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Jenny S. S. : 3 000 euros d’amendes pour une voiture qu’elle ne conduit plus

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-17
Illustration: Jenny S. S. : 3 000 euros d’amendes pour une voiture qu’elle ne conduit plus
© Illustration Le Dossier (IA)

La voiture saisie, les PV continuent

Jenny S. S., 35 ans, a rangé chaque papier dans des pochettes plastique. L’enquête de Mediapart signée Camille Polloni (publiée le 17 juin 2026) raconte son calvaire : vingt avis de contraventions reçus d’août 2023 à mai 2026. Vingt amendes pour une voiture qu’elle ne conduit plus depuis des années. La police a saisi cette voiture en 2019, dans le cadre d’une procédure pénale. Un service d’enquête l’a récupérée. Depuis, ce sont des policiers qui l’utilisent — ou l’utilisaient. Mais le nom de Jenny reste sur la carte grise.

Le mécanisme est simple : tant que le certificat d’immatriculation n’est pas mis à jour, le propriétaire légal reste redevable des infractions. Personne n’a jamais informé Jenny du changement d’affectation. Elle n’a signé aucune cession. Elle n’a pas pu faire radier la plaque.

Alors les radars flashent. Les PV arrivent. Et ils portent son nom.

3000 euros et zéro point

Les chiffres donnent le vertige. Presque 3 000 euros d’amendes. Des contraventions pour excès de vitesse, pour des infractions au Code de la route commises — d’après les constatations — par des conducteurs qu’elle ne connaît pas. Et pourtant. Les majorations s’ajoutent. Puis les relances. Puis les courriers d’huissier. Puis les avis à tiers détenteur envoyés à sa banque.

— Et ce n’est pas rien — Jenny a perdu tous ses points de permis. En France, le capital initial est de douze points. Chaque infraction en coûte un ou plusieurs. Elle les a tous épuisés. Résultat ? Elle ne peut plus conduire légalement. Pour une voiture qu’elle ne conduit déjà plus.

Les questions restent sans réponse. Pourquoi l’administration n’a-t-elle pas mis fin à cette situation ? Qui a utilisé le véhicule après la saisie ? Où sont les bordereaux de cession ?

Un silence administratif

Jenny S. S. a tenté de se faire entendre. Elle a écrit. Elle a appelé. Elle a montré les preuves : la saisie de 2019, l’absence de radiation. Mediapart rapporte qu’elle n’a obtenu aucune réponse satisfaisante. Les services de police, contactés, n’ont pas corrigé l’erreur. Le Trésor public, lui, continue d’exiger le paiement.

Voilà où ça se complique. Les avis à tiers détenteur permettent au Trésor de prélever directement sur le compte bancaire. Jenny a vu son compte amputé. Sans recours immédiat. Sans possibilité de contester utilement.

Le mécanisme ? Implacable. Tant que le fichier national des immatriculations (FNI) n’est pas actualisé, le propriétaire légal reste le débiteur. Quant à la procédure pour radier un véhicule saisi, elle est quasi inexistante pour les citoyens.

Le trou dans la procédure

Jenny n’est pas un cas isolé. Des associations de défense des automobilistes dénoncent régulièrement ce vide juridique. Quand un véhicule est saisi par la police, personne ne transfère automatiquement la carte grise. Le service utilisateur peut continuer à rouler avec. Et les PV reviennent au propriétaire d’origine.

Mediapart rapporte que Jenny a conservé tous les documents : les avis de contravention, les majorations, les relances, les courriers d’huissier, les avis à tiers détenteur. Une collection de preuves — mais aucune n’a encore convaincu l’administration de stopper l’engrenage.

Combien de temps cela peut-il durer ? Jenny a reçu vingt contraventions en moins de trois ans. À ce rythme, la facture peut encore grimper. Sans intervention, le système continue de tourner.

Une affaire qui dépasse le cas individuel

Ce n’est pas une simple erreur de gestion, non. C’est un trou dans la procédure administrative. Un trou qui coûte argent, points, temps et santé à une mère de famille de 35 ans.

Le Dossier a contacté la préfecture de police compétente pour obtenir une réaction. À l’heure où nous écrivons, toujours aucune réponse. Jenny, elle, continue de recevoir des courriers. Son permis est toujours invalide. Sa voiture, toujours pas radiée.

Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.

Sources : Enquête de Camille Polloni, Mediapart, 17 juin 2026 : « Depuis plusieurs années, une femme paie pour les infractions routières commises par des policiers ».

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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