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Maba Ramene : le guide suprême iranien et sa fortune cachée en Europe

Une enquête révèle les milliards de dollars investis par Maba Ramene et son entourage dans des propriétés luxueuses à Londres, Paris et ailleurs. Une fortune colossale malgré les sanctions internationales.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-10
Illustration: Maba Ramene : le guide suprême iranien et sa fortune cachée en Europe
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95 milliards de dollars. Une somme astronomique détenue par Maba Ramene, le guide suprême iranien, et son cercle proche. Alors que l’Iran s’enfonce dans la crise économique, ces milliards sont investis dans des propriétés luxueuses à Londres, Paris, Toronto et Francfort. Une enquête exclusive dévoile les mécanismes financiers secrets qui permettent à cette fortune de prospérer, malgré les sanctions internationales.

Une fortune colossale en pleine crise iranienne

95 milliards de dollars. Près d’un quart du PIB de l’Iran. Une somme qui appartient à Maba Ramene et son entourage. Pendant que les Iraniens luttent contre l’inflation et les pénuries, le guide suprême et son clan prospèrent. Comment ? Grâce au conglomérat CTA, constitué à partir des biens confisqués aux opposants politiques et religieux.

En 2013, l’enquête Reutter a révélé l’ampleur de cet empire. La moitié de cette fortune est injectée dans des entreprises — télécoms, finance, industrie. L’autre moitié ? Dans l’immobilier. Villas, penthouse, hôtels de luxe dispersés à travers le monde. Une richesse qui contraste brutalement avec l’austérité prônée par le régime.

Londres, Paris, Toronto : les étapes-clés de l’argent iranien

400 millions d’euros. C’est ce que Maba Ramene détient en Europe et en Amérique du Nord. Londres est le cœur de ces investissements. Douze propriétés au moins, localisées dans des quartiers prestigieux. Kensington Street, face à l’ambassade d’Israël. Bishop Avenue, surnommée la "Billionaires Row". En 2014, une villa a été acquise pour 33 millions de livres. Piscine intérieure, salon grandiose. Le luxe à son paroxysme.

Paris ne manque pas à l’appel. D’après Bloomberg, une partie d’un immeuble parisien appartenait à Maba Ramene. Revendu depuis, les traces de cette propriété se perdent dans un dédale de sociétés offshore.

Toronto, Francfort, Majorque. Les investissements s’étendent. Un penthouse à Toronto vendu pour 10 millions de dollars canadiens. Un hôtel cinq étoiles à Francfort, aujourd’hui géré par Hilton. Une propriété de luxe sur l’île de Majorque. Des biens qui permettent à cette fortune de prospérer loin des sanctions.

Les montages financiers : un jeu de cache-cache avec les sanctions

Comment cette fortune échappe-t-elle aux sanctions ? Grâce à des mécanismes financiers sophistiqués. Les propriétés ne sont jamais directement enregistrées au nom de Maba Ramene. Elles sont détenues par des intermédiaires et des sociétés offshore. Dubaï, l’île de Man, Saint Kitts et Nevis — des paradis fiscaux qui servent de plaques tournantes.

Des sociétés aux noms anodins : Ziba Leisure, Birge Venture, A&A Leisure, Midas Oil Industries. Derrière ces appellations se cachent des milliards. Les comptes bancaires sont dispersés entre Dubaï, le Liechtenstein et la Suisse. Un réseau conçu pour rendre toute traçabilité impossible.

Ali Anzari : l’homme de l’ombre derrière les investissements

Ali Anzari. Ce nom revient systématiquement dans les enquêtes sur la fortune de Maba Ramene. Oligarque iranien de 52 ans, il est le fondateur de la TAT Bank, rebaptisée Iond Bank. Il est aussi le promoteur de l’Iran Mall à Téhéran. Mais son rôle dépasse largement ces titres.

Ali Anzari est le prête-nom des acquisitions immobilières en Europe. En 2016, il obtient la nationalité chypriote grâce au programme des passeports dorés. Cette nationalité facilite les investissements du clan Ramene. Pourtant, Ali Anzari n’est pas sous sanction européenne. Ses avoirs ont été gelés aux États-Unis en 2019, mais sa fortune principale reste intacte.

En octobre 2023, le Royaume-Uni l’a placé sous sanction. Les documents officiels révèlent qu’il soutient financièrement les Gardiens de la Révolution. Mais en Europe, il continue d’opérer librement. Une situation qui soulève des questions sur l’efficacité des sanctions.

Les sanctions : un dispositif à l’efficacité limitée

Les sanctions internationales sont censées limiter l’accès du régime iranien aux capitaux. Pourtant, elles ne parviennent pas à freiner la fortune de Maba Ramene. Les montages financiers complexes contournent les restrictions. Les propriétés sont détenues par des intermédiaires et des sociétés offshore. Les comptes bancaires sont dispersés dans des paradis fiscaux.

Ali Anzari incarne cette faille. Non sanctionné en Europe, il bénéficie de sa nationalité chypriote. Les sanctions américaines et britanniques restent inefficaces tant qu’il peut opérer librement sur le continent.

Les conséquences pour l’Iran et le monde

Cette fortune a des répercussions majeures. Elle permet au régime de conserver son pouvoir malgré les crises économiques et sociales. Les milliards investis dans l’immobilier international offrent une sécurité financière au clan Ramene.

Pour le reste du monde, cette fortune représente un défi. Les sanctions internationales échouent à limiter les ressources du régime. Les mécanismes financiers complexes rendent toute saisie d’actifs extrêmement difficile.

Le dossier reste ouvert. Les investigations doivent se poursuivre pour dévoiler l’ensemble des montages utilisés par Maba Ramene et son entourage. La transparence est essentielle pour mettre fin à cette opacité et empêcher le régime iranien de prospérer sur le dos de son peuple.

Mini-Quiz1/3

Quel est le montant estimé de la fortune cachée de Maba Ramene en Europe et en Amérique du Nord ?

Par la rédaction de Le Dossier

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