Masculinisme : la menace réelle que l'État veut combattre en 2026

Le 6 décembre 1989 — le premier féminicide de masse
Tout commence à Montréal. Un homme de 25 ans, Marc Lépine, s'introduit dans une salle de cours de l'École Polytechnique. Il est armé d'une carabine semi-automatique. En vingt minutes, il assassine quatorze femmes. Son crime est explicitement revendiqué comme antiféministe. C'est le premier féminicide de masse de l'histoire.
Jusque-là, le masculinisme restait marginal. Quelques groupes émergeaient à la fin des années 1950 en Amérique du Nord, portés par des magazines comme Playboy ou Penthouse, où des pères divorcés se présentaient comme des victimes de leurs ex-conjointes. Ils dénonçaient le partage des biens, les pensions alimentaires. Un imaginaire se dessinait déjà : celui de la femme manipulatrice, intéressée par l'argent.
Mais le 6 décembre 1989 change tout. Le monde découvre que cette idéologie peut nourrir une violence extrême. Le masculinisme cesse d'être une série de revendications isolées. Il devient une menace.
1999 — la pilule rouge
Quatorze ans plus tard, un film change la donne. Matrix sort en 1999. Dans une scène devenue culte, le héros doit choisir entre une pilule bleue — la réalité illusoire — et une pilule rouge — la vérité. Rien à voir avec les femmes, à l'origine.
Sauf que des communautés en ligne vont totalement détourner cette métaphore. La « red pill » devient le symbole de la sortie du mensonge féministe. Les masculinistes se présentent comme des éveillés, des hommes qui ont compris les « vraies règles » des relations femmes-hommes. Le discours se structure. Il gagne du terrain.
Avec l'explosion d'Internet dans les années 2000, les influenceurs, coachs en séduction et pseudo-entrepreneurs se multiplient. Leurs messages sont simples : « La femme voit d'abord son intérêt avant de voir le vôtre. » « Le féminisme ne cherche pas l'égalité, il cherche la domination. »
Et puis il y a les incels — les célibataires involontaires. Ceux qui estiment que les femmes sont responsables de leur solitude et de leurs échecs. En 2014, Eliot Roger, 22 ans, tue six personnes en Californie après avoir publié un manifeste antiféministe. Il devient une référence chez certains incels.
2024 — « Ton corps mon choix »
Le 6 novembre 2024, quelques heures après l'élection de Donald Trump, un influenceur américain nommé Nick Fuentes publie une vidéo. Le slogan ? « Ton corps mon choix ». Une phrase qui ressemble à une blague, mais qui sera partagée des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. Utilisée pour harceler des femmes en ligne.
Nick Fuentes n'est pas un inconnu. Nationaliste, raciste, négationniste, il est devenu très populaire auprès de la jeunesse américaine. Il incarne la radicalisation d'une partie de la manosphère — cet écosystème de sites, forums et comptes qui promeuvent une vision viriliste et antiféministe du monde.
Et ce discours n'épargne pas la France. En 2025, le baromètre sur le sexisme révèle que 45% des hommes de moins de 35 ans estiment qu'il est difficile d'être un homme dans la société actuelle.
2026 — l'État réagit
Face à l'ampleur du phénomène, les pouvoirs publics commencent à s'émouvoir. Dans son rapport annuel, le Haut Conseil à l'Égalité (HCE) qualifie le masculinisme de « menace réelle ». L'institution appelle à mettre en place une stratégie nationale de prévention et de lutte dès 2026.
Le baromètre 2025 indique que 100 millions de Français adhéreraient au sexisme hostile — c'est-à-dire des attitudes agressives et dévalorisantes envers les femmes. Par exemple, être d'accord avec l'idée qu'une femme victime d'agression sexuelle puisse être en partie responsable de sa situation.
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 4 · 2026-04-19
Carburants, délocalisations : le Rassemblement National attaque Macron sur deux frontsÉpisode 7 · 2026-05-12
Ballard assure que tout est validé – les juges, eux, n'ont pas fini avec le RNÉpisode 8 · 2026-05-12
Ballard ment-il sur la validation des fraudes du RN à Bruxelles ?Épisode 9 · 2026-07-01
RN : quatre questions sur les nouveaux soupçons de détournement de fonds européensÉpisode 10 · 2026-07-17
RN : le huis clos qui en dit long sur les fractures internesÉpisode 11 · 2026-07-21
Rassemblement national : un piratage, une plainte, un silenceÉpisode 13 · 9 AOÛT 2026
Masculinisme : la menace réelle que l'État veut combattre en 2026


