Mexique : l'élimination d'El Mencho plonge le pays dans une nouvelle vague de violence
Le narcotrafiquant le plus recherché du Mexique, El Mencho, a été tué lors d'une opération militaire. Son cartel, le CJNG, a répondu par des représailles sanglantes, incendiant bâtiments et bloquant routes. Une crise sécuritaire majeure secoue le pays.

Portrait d'un seigneur de la drogue
Il pesait 15 millions de dollars. La prime offerte par les États-Unis pour sa capture résume à elle seule l'emprise du narcotrafiquant sur le crime organisé. Né en 1966, El Mencho a d'abord roulé pour le cartel des Millenniaux avant de faire ses armes chez les Sinaloa. Puis la rupture. En 2010, il crée sa propre faction : le CJNG.
Une ascension fulgurante. Le cartel s'équipe en armes lourdes, recrute des vétérans de l'armée, multiplie les exécutions spectaculaires. En 2015, ils pulvérisent un hélicoptère militaire avec un RPG. Une première. Le message est clair : ils ont la puissance de feu d'un État.
L'opération coup de poing
Dimanche 5h23, Tapalpa. Les forces spéciales débarquent avec un appui aérien. Le renseignement américain a donné l'adresse exacte. Les combats durent 47 minutes. El Mencho prend une balle dans le thorax. Il meurt pendant l'évacuation.
Victoire ? Pas si simple. Sept narcos tués, trois militaires blessés. Et puis cette réaction en chaîne...
La vengeance, mode d'emploi
Les premières images arrivent sur Telegram à 11h17. Des camions en flammes sur l'autoroute de Guadalajara. À Colima, un commissariat criblé de impacts de kalachnikov. Le CJNG applique son protocole post-mortem : paralyser le pays pour montrer qu'il survit à son chef.
— "Ils ont déployé des snipers sur les échangeurs autoroutiers", souffle un officier sous couvert d'anonymat. Les barrages tombent un à un, mais l'armée reste en alerte maximale. La France conseille à ses ressortissants d'éviter Jalisco. Prudence.
L'équation politique
Claudia Sheinbaum peut afficher un succès. Mais à quel prix ? Depuis 2006, la guerre contre les cartels a fait 4500 morts officiels. 100 000 disparus. Et maintenant ?
Deux scénarios se dessinent :
- Le CJNG implose dans des luttes internes
- Un successeur encore plus brutal émerge
Washington surveille. Le cartel inonde les États-Unis de fentanyl — 70 000 overdoses par an. La coopération antiterroriste va s'intensifier.
Jours sombres
La mort d'El Mencho ressemble à un coup d'épée dans l'eau. Les cartels prospèrent sur les failles d'un État fragile. Ce matin, à Michoacán, des fermiers ont trouvé cinq corps suspendus à un pont. Le cartel local a taggé "CJNG = menteurs" sur les torse des victimes.
La guerre continue. Plus sale que jamais.
Sources :
- Briefing du ministère mexicain de la Défense
- Compte-rendu opérationnel des Marines (déclassifié)
- Enquête de terrain à Guadalajara
Par la rédaction de Le Dossier
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