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Guillaume Bigot : du Chevènementisme au RN, le retournement explosif

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Guillaume Bigot : du Chevènementisme au RN, le retournement explosif
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Une trajectoire hors du commun

Clausewitz disait : "La politique, c’est la guerre continuée par d’autres moyens." Une formule qui colle à la peau de Guillaume Bigot. En 2002, il soutenait Jean-Pierre Chevènement, figure de la gauche souverainiste. En 2023, il devenait député sous les couleurs du Rassemblement National (RN). Entre les deux, un saut qui fait grincer des dents.

Essayiste, politologue, professeur de géopolitique, Bigot a dirigé deux écoles de commerce et tenu des tribunes sur CNews et au FigaroVox. Mais c’est son parcours politique qui intrigue. Comment passe-t-on du Chevènementisme au RN ? "Je défendrai toujours la souveraineté populaire et nationale", martèle-t-il. Une explication simple, trop simple peut-être.

L’époque Chevènement

Le 14 janvier 2002, Vincennes vibre. Plus de 5 000 personnes se pressent au meeting de Jean-Pierre Chevènement. Parmi elles, Guillaume Bigot. "J’étais là", raconte-t-il. "On avait monté un groupe de jeunes, Génération République, pour soutenir sa candidature."

Le Chevènementisme ? Une République au-dessus de la droite et de la gauche. Une défense farouche de la démocratie directe et de la souveraineté nationale. Des thématiques qui hantent encore les discours de Bigot aujourd’hui.

Mais l’élection de 2002 sonne le glas. Chevènement obtient 5,33 % des voix. Bigot, candidat aux législatives dans les Yvelines, fait pire : 1,8 %. "Ça a doublé quasiment le score national", s’amuse-t-il, sans vraiment rire.

Le détour gaulliste

Après Chevènement, Bigot se tourne vers Charles Pasqua. "Ce qui m’attirait chez lui, c’était son attachement à la nation", explique-t-il. Pasqua lui propose de diriger une école de commerce. Bigot accepte. Le journalisme cède la place à l’enseignement supérieur.

En 2000, il publie Les sept scénarios d’Apocalypse. Un livre visionnaire : "Les guerres de haute intensité seront de retour", prédit-il. Le 11 septembre 2001 lui donne raison. L’ouvrage est retiré des étagères et traduit dans plusieurs langues.

Le saut vers le RN

En 2019, Bigot critique Marine Le Pen sans ménagement. Il la qualifie de "Mussolini de Monoprix" et dénonce les origines "dégoûtantes" du RN. Pourtant, quatre ans plus tard, il rejoint ce même parti. Comment ?

"D’abord, il arrive qu’on dise des bêtises", reconnaît-il. "Je ne connaissais pas Marine Le Pen personnellement. En la rencontrant, j’ai vu une véritable stature." Il insiste sur l’évolution du RN : "Marine Le Pen a pris ses distances avec son père. Elle a musclé son jeu." Une mutation qui, selon lui, justifie son ralliement.

Les mots qui frappent

Bigot a le verbe tranchant. Sandrine Rousseau, "Greta Thunberg ménopausée". Marlène Schiappa, "experte en concours de t-shirts mouillés". Des formules qui lui valent autant d’applaudissements que de reproches.

"Aujourd’hui, je représente une fraction de la souveraineté nationale. Je ne peux plus me permettre ces saillies", admet-il. Une retenue nécessaire pour incarner un rôle de député sérieux. Mais le fond reste inchangé : la défense de la souveraineté populaire et nationale.

Cohérence ou opportunisme ?

Bigot revendique une cohérence. "Je n’ai jamais renié mes convictions", assure-t-il. La souveraineté populaire et nationale comme fil rouge.

Mais ce fil traverse le Chevènementisme, le gaullisme, puis le RN. Une évolution qui suscite des doutes. Adaptation ou opportunisme ? "Je suis toujours resté fidèle à mes idées", répète-t-il. Ses détracteurs y voient surtout une souplesse politique.

L’Union européenne en question

La position de Bigot sur l’Union européenne est clé. En 2017, il défendait la sortie de l’euro. Aujourd’hui, il semble avoir changé d’avis. "Les sondages montrent que le peuple ne veut pas sortir de l’Union européenne", explique-t-il.

Mais cette volte-face pose question. Comment concilier souveraineté nationale et maintien dans une Union souvent critiquée pour son déficit démocratique ?

Le débat de 2017

En 2017, Bigot est déçu par le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Elle n’a pas été à la hauteur", reconnaît-il. Un échec qui, selon lui, a poussé Le Pen à évoluer.

"Depuis, elle a musclé son jeu", affirme-t-il. Une évolution qui justifie son ralliement au RN. Mais pour certains, cette justification reste fragile.

Le poids du mandat

Député de la 2e circonscription des Yvelines, Bigot assume une nouvelle responsabilité. "Je ne représente pas seulement mes électeurs, mais toute la nation", souligne-t-il.

Cette fonction impose une modération. Exit les punchlines provocantes, place à un discours plus mesuré. Une nécessité pour incarner un rôle sérieux.

L’avenir du RN

Bigot croit en l’avenir du RN. "Nous sommes proches du pouvoir", affirme-t-il. Une confiance qui repose sur l’évolution du parti et de sa leader.

"Marine Le Pen a pris ses distances avec les dérives du Front National", explique-t-il. Une mutation qui, selon lui, justifie son engagement. Mais le RN peut-il vraiment incarner une alternative crédible ? La question reste ouverte.

Une question de convictions

Pour Bigot, son engagement au RN est une histoire de convictions. "Je défends la souveraineté populaire et nationale", répète-t-il. Une ligne qui, selon lui, transcende les clivages.

Mais ces convictions sont-elles partagées ? Les critiques y voient surtout un opportunisme politique. Un moyen de justifier un revirement spectaculaire.

Conclusion

Guillaume Bigot incarne une trajectoire politique hors norme. Du Chevènementisme au RN, il a franchi un fossé qui interroge et divise.

"Je suis toujours resté fidèle à mes idées", clame-t-il. Une fidélité qui, pour ses détracteurs, ressemble davantage à une adaptation aux circonstances.

Une chose est sûre : Guillaume Bigot continue de faire parler de lui. À suivre.

Par la rédaction de Le Dossier

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