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Bruno Retailleau face au choc pétrolier et à la montée du RN

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Bruno Retailleau face au choc pétrolier et à la montée du RN
© YouTube

Le choc pétrolier : une bombe à retardement

"5 milliards d'euros par an." Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, lance l'alerte. Hier, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a évoqué un nouveau choc pétrolier. Une nouvelle qui tombe comme un coup de massue pour les Français déjà étranglés par l'inflation.

Le gouvernement semble perdre pied. Des mesures ici, des annonces floues là. Rien de concret. Pourquoi ? Parce que le conflit international qui fait flamber les prix n'est pas près de s’arrêter. Les négociations en cours restent incertaines, et le temps presse.

Bruno Retailleau rappelle : Les Républicains ont fait de l'énergie leur priorité lors de l'examen du budget. "Nous avons dit qu'il fallait générer plus d'économies." Pour protéger le pouvoir d'achat. Pour agir efficacement, comme l'Italie, l'Espagne ou l'Allemagne.

Mais le gouvernement tergiverse. Roland Lescure parle de choc pétrolier. Sébastien Lecornu, ministre de l'Intérieur, assure qu'il n'y a pas de pénurie. Qui croire ? Les Républicains exigent des explications claires. Et surtout, des actions rapides.

Municipales : victoire en trompe-l'œil ?

57 % des villes de plus de 9 000 habitants sont dirigées par des maires LR ou leurs alliés. Un chiffre qui impressionne. Mais derrière cette façade, une réalité plus trouble s’esquisse.

Le Rassemblement national avance. Il a conquis 40 communes de plus de 9 000 habitants. Une progression limitée ? Peut-être. Mais inquiétante. Le RN s'installe dans des territoires où il était absent — Alsace, Sarthe. Et se renforce dans ses bastions — sud-est, Occitanie, bassin minier.

Bruno Retailleau minimise : "La percée du RN est très limitée." Pourtant, les chiffres du ministère de l'Intérieur montrent une tendance claire. Le RN progresse. Les Républicains doivent réagir pour stopper cette hémorragie.

Prenez Lyon. Jean-Michel Elas, candidat LR, a fait un meilleur score qu'en 2020. Mais il a perdu de justesse face à la gauche. "Moins d'un point d'écart." Une défaite qui interroge. Comment reconquérir les grandes villes — Paris, Lyon, Marseille — où la droite peine à s'imposer ?

La loi PLM, qui a modifié le mode de scrutin dans ces trois villes, est pointée du doigt. Les Républicains s'y opposaient. Et pour cause. Elle n'a rien apporté, selon Bruno Retailleau. Ni en termes de proximité, ni en intelligibilité du scrutin.

Fractures internes chez Les Républicains

La ligne politique des Républicains est-elle claire ? La question divise. Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a appelé à un candidat unique pour 2027. Un candidat qui irait d'Edouard Philippe à Sarah Knafo. Une proposition qui suscite l'incompréhension.

Bruno Retailleau réagit fermement. "Notre ligne est claire." Pas de porosité avec le RN. Pas d'alliance avec les extrêmes. Les quelques exceptions — Marcine Vassal à Marseille — ont été sanctionnées. Et pourtant, l'ambiguïté demeure.

Prenez l’échec de Rachida Dati à Paris. Sarah Knafo, proche d'Éric Zemmour, a coûté cher à la candidate LR. Mais Bruno Retailleau refuse de lier les deux. "Je n'ai pas vu d'alliance entre Dati et Knafo." Une lecture qui ne convainc pas tous les observateurs.

Les municipales ont aussi révélé des fractures internes. Bruno Retailleau n'a pas soutenu Christian Estrosi, membre d'Horizon, lors de l'entre-deux-tours à Nice. Une décision qui a suscité des critiques au sein du groupe LR. Mais Retailleau assume. "J'ai appelé à respecter les accords."

Les sénatoriales à l’horizon

En septembre 2023, la moitié du Sénat sera renouvelée. Les Républicains, qui comptent actuellement 130 sénateurs, espèrent limiter les pertes. Mais la tâche s'annonce ardue.

Le RN pourrait créer son propre groupe au Sénat. Une menace pour Les Républicains, qui pourraient voir certains de leurs sénateurs tentés de rejoindre ce nouvel espace politique. Bruno Retailleau reste confiant. "Nous ferons tout pour que ce ne soit pas le cas."

La perte de Nice, traditionnel bastion LR, est un coup dur. Elle pourrait avoir des répercussions sur les sénatoriales dans les Alpes-Maritimes. Mais Les Républicains espèrent compenser ces pertes par des gains ailleurs.

Bruno Retailleau : futur président du Sénat ?

Bruno Retailleau est de plus en plus perçu comme un futur président du Sénat. Une perspective qu'il écarte pour l'instant. "Nous avons un excellent président." Gérard Larcher, actuel président du Sénat, bénéficie de sa confiance.

Mais Retailleau ne cache pas ses ambitions. "Je crois en notre famille politique." Pour lui, Les Républicains doivent porter une voix singulière sur des sujets clés — sécurité, économie, pouvoir d'achat. Et surtout, incarner cette voix lors de l'élection présidentielle de 2027.

La question du candidat reste ouverte. Primaire ouverte, primaire fermée, ou choix direct ? Bruno Retailleau penche pour la dernière option. "Je ne suis pas un adepte des primaires." Une position qui pourrait bien s'imposer dans les mois à venir.

Et pourtant, la route sera longue. Les Républicains doivent d'abord affronter les sénatoriales. Et prouver qu'ils peuvent encore être une force politique incontournable.

Par la rédaction de Le Dossier

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