Lord Cooper : sa femme a payé 150 000 € pour le faire assassiner

Le contrat de mariage qui valait 2,5 millions de livres
Tout commence à Cannes, sur les hauteurs du quartier Californie. Un appartement de 400 m² avec vue mer. Estimé à plus d’un million d’euros. C’est le cadeau de mariage qu’Anthony Cooper offre à Jamila en 2002.
Le lord a 64 ans. Elle en a 41. Elle est call-girl, rencontrée par une agence suisse. Lui est le 10e comte de Chasbury — héritier d’une lignée d’aristocrates anglais qui a fait voter l’Habeas Corpus au XVIIe siècle. Sa fortune ? Environ 20 millions de livres sterling à l’époque. Immobilier en Écosse, à Londres, en France. Une collection d’art de 2 millions de livres. Un lac en Irlande qui génère des revenus astronomiques.
Le contrat de mariage est signé le 5 novembre 2002. Il prévoit des sommes mensuelles de 10 000 à 20 000 € pour Jamila. En plus : le moulin d’Angers, l’appartement cannois, et une clause testamentaire qui lui garantit 2,5 millions de livres en capital en cas de décès. Le tout lié à une propriété irlandaise.
Mais il y a une condition. Une clause qui change tout. Si le divorce est prononcé, le testament devient caduc. Jamila perd son titre de comtesse. Elle perd tout.
Le lord demande le divorce en 2004. Il a découvert que la grossesse annoncée par Jamila n’a jamais existé. Il veut rompre. Elle refuse. Elle exige plus d’argent. Une bataille juridique s’engage.
C’est là que l’engrenage commence.
5 novembre 2004 : la disparition du lord
Ce jour-là, Anthony Cooper reçoit un appel. Il quitte son domicile cannois. On ne le revoit plus jamais.
Sa famille signale sa disparition le 16 novembre. La police judiciaire de Nice ouvre une enquête. Très vite, les soupçons se portent sur Jamila. Elle est la dernière à l’avoir vu. Elle hérite en cas de décès.
En février 2005, Jamila craque. Elle avoue : son frère Mohamed a étranglé le lord lors d’une bagarre. Elle dit que c’était un accident. Mais les enquêteurs ne la croient pas.
Le 21 février, un mandat d’arrêt européen est émis contre Mohamed. Il est arrêté en Allemagne en mars. Il nie tout. Il prétend avoir un alibi à Munich.
Sauf que les bornages téléphoniques le trahissent. Son téléphone a accroché sur la Côte d’Azur dans la nuit du 4 au 5 novembre. Il a fait le trajet Munich-Cannes en voiture. Pas de doute.
L’affaire prend un tournant décisif le 31 mars 2005. Ce jour-là, la juge d’instruction fait poser des micros dans le parloir de la prison. Jamila reçoit la visite de sa sœur Naima. La conversation dure une heure. Tantôt en français, tantôt en arabe.
Les enquêteurs entendent tout. Naima demande à Jamila si elle a bien donné les 150 000 € à Mohamed. Jamila répond : « Oui, je lui ai donné les 150 000 €, mais faut pas le dire. »
Le prix du contrat. Enregistré.
Les vérifications bancaires confirment les transferts. Du compte de Jamila vers celui de Mohamed. Plusieurs versements.
Le mobile est clair : l’héritage.
Le corps dans la décharge : double fracture du larynx
Pendant ce temps, les recherches s’intensifient. Le 5 avril 2005, cinq mois après les faits, les policiers localisent la dépouille. Le corps d’Anthony Cooper a été jeté dans une décharge sauvage, recouvert de feuilles. Les charognards ont grignoté la chair. Il ne reste que des os et des vêtements.
Les experts déterminent une double fracture du larynx. Étranglement. Très vraisemblablement un meurtre.
La reconstitution, au printemps 2005, montre que Mohamed n’a pas pu agir seul. La corpulence du lord et le transport du corps exigent un complice. Jamila est là.
Le 22 mai 2007, le procès s’ouvre à la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Mohamed revendique son innocence. Il dénonce ses conditions de détention. Il parle d’un « coup de poing » accidentel.
La présidente fait diffuser les enregistrements du parloir. Silence dans la salle. On entend Jamila donner des ordres, manipuler sa sœur, cacher l’argent. L’avocat général n’a même pas besoin de plaider longtemps. Tout est dit.
Jamila est condamnée à 25 ans de réclusion criminelle pour assassinat. Son frère Mohamed écope de la même peine. Elle est jugée indigne de la succession. Elle ne touchera rien.
Mais le mal est fait. La famille du lord est anéantie. Son fils Nicolas Hley Cooper a assisté au procès. Il a vu la femme de son père empochée par la justice.
L’autre affaire : 800 km pour tuer sa femme et garder la maison
La même année 2004, à 800 km de là, une autre tragédie se joue. Gérard, 53 ans, et Marie-Odile, 53 ans, sont en instance de divorce. Leur maison de Chavigny, dans la banlieue de Nancy, est au cœur du conflit. Gérard ne supporte pas l’idée de la perdre. Il est prêt à tout.
Le 12 juillet 2004, il prend son camping-car. Il parcourt 800 km depuis Nice jusqu’à Chavigny. Il gare le véhicule au bout de la rue. Marie-Odile lui ouvre. Ils discutent dans le garage.
Selon Gérard, la conversation dérape. Elle l’humilie, l’insulte. Il « voit rouge ». Il la frappe avec un bâton. Puis il la transporte dans la salle de bain, la lave dans la baignoire pour soigner ses blessures. Mais elle meurt.
Que fait-il ensuite ? Il maquille le crime. Il met le corps dans la voiture de Marie-Odile, la conduit au bord de la Moselle, laisse la voiture. Il rentre à pied, nettoie la maison, repart à Nice.
Les gendarmes de Nancy retrouvent le corps le 16 juillet. L’autopsie révèle des coups violents à la tête. Mort certaine. Pas accidentelle.
Le bornage téléphonique de Gérard le trahit. Son téléphone a accroché près de la scène de crime. Il a fait l’aller-retour en moins de 24 heures. Impossible de nier.
Placé en garde à vue le 16 juillet, Gérard nie d’abord. Puis il écrit une lettre d’aveux au juge le 27 août. Il explique qu’il voulait juste discuter. Mais les preuves sont accablantes.
La préméditation retenue : 30 ans, réduits à 25
Le procès s’ouvre le 9 octobre 2007 à la cour d’assises de Nancy. Les deux enfants du couple sont présents. Ils ne parlent plus à leur père depuis l’arrestation. L’ambiance est glaciale.
Gérard maintient la thèse de l’accident. Mais les expertises contredisent sa version. Peu de traces de sang dans le garage — alors que la scène fatale aurait dû s’y dérouler. En revanche, du sang est retrouvé dans la salle de bain, le couloir, le coffre de la voiture. Le réactif Blue Star a tout révélé.
Un collègue de travail témoigne : Gérard lui a dit un jour : « Soit je lui mets un coup de fusil, soit je me mets un coup de fusil. » La menace était claire.
Pour l’accusation, le mobile est l’argent. Gérard voulait éviter la vente de la maison et le partage des biens. Il avait planifié le crime : le long trajet, la mise en scène, le nettoyage.
Le 9 octobre 2007, la cour le condamne à 30 ans de réclusion criminelle pour assassinat. Il fait appel. En appel, la préméditation est confirmée, mais la peine réduite à 25 ans.
Aujourd’hui, Gérard est sorti de prison. La maison a été vendue 200 000 €. Gérard a touché sa part (50 %). Les deux enfants ont reçu la part de leur mère. La famille est détruite. Plus aucun lien.
Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
L’argent, ce moteur qui tue : deux crimes, une même folie
En 2024, la France a enregistré 976 homicides — une baisse de 2 % pour la première fois depuis 2020. (Source : interieur.gouv.fr.) Mais les tentatives d’homicide augmentent de 7 %. Et dans ces chiffres, combien de drames familiaux liés à l’argent ?
Les deux affaires que nous avons détaillées ne sont pas des exceptions. Elles sont le symptôme d’un système où l’héritage, le divorce et la propriété deviennent des motifs de meurtre.
Selon un sondage Yougov de 2025, 74 % des Français souhaitent une baisse des droits de succession (source : Capital.fr). L’abattement pour un frère ou une sœur est de 15 932 € (source : Syage.notaires.fr). Le plafond annuel pour un couple marié est de 11 322,77 € (source : Cyriljarnias.fr). Des sommes qui poussent à la convoitise.
Dans l’affaire Cooper, Jamila a tué pour 2,5 millions de livres. Dans l’affaire Gérard, il a tué pour une maison de 200 000 €. L’argent n’a pas de seuil. Il rend fou. Il tue.
Le Sénat a maintenu la majorité absolue pour les successions (loi 2026-248 du 7 avril 2026). Mais les familles, elles, ne se reconstruisent pas.
L’enquête continue.
Sources
- Transcript de vidéo YouTube (enquête criminelle détaillée)
- Ministère de l’Intérieur – Statistiques des homicides 2024 (interieur.gouv.fr)
- Capital.fr – Sondage Yougov 2025 sur les droits de succession
- Syage.notaires.fr – Abattement successoral entre frères et sœurs
- Hagnere-patrimoine.fr – Loi 2026-248 sur le maintien de la majorité absolue
- Cyriljarnias.fr – Plafonds annuels pour les donations 2026
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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