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Inde : 50 000 jeunes 'cafards' écrasés par la répression à Delhi

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-25
Illustration: Inde : 50 000 jeunes 'cafards' écrasés par la répression à Delhi
© YouTube

L’insulte qui a tout déclenché

« Cafards. » Le mot tombe en mai, lâché par le chef de la Cour suprême indienne. Sa cible ? Les jeunes sans emploi, ceux qui ne trouvent ni place à l'université ni travail en entreprise. Une insulte.

Mais dans un pays où plus de la moitié des jeunes diplômés sont au chômage — 50 %, selon la source —, le mot fait l'effet d'une bouteille lancée dans une mer de pétrole.

Fin mai, un étudiant indien basé à Boston crée un compte Instagram satirique. Il l’appelle le « Parti du peuple des cafards ». Parodie du nom du parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi. Le compte explose : 22 millions d’abonnés en quelques jours. Il utilise des visuels générés par intelligence artificielle. L’humour, d’abord. La colère, ensuite.

Selon la source, ces jeunes diplômés sont bloqués. Le système éducatif indien forme des centaines de milliers de candidats chaque année. Les places sont comptées. À chaque concours, des centaines de milliers de postulants.

La fuite qui a fait déborder le vase

Depuis plusieurs semaines, des manifestations rassemblant des dizaines de milliers de personnes secouent Delhi, Mumbai et Calcutta. Mais le lundi 20 juillet 2024, le mouvement atteint son paroxysme.

La raison ? Un scandale de plus. Le concours d’entrée en école de médecine — le NEET — est entaché d’une fuite des sujets. 2,2 millions de candidats le passent cette année. Ce n’est pas une première : déjà en 2014 et en 2019. Mais cette fois, la coupe est pleine.

Pourquoi ? Parce que la pression est déjà intenable. Selon la source, au moins 22 étudiants se sont suicidés à cause de la pression des examens. Pour certains, c’était l’espoir de toute une famille d’arriver en médecine et d’avoir un bon emploi.

Et là, les sujets fuient. Des familles entières voient leur sacrifice réduit à néant.

Le Parti des cafards appelle donc à une grande manifestation à New Delhi. Le lieu choisi : Jantar Mantar, le site astronomique de l’époque moghole, traditionnel lieu de rassemblement des protestations. C’est à côté du quartier des ministères, du Parlement. Un symbole.

50 000 personnes, puis la répression

Ils sont environ 50 000, selon la source. Des étudiants, des diplômés, des jeunes. Rejoints par des acteurs de Bollywood, des habitants qui leur envoient de la nourriture et du matériel. Des fédérations étudiantes et des partis progressistes les soutiennent, mais le mouvement reste prudent — il ne veut pas être récupéré.

Ils veulent marcher vers le quartier des ministères. Leurs revendications : la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan ; 100 millions de roupies par famille d’étudiant suicidé ; l’abandon des poursuites contre les manifestants ; et la création de poursuites contre les policiers violents.

La police et l’armée sont déployées. Les manifestants sont bloqués. Et puis ça commence.

Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des scènes violentes. Des gaz lacrymogènes. Des coups de matraque. Des militaires pointant des fusils‑mitrailleurs sur les jeunes. Des mouvements de foule. Des gens écrasés sous d’autres qui tentent de fuir. Des visages ensanglantés. Au moins une centaine de blessés, dont certains auraient perdu un œil, selon la source — qui précise que tout ne peut pas être vérifié.

La répression est brutale. Mais elle est habituelle, explique la source. Depuis l’arrivée de Narendra Modi au pouvoir en 2014, le BJP — issu du RSS, une organisation militaro‑politique qualifiée de « fasciste » par la source — réprime systématiquement l’opposition. Les manifestations d’agriculteurs, quelques années plus tôt, avaient été réprimées dans le sang aux portes de la capitale.

Le traitement judiciaire : des tribunaux express en réponse

Le soir même de la manifestation, Narendra Modi tweete. Annonce : des tribunaux express seront mis en place pour juger les responsables de la fuite des sujets du concours de médecine.

Une réponse. Mais pas suffisante, selon le Parti des cafards. Le problème n’est pas seulement la fuite, c’est le système. C’est le chômage. C’est le manque d’éducation. C’est l’absence d’avenir pour une génération entière.

Le lendemain, mardi 21 juillet, un appel à une manifestation nationale est lancé par le mouvement. Dans toutes les villes, tous les districts d’Inde, les étudiants sont invités à se joindre à la protestation.

Et maintenant ?

Le Parti des cafards appelle à une manifestation nationale. Les familles des suicidés réclament 100 millions de roupies. Les manifestants exigent la démission du ministre de l’Éducation. Et ils veulent que les policiers violents soient poursuivis.

Le mouvement des cafards est peut-être une blague. Mais la colère, elle, est très réelle.

Sources :

  • Compte Instagram satirique « Parti du peuple des cafards »
  • Vidéos des manifestations sur les réseaux sociaux
  • Tweets de Narendra Modi
  • Vidéo originale (interview)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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