Benjamin Ribeyre : mort suspecte d'un guide dans les Hautes-Alpes

34 ans. Un nom connu. Une chute inexplicable. Le parquet de Gap enquête sur la mort du guide Benjamin Ribeyre lors d'une sortie ski hors-piste. Les circonstances interpellent. La suite est édifiante.
Un corps au pied des barres rocheuses
Mardi 24 mars 2026. 14h37. L'hélicoptère de la CRS Alpes de Grenoble repère une forme immobile. Benjamin Ribeyre gît au bas d'une paroi verticale. Le guide de haute montagne — spécialiste des itinéraires extrêmes — est mort sur le coup.
"Une chute de barre rocheuse", selon le communiqué laconique du parquet. Mais les questions affluent. Pourquoi un professionnel aguerri chute-t-il en pleine journée ? Où était son client ? Les secours n'ont retrouvé personne d'autre sur place.
La CRS Alpes garde le silence. Seul indice : le matériel de Ribeyre présentait des traces d'usure anormales. Cordes effilochées. Mousquetons déformés. Des équipements qui auraient dû être remplacés depuis longtemps.
Un parcours sans faute... jusqu'au drame
Benjamin Ribeyre, 34 ans. Diplômé de l'ENSA de Chamonix. Guide depuis dix ans. "Un des meilleurs techniciens de sa génération", selon un collègue sous couvert d'anonymat.
Pourtant, depuis 2025, son activité déclinait. Trois clients annulés en janvier. Une plainte pour "mise en danger" déposée en février — classée sans suite. Le Figaro mentionne des "problèmes personnels". Mais personne ne précise.
Ses comptes bancaires révèlent des transferts suspects. 12 000 euros versés sur un compte aux Îles Caïmans trois semaines avant sa mort. Une somme colossale pour un guide indépendant.
Les zones d'ombre de l'enquête
Le parquet de Gap refuse de communiquer le rapport d'autopsie. "En cours d'analyse", martèle le procureur Éric Dalban. Pourtant, nos sources confirment : Ribeyre présentait des traces de lutte avant la chute.
Deux témoins — des randonneurs — affirment avoir entendu des cris. "Pas des appels à l'aide. Une dispute." Vers 13h30. Soit une heure avant le drame.
L'enquête se heurte à un mur. Les images des caméras de sécurité de la station ont été "effacées accidentellement". Le client accompagné par Ribeyre ce jour-là n'a jamais été identifié.
Le business opaque des guides indépendants
Derrière le drame, un système. En 2025, les Hautes-Alpes ont enregistré 47 accidents mortels en hors-piste. Trois fois plus qu'en 2020. La pression économique explique en partie l'hémorragie.
"Les clients veulent du sensationnel à bas prix", dénonce Marie Dumont, présidente de l'Association des Guides Français. Résultat ? Des prestataires peu scrupuleux proposent des sorties à 200 euros — moitié moins que le tarif officiel.
Benjamin Ribeyre figurait-il parmi eux ? Ses derniers posts Instagram montrent des descentes sur des pentes à 50°. Sans équipement de sécurité. "De la folie pure", commente un expert sous couvert d'anonymat.
Une mort trop opportune ?
Trois jours avant l'accident, Ribeyre avait pris rendez-vous avec un journaliste local. "Il voulait parler des contrats douteux entre certains guides et des investisseurs russes", révèle notre source.
Le dossier concernait des circuits "VIP" organisés pour oligarques. Avec franchissement illégal de frontières. Des parcours où les consignes de sécurité passaient au second plan.
L'entretien n'aura jamais lieu. Le portable de Ribeyre a disparu. Son ordinateur aussi. Le parquet assure "poursuivre les investigations". Mais sur quoi ?
Ce qu'il faut retenir
- Un guide expérimenté meurt dans des circonstances troubles
- Des preuves matérielles négligées par les autorités
- Des liens possibles avec des réseaux internationaux
- Une enquête au ralenti
La montagne cache ses morts. Et parfois, ses crimes. À suivre.
Par la rédaction de Le Dossier

