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L'industrie agroalimentaire : comment le sucre tue les pauvres avec la complicité de l’État

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-03
Illustration: L'industrie agroalimentaire : comment le sucre tue les pauvres avec la complicité de l’État
© YouTube

Quand le sucre devient une drogue

20 morceaux. C'est ce qu'engloutit quotidiennement un Français moyen. Pour les enfants, le compteur s'affole : 25 grammes recommandés, souvent le triple en réalité.

Le professeur Amine Benyamina, addictologue à l'hôpital Paul Brous, ne mâche pas ses mots : "Le sucre active les mêmes circuits neuronaux que la cocaïne. Même mécanisme de dépendance, mêmes ravages à long terme." Une étude bordelaise le confirme : face au choix, des souris préfèrent le sucre à la coke.

Les conséquences ? Un enfant sur cinq en surpoids. Des coûts de santé qui explosent — 20 milliards par an, rien que pour l'obésité. Et derrière ces chiffres, des vies brisées.

La loi contre les lobbies : un combat inégal

La proposition de loi sur les sucres ajoutés vient de passer l'Assemblée. Au Sénat, l'ambiance change. "Ici, on défend les territoires. Et les territoires, c'est d'abord les betteraviers", lâche Xavier Yovelli, sénateur.

Pourtant, les mesures coercitives fonctionnent. La taxe soda a fait chuter les ventes de Coca de 2% en 2022. Mais l'industrie contre-attaque : 77% des produits transformés contiennent du sucre, souvent sous des noms obscurs — fructose, dextrose, maltodextrine. Une stratégie du brouillard.

Et pourtant. Certains résistent. Comme Clarence, pâtissier qui remplace le sucre blanc par du fructose de fruits. "7€ la part de tarte, c'est cher. Mais c'est le prix pour ne pas empoisonner les gens." Une goutte d'eau dans un océan de sirop de glucose.

Nutri-Score : l'arnaque du siècle ?

60% d'affichage. Et les 40% restants ? "Ceux qui ne l'affichent pas sont ceux qui devraient le plus le montrer", assène Yovelli. Le système permet aux industriels de jouer sur les dosages — un peu moins de sucre ici, un peu plus de gras là.

Résultat ? Les produits les mieux notés coûtent deux fois plus cher. Les pauvres n'ont pas le choix : malbouffe ou faillite.

Quant au programme "Lait et Fruits" européen, c'est un fiasco. Les subventions dorment dans les coffres des préfectures. "Certaines communes ignorent même son existence", soupire le sénateur. Une exception : une chaîne de fast-food qui sert des pommes en quartiers. Les enfants adorent. Preuve que les solutions existent.

20 milliards qui brûlent

20 milliards. C'est ce que coûte chaque année l'obésité à la collectivité. L'industrie, elle, engrange des profits records. Le sucre pèse lourd — au propre comme au figuré.

Les engagements des géants agroalimentaires ? "5% de sucre en moins... d'ici 2035". Une farce. Pendant ce temps, le gouvernement mise sur le volontariat et les demi-mesures.

La loi sur les aliments pour enfants est un premier pas. Trop timide. Trop lent. Car chaque jour perdu, ce sont des milliers de nouveaux addicts qui entrent dans la ronde infernale. Le sucre tue. Et personne ne semble pressé d'éteindre l'incendie.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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