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EXCLUSIF : Les journalistes des Grands Lacs pris en étau entre M23 et armée congolaise

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-26
Illustration: EXCLUSIF : Les journalistes des Grands Lacs pris en étau entre M23 et armée congolaise
© YouTube

Un bilan glaçant

Depuis 2021, cinq journalistes ont été abattus dans l'est de la RDC. Tous couvraient le conflit entre le M23 et les FARDC. Tous assassinés en toute impunité.

La région des Grands Lacs ? Un cimetière à ciel ouvert pour la liberté de la presse. RSF le confirme : aucun endroit en Afrique n'est plus hostile aux reporters. Six pays concernés, mais un épicentre — la RDC, où la moitié des 500 arrestations de la décennie ont eu lieu.

"Entre balles et pressions, impossible de travailler", témoigne un correspondant local sous couvert d'anonymat. Les faits sont têtus : ici, chaque reportage peut valoir une condamnation à mort.

Pris entre deux feux

Goma, Bukavu, Beni. Ces noms résonnent comme autant de pièges pour les journalistes. Pris entre les menaces du M23 ("Parlez de nous, mais dans notre sens") et les intimidations des militaires ("Ne montrez pas nos déroutes"), les reporters marchent sur des œufs.

Les radios locales paient le prix fort. Leur crime ? Avoir continué à diffuser quand les combats faisaient rage. Résultat : studios incendiés, équipements saccagés, équipes dispersées.

Et pourtant, ces médias constituent souvent le seul lien entre les populations et le monde extérieur. "Quand une radio tombe, c'est tout un village qui devient sourd", explique un responsable de RSF.

La valise ou le cercueil

Choix impossible : risquer sa vie quotidiennement ou tout abandonner. Beaucoup ont opté pour l'exil. D'autres ont déposé leur micro.

Et ceux qui restent ? Ils survivent. Littéralement.

En 2023, le correspondant d'AFP Espérance Mawanzo échappe de justesse à une tentative d'enlèvement. En 2024, la journaliste Christine Tshibuyi trouve refuge en Belgique après des menaces répétées. En 2025, la radio communautaire Ushikira cesse d'émettre après l'assassinat de son directeur.

"Partir ou mourir", résume amèrement un ancien rédacteur en chef de Goma. La preuve par trois.

L'information sous contrôle

Les groupes armés l'ont compris : qui contrôle l'information contrôle le territoire. D'où cette guerre parallèle où les rebelles imposent leur version, l'armée réplique par la censure, et les journalistes trinquent.

"Nos sources militaires nous fournissent des infos... à condition de ne pas les contredire", confie un reporter. Et quand un média résiste ? Il devient cible. Comme cette station de Butembo réduite en cendres après avoir interviewé des déserteurs.

L'impunité, ce poison

Cinq meurtres. Zéro condamnation. Ce bilan macabre en dit long sur l'état de droit dans la région.

Pire : l'absence totale de suites judiciaires encourage les pires exactions. "Tuer un journaliste ici ne coûte rien", déplore un avocat spécialisé. Les assassins le savent — ils recommenceront.

Une profession en voie d'extinction ?

La situation empire année après année. Les jeunes fuient le métier. Les plus expérimentés baissent les bras.

Reste une poignée d'irréductibles, ces "fous" qui continuent à croire en leur mission. Mais pour combien de temps encore ?

Une chose est sûre : sans presse libre, pas de paix possible. Et dans les Grands Lacs, la liberté de la presse agonise à petit feu.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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