LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 7/5

Macron, Attal et Rotaillot contre le 1er mai : l'offensive ultralibérale contre les droits des travailleurs

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-28
Illustration: Macron, Attal et Rotaillot contre le 1er mai : l'offensive ultralibérale contre les droits des travailleurs
© YouTube

1,4 million de salariés concernés. 108 000 signatures contre. 22 boulangeries contrôlées en 2025. Derrière les arguments de "liberté", le gouvernement et la droite préparent la casse d'un symbole ouvrier vieux de 138 ans. Et pourtant.

"Les boulangers peuvent ouvrir le 1er mai" : le mensonge d'État

Gabriel Attal répète son mantra comme un perroquet : "Les boulangers ne peuvent pas ouvrir le 1er mai." Faux. Archi-faux. Les boulangeries peuvent ouvrir — elles n'ont juste pas le droit d'y faire travailler leurs salariés.

Myriam Lebkiri (CGT) balance : "Attal ? Un mythomane. Les patrons boulangers travaillent déjà ce jour-là. Leur comédie sent le réchauffé."

La suite donne froid dans le dos. Le vrai objectif ? Permettre à Carrefour City, IKEA et Jardiland d'ouvrir grandes leurs portes. Le texte initial — rejeté le 10 avril 2025 — concernait 1,4 million de salariés. La version "light" déposée en urgence le 17 avril ? Toujours 200 000 travailleurs sacrifiés.

Volontariat ? Une blague. "C’est devenu un critère d’embauche depuis les lois travail du dimanche", rappelle Lebkiri. Les chiffres de l’inspection du travail sont éloquents : 0,06% des boulangeries contrôlées en 2025. Attal promet même l’impunité : "Aucune amende si vous ouvrez". Un coup de force contre le code du travail — oui, vous avez bien lu.

Le RN en première ligne, Macron en coulisses

Hervé Marseille et Annick Billon, sénateurs LR, ne sont pas des débutants. Marseille avait déjà tenté de limiter le droit de grève des cheminots en 2023. Leur technique ? Un cavalier législatif glissé dans un projet de loi sur "la liberté d’entreprendre".

Mais voilà le vrai scoop : le Rassemblement National soutient ouvertement la mesure. Marine Le Pen en a fait l’argument phare de son meeting du 1er mai 2026 à Mâcon. "C’est du Pétain 1941 : vider la journée de son sens révolutionnaire", analyse Ludivine Bantigny.

Macron, lui, joue les équilibristes. Après avoir reculé en 2025 sur les jours fériés, il laisse Attal prendre les coups. Une stratégie bien rodée : tester l’opinion avec des propositions-chocs, puis ajuster le tir.

1886-2026 : pourquoi ils veulent enterrer le 1er mai

Chicago, 1886. 300 000 grévistes descendent dans la rue pour réclamer la journée de 8 heures. La répression fait 7 morts. Quatre syndicalistes sont pendus. Leur dernier cri ? Vive l’anarchie !

Le 1er mai incarne cette lutte depuis 138 ans. Pas un simple "jour férié" : une conquête arrachée dans le sang. Le régime de Vichy l’avait rebaptisé "Fête du travail et de la Concorde nationale". Même technique aujourd’hui : "On parle de 'liberté de travailler' pour masquer la régression", tonne Lebkiri.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La défiscalisation des heures supplémentaires — mesure phare de Sarkozy en 2007 — a coûté 4,5 milliards par an. Résultat ? Aucun impact sur l’emploi. Le SMIC net stagne sous les 1500€. "Les travailleurs veulent des salaires, pas des heures sup’", résume Lebkiri.

Le patronat fabrique son consentement

74% des Français favorables au travail le 1er mai ? Ce chiffre provient d’un sondage… commandé par la CPME, le lobby patronal derrière la réforme. "Poser la question sans évoquer les salaires, c’est truquer le débat", accuse Boganda.

La pétition intersyndicale, elle, a récolté 108 000 signatures en trois semaines. Un record. Preuve que la résistance s’organise. "On nous vole nos existences", pouvait-on lire sur une pancarte lors des manifestations contre la réforme des retraites.

Prochaine cible : le 8 mars ?

Sophie Binet (CGT) propose de faire du 8 mars un jour férié. Une contre-offensive symbolique. "Pourquoi pas ? C’est une journée née des luttes féministes", soutient Bantigny. Le gouvernement, lui, traîne des pieds pour transposer la directive européenne sur l’égalité salariale.

À suivre : le texte sera-t-il voté avant le 1er mai 2027 ? Une certitude : l’inspection du travail — déjà sous-dotée — n’aura pas les moyens de contrôler. Les comptes en banque des multinationales, eux, ne mentent jamais.

Comme en 1886, la lutte continue.

Sources :

  • Transcript vidéo YouTube (28/04/2026)
  • Rapport sénatorial Fabien Gu (2025)
  • Archives historiques Chicago Tribune (1886)
  • DREES - Chiffres inspection du travail (2025)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 7 · 2026-04-28

Macron, Attal et Rotaillot contre le 1er mai : l'offensive ultralibérale contre les droits des travailleurs

Sur le même sujet