LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 11/13

Israël et le Hezbollah plongent le Liban dans l'horreur

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: Israël et le Hezbollah plongent le Liban dans l'horreur
© YouTube

Beyrouth, ville fantôme

Beyrouth, 21 octobre 2024. Les images sont glaçantes. Des rues désertes. Des bâtiments éventrés. Une ville plongée dans le noir. "Les coupures de courant sont permanentes", témoigne Rima Abdul Malak, directrice du journal L'Orient le Jour. "On ne voit même plus les bâtiments."

La capitale libanaise, autrefois vibrante, est devenue une ville fantôme. Les écoles sont fermées. Les universités aussi. Les bars et les restaurants ? "Très peu, très peu", confie-t-elle. Dans certains quartiers, on compte trois tables pour un restaurant habituellement bondé. La vie s’est arrêtée.

Et pourtant. Dans les locaux de L'Orient le Jour, les maquettistes finalisent le journal. Les journalistes travaillent sous la menace constante des drones israéliens. "Ce bourdonnement dans le ciel, c’est devenu notre quotidien", raconte Abdul Malak. "La nuit, parfois la journée. Ils survolent Beyrouth, préparent les frappes."

Les pilotes de Middle East Airlines, eux, sont devenus des héros. "Naviguer leur trajectoire malgré les bombardements, c’est un exploit", reconnaît-elle. Une ligne de vie pour un pays en voie d’asphyxie.

Les chiffres de la tragédie

1100 morts. 3000 blessés. Un habitant sur quatre déplacé. Les chiffres, glaçants, racontent une tragédie sans fin. "C’est une crise humanitaire", insiste Rima Abdul Malak. "Un cauchemar qui se répète."

Mais qui sont ces 1100 morts ? Des militants du Hezbollah ? "Certains", admet-elle. "Mais aussi des civils, des innocents." Parmi eux, 85 femmes et 121 enfants. "Ce ne sont pas des victimes collatérales. Ce sont des drames."

Dans le quartier de leur bureau, une frappe a visé un hôtel. "Un ressortissant iranien était peut-être dans une chambre", raconte-t-elle. "Mais c’est la réceptionniste qui a été tuée. Une femme qui n’avait rien à voir avec le Hezbollah."

Les secouristes, eux, s’épuisent dans le sud du pays. Les ponts sont détruits, coupant l’accès à des villes comme Tyr. "Un pôle urbain, pas un petit village", précise Abdul Malak. "Une ville de civilisation, d’histoire, de patrimoine."

Hezbollah, l’ombre iranienne

Le Hezbollah. Deux syllabes qui résument l’enfer libanais. Une milice. Un parti politique. Un réseau social. "Financé, armé par l’Iran depuis 1982", rappelle Abdul Malak. "Un proxy iranien."

Le groupe dispose d’une base populaire solide. "Il distribue des aides sociales à énormément de monde", explique-t-elle. "C’est comme ça qu’il tient une adhésion de la population." Une stratégie redoutable, qui entrelace le Hezbollah dans le tissu social libanais.

Mais le groupe ne se résume pas à cela. "Ce n’est pas qu’une milice", insiste Abdul Malak. "C’est aussi un parti politique avec des députés, une présence locale dans des villes." Une influence qui dépasse largement le champ militaire.

Et pourtant. Le Liban ne peut pas continuer ainsi. "Il faut désarmer le Hezbollah", martèle-t-elle. "Le Liban de demain doit être un Liban sans le Hezbollah tel qu’il est aujourd’hui." Un vœu pieux dans un pays au bord du gouffre.

Israël, frappes disproportionnées

Israël, de son côté, joue un rôle ambigu. Les frappes, officiellement motivées par la destruction du Hezbollah, sont souvent disproportionnées. "Elles peuvent arriver à tout moment, à plein d’endroits du pays", dénonce Abdul Malak. "Parfois avec des avertissements, parfois pas."

Le ministre israélien de la Défense a été clair. "Il faut détruire les maisons du sud du Liban à la frontière", a-t-il déclaré. "Effacer, éradiquer cette zone." Une logique jusqu’au-boutiste qui rappelle des souvenirs sombres.

"L’invasion israélienne de 1978, étendue en 1982, a duré jusqu’en 2000", rappelle Abdul Malak. "Personne n’a envie de revivre ça." Une occupation qui a renforcé le Hezbollah, créé un cercle vicieux. "Plus Israël occupe le Liban, plus le Hezbollah se renforce."

Aujourd’hui, le risque est grand. "L’ONU parle d’un nouveau Gaza", alerte-t-elle. "Le Liban ne peut pas devenir un champ de bataille permanent."

Cyberattaques et menaces

Le conflit ne se limite pas aux bombes. Les cyberattaques sont une arme redoutable. "Il y a eu une attaque sur MTV", révèle Abdul Malak. "Revendiquée par un groupe pro-Hezbollah, les Fatimides."

Les journalistes de L'Orient le Jour ne sont pas épargnés. "On a renforcé notre sécurité informatique", confie-t-elle. "Le risque zéro n’existe pas." Une indépendance chèrement payée dans un pays où les médias sont souvent financés par des partis politiques ou des monarchies du Golfe.

"Nous, on tient grâce à nos abonnés", insiste-t-elle. "Pas grâce à des soutiens politiques." Un modèle fragile dans un contexte explosif.

Une lettre à un soldat israélien

Dans une tribune publiée dans Libération, Rima Abdul Malak s’adresse à un jeune soldat israélien. "Tu dois avoir autour de 20 ans", écrit-elle. "Tu viens de Tel-Aviv, d’un kibboutz du Nord ou de Beersheba."

Une lettre bouleversante, qui rappelle l’histoire. "Je ne suis pas certaine que ce soit expliqué tant que ça en Israël", confie-t-elle. "Ce cercle vicieux dans lequel on est enfermés ensemble."

Un message d’espoir ? "Il faudra changer de paradigme à un moment donné", conclut-elle. "Cette lettre est une bouteille à la mer."

Le Liban, lui, continue de sombrer. Les bombes tombent. Les drones bourdonnent. Les civils meurent. Et personne ne semble pouvoir arrêter cette descente aux enfers.

Le dossier est loin d'être clos.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 1 · 2026-03-10

Macron en Méditerranée : La France au cœur du conflit Iran-Israël

Emmanuel Macron déploie le porte-avions Charles de Gaulle. La France joue un rôle clé dans la sécurisation du détroit d’Ormuz. Les conséquences économiques sont déjà là.

Épisode 11 · 2026-03-28

Israël et le Hezbollah plongent le Liban dans l'horreur

Sur le même sujet