Narcotrafic : l'emprise gagne les villes moyennes

En 2024, la France a enregistré 367 assassinats ou tentatives liés au narcotrafic. Le marché de la drogue pèse 6,8 milliards d'euros. 200 000 personnes sont impliquées dans les réseaux — dont 10 000 mineurs, recrutés comme guetteurs, revendeurs ou passeurs. (Oui, vous avez bien lu.)
Une expansion silencieuse
Plus aucun territoire n'est échappé. Longtemps concentré à Marseille, la « matrice », le phénomène a gagné l'arc méditerranéen, puis les grandes villes du nord, de l'ouest, de l'est. Mais la vraie nouveauté, ces dernières années, c'est l'irruption dans les villes moyennes. Besançon, Alès, Valence, Avignon — des localités où des trafics locaux existaient déjà, mais où débarquent désormais des « franchises » du gang marseillais DZ. Ces groupes viennent reprendre des terrains, imposer une culture de l'ultra-violence — d'élimination complète des concurrents. Le cannabis n'est plus le seul produit. Place à la cocaïne.
Le témoignage d'un élu meurtri
Amine Kessassi ne mâche pas ses mots. Son frère a été tué par des trafiquants. Il le dit sans détour : « L'acte de bascule c'était il y a des années. C'était lorsque Nicolas Sarkozy a décidé le retrait de la police de proximité des quartiers. C'est lorsque la République a décidé d'abandonner les services publics dans ces endroits et de laisser la place aux narcotrafiquants. » Voilà.
Kessassi pointe le retrait de la police de proximité, décidé il y a un peu plus de vingt ans. Pendant plus de dix ans, la France a priorisé la lutte contre le terrorisme, redirigeant les moyens. La criminalité organisée en a profité.
Les forces de l'ordre n'ont pas cessé d'agir — saisies quotidiennes, arrestations régulières. Et pourtant, selon l'émission C dans l'air, « il y a une forme de dépassement de l'État partagé par certains policiers » et « la guerre est perdue pour certains ».
Un État débordé ?
Les narcotrafiquants ne se contentent plus de vendre de la drogue. Ils menacent les élus, rackettent les commerçants, quadrillent des quartiers entiers. « Ils viennent peser sur la vie publique. Le fait de faire régner dans certains endroits leur propre loi, leur propre fonctionnement. Ça, c'est un vrai danger pour la démocratie, même au sens large. » — un danger que la source ne minimise pas.
Ce que ça dit de la France
Et la demande, dans tout ça ? « S'il y a des vendeurs, c'est parce qu'il y a des consommateurs », rappelle la source. Tant que l'offre et la demande fonctionneront, les narcotrafiquants — puissants, armés, nombreux — pèseront.
Sources : C dans l'air (YouTube). Les données chiffrées et les citations sont issues du débat diffusé sur C dans l'air.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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