioactifs "oubliés" dans les inventaires. Le site des Bois Noirs, dans l'Allier, concentre à lui seul 1,5 million de tonnes de résidus. Avec un détail qui tue : ils baignent dans une rivière détournée.
"Orano place ses capteurs dans les zones les moins contaminées", accuse Siren. À 200 mètres, la CRIIRAD retrouve ces déchets recyclés en remblais. Dans des cours de ferme. Le long des routes. Le radon, ce gaz cancérigène issu des résidus ? Sous-estimé. L'OMS l'a classé dangereux dès 1987. Mais en France, les normes ont traîné. "Les industriels recalculent les doses pour rester sous les limites", dénonce Charron. Et ça marche.
Fukushima : ce que l'IRSN n'a pas voulu voir
Mars 2011. La catastrophe japonaise envoie ses particules jusqu'en France. L'IRSN minimise l'impact. Erreur technique ? "Non. Ils n'ont mesuré que les poussières, ignorant l'iode gazeux", rectifie Siren. La CRIIRAD, elle, a tout compté. Quatre à cinq fois plus que les chiffres officiels.
"C'est systémique. On sous-estime toujours les risques", assène Charron. Son livre "Le nucléaire, une énergie vraiment sans danger ?" démonte pièce par pièce ces manipulations. Un pavé dans la mare du lobby atomique.
Écoles, trottoirs, usines : la France radioactive qu'on vous cache
Nogent-sur-Marne. Une école Marie-Curie bâtie sur des déchets au radium. "Il a fallu trente ans pour la fermer", soupire Siren. Aujourd'hui encore, le trottoir adjacent crache des chiffres alarmants.
Le cas n'est pas isolé. La CRIIRAD a traqué des dizaines de sites pollués. "Les décontaminations ? Souvent incomplètes." À l'usine Creusot, des pièces nucléaires non conformes ont été certifiées aux normes. Falsification pure et simple. L'Autorité de sûreté nucléaire a dû créer un système de délation pour ses inspecteurs débordés. Ça donne une idée de l'ampleur.
Guerre, climat, drones : la triple menace
Zaporijia. La plus grande centrale d'Europe prise dans la guerre. "Ses lignes électriques sont régulièrement coupées", alerte Siren. Or un réacteur arrêté doit être refroidi en permanence. Sans courant, on joue aux dés avec des groupes électrogènes.
En France, le risque est nié. Pourtant, le changement climatique multiplie les dangers. Sécheresses. Inondations. Et ces drones qui survolent nos centrales ? Tchernobyl donne la réponse : en 2022, l'arche de confinement a été endommagée. Coût des réparations : 500 millions. La facture, toujours pour les citoyens.
L'addition que personne ne veut payer
880 tonnes de corium radioactif. C'est ce qui croupit dans les entrailles de Fukushima depuis 2011. "Ils n'ont réussi à en extraire que 1 gramme", souligne Charron. À Tchernobyl, le réacteur accidenté reste ingérable quarante ans après.
"Les coûts réels sont occultés", accuse le scientifique. Aux États-Unis, le site d'Hanford nécessitera des centaines de milliards. En France, personne ne chiffre l'héritage des mines d'uranium. "L'argument écologique du nucléaire est un leurre", tranche Siren. "Quand on intègre les déchets et les risques, le bilan est catastrophique."
Le dossier est loin d'être clos. À suivre — de très près.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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