Méditerranée : comment l'Europe du Sud a perdu la bataille géopolitique

1995-2026. Trois décennies d'illusions perdues. L'Union pour la Méditerranée ? Un naufrage à l'européenne, lent, prévisible — et pourtant toujours aussi douloureux.
Le rêve fracassé de Barcelone
Tout avait si bien commencé. Les signatures, les discours, les promesses. Quinze pays européens, dix voisins méditerranéens autour de la même table en 1995. Objectif affiché : transformer cette mer en pont plutôt qu'en frontière.
Et pourtant. Trente ans plus tard, les faits parlent d'eux-mêmes. La faute à qui ? À Berlin d'abord, qui a systématiquement privilégié l'élargissement vers l'Est. Résultat : une Union pour la Méditerranée créée en 2008, mais déjà moribonde.
Pendant ce temps, la Chine raflait les contrats portuaires. Bruxelles, elle, ergotait sur des directives techniques.
Quand Rome et Ankara redessinent la carte
Georgia Meloni n'a pas perdu de temps. En six mois, la cheffe du gouvernement italien a enchaîné Alger, Tunis, Tripoli, Le Caire. Deux mots d'ordre : sécuriser le gaz et externaliser la gestion des migrants.
De l'autre côté, Erdogan joue son va-tout. Après avoir musclé sa présence en Libye et menacé Chypre, le voilà qui découvre d'importants gisements en mer Noire. Deux levier désormais entre ses mains :
- Un chantage migratoire renforcé face à l'UE
- Une présence militaire incontestée en Afrique du Nord
La France, spectatrice malgré elle
"Nous sommes en train de devenir invisibles." Ce constat d'un diplomate français résume tout. Trois revers cuisants :
- Énergie : l'Algérie préfère désormais traiter avec l'Italie
- Migrations : Tunis signe avec Rome, sans même consulter Paris
- Militaire : retrait progressif du Sahel, abandon de zones d'influence
Voilà le tableau. Berlin et Rome ont verrouillé leurs alliances. La France ? Elle regarde, impuissante.
Trois scénarios pour éviter le naufrage
Que reste-t-il comme options ?
Première piste : continuer comme avant. S'en remettre aux États-Unis pour la sécurité, au Qatar pour l'énergie. Une lente érosion programmée.
Deuxième solution : s'aligner sur la realpolitik de Meloni. Mais à quel prix ? Perdre le peu de souveraineté qui nous reste.
Dernière chance : réagir. Former un bloc méditerranéen avec l'Espagne et la Grèce. Trois mesures chocs :
- Un bouclier anti-missiles commun
- Un fonds d'investissement dédié
- Une politique migratoire co-construite avec le Maghreb
"La Méditerranée, c'est notre avenir ou notre tombeau." La formule de Dupuit, ancien ambassadeur, sonne comme un ultimatum. Reste à voir si quelqu'un, du côté de l'Élysée, a encore envie d'entendre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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