Nestlé empoisonne les bébés africains avec du sucre

Une pratique scandaleuse
6 g de sucre. C’est ce que contient une portion de Cerelac en Afrique. À Genève ou à Paris, la même boîte affiche « sans sucres ajoutés ». Pourquoi ? Les bébés ivoiriens ont-ils des dents en acier ? Les bébés sénégalais sont-ils équipés d’un pancréas de super-héros ?
Nestlé joue avec la santé des enfants africains. En avril 2024, l’ONG suisse Public Eye a publié une enquête accablante. Résultat : les produits vendus en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud contiennent jusqu’à 50 % de sucre en plus que la moyenne mondiale. Et deux fois plus qu’en Inde.
« Une approche cohérente en matière de nutrition pour tous les bébés, partout dans le monde », assure Nestlé. Une déclaration que Laurent Gaberell, de Public Eye, contredit formellement : « Nestlé vend des produits sains en Europe, mais sature délibérément le marché africain en sucrose ». Voilà où ça se complique.
Une bombe sanitaire
En Côte d’Ivoire, le Programme national de nutrition tire la sonnette d’alarme. Le taux d’obésité infantile atteint 35 % dans certaines zones. Un chiffre effrayant. Pendant que les pays africains combattent la malnutrition d’un côté, Nestlé crée de potentiels diabétiques de l’autre.
Exemple frappant : le Milo vendu au Nigeria. 400 g de ce produit consommé chaque matin par les enfants contiennent plus de sucre que 6 cannettes de Coca-Cola. Une véritable addiction dès le berceau. L’OMS est claire : le sucre ajouté dans les produits pour bébés est dangereux. Il programme leurs goûts pour qu’ils ne veuillent que du sucré toute leur vie.
« C’est créer un client fidèle... mais futur malade », dénonce Public Eye. Nestlé agirait sous couvert de « compassion » et de « lutte contre la malnutrition ». Dans sa lettre de réponse à l’ONG, la multinationale parle d’anémie. Résultat : les parents associent Cerelac à des produits sains, quasi pharmaceutiques.
Des normes obsolètes
Les gouvernements africains sont-ils complices ? En Côte d’Ivoire, le ministère de la Santé et celui du Commerce sont censés veiller à la qualité des produits alimentaires. Au Sénégal, c’est le ministère de l’Industrie et du Commerce qui supervise via la DIPA. Mais leurs mains sont liées par des normes obsolètes.
« Nestlé joue avec les failles, explique Dimitri Doukoua. La norme locale autorise jusqu’à 7,5 g de sucre par portion. Nestlé essaie de diminuer, passant de 7 à 6 g. Mais c’est la norme qu’il faut revoir ». Ces normes datent parfois de l’époque où le sucre était vu comme une source d’énergie. Une vision dépassée.
« En Europe, il n’y a pas de sucres ajoutés. En Asie, ils ont soulevé la question et les sucres ont été retirés. C’est à nos dirigeants africains d’interpeller ces industries », insiste Doukoua. Mais analyser chaque lot de produits importés demande des moyens colossaux. Les structures manquent de techniciens et de matériel de pointe pour contredire les labos géants de Nestlé.
Une influence démesurée
Nestlé n’est pas qu’une multinationale. C’est un titan. L’entreprise sponsorise des colloques de médecins, fait du marketing agressif et a une influence énorme sur les décideurs africans. « C’est David contre Goliath, mais Goliath a ici tout le budget pub », ironise Public Eye.
En 2019, une première vidéo alertait sur les dangers des produits Nestlé en Afrique. En 2021, une enquête au Sénégal confirmait ces craintes. En avril 2024, Public Eye révèle que rien n’a changé. Pire : Nestlé continue de saturer le marché africain en sucres ajoutés, malgré ses promesses.
« Nestlé prétend que son sucre donne de l’énergie sans danger. Mensonge. Le mil, le sorgho et le maïs africains donnent la vraie force sans détruire les dents et le pancréas des enfants », martèlent les nutritionnistes. Pourquoi les bébés africains ont-ils droit à 90 carrés de sucre par mois dès l’âge de 6 mois ?
Des solutions urgentes
Les associations de consommateurs proposent quatre pistes. Premièrement, les gouvernements africains doivent aligner d’urgence leurs normes nationales sur les recommandations de l’OMS. Si c’est mauvais pour un bébé à Genève, c’est mauvais pour un bébé à Abidjan. Point barre.
Deuxièmement, taxer fortement les produits ultra-transformés trop sucrés et utiliser cet argent pour financer des labos de contrôle en Afrique. Troisièmement, encourager les alternatives locales comme le mil, le sorgho et le maïs. Enfin, taguer les marques sur les réseaux sociaux et demander des comptes. Les multinationales détestent que leur image de « marque saine » soit salie par des bad buzz.
« Nestlé dit “Good Food, Good Life”. On est d’accord, mais la “Good Life”, ça devrait être pour tous les bébés, pas seulement pour ceux qui ont un passeport européen », conclut Public Eye. À suivre.
Sources
- Public Eye
- OMS
- Programme national de nutrition (Côte d'Ivoire)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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