Guadeloupe : le classement sexiste qui a fait trembler le lycée — six garçons suspendus

« Deux ballons d’or. » « DOMINE MWAAA !!!! » « WAAAF WAAAF. » « On bande quand ? » « pue de la chatte. » Voilà les catégories. Des lycéennes du lycée Jardin d’essai, aux Abymes, en Guadeloupe, ont été classées par leurs camarades masculins selon des critères dégradants et à connotation sexuelle. La direction a ouvert une enquête interne. Six garçons ont été entendus. Plusieurs ont été suspendus. Le lycée et des familles ont porté plainte. Un rassemblement est prévu ce mercredi. Ce n’est pas une blague. C’est un acte de violence.
« Ce n’est pas de l’humour. C’est de la violence. » — les lycéennes brisent le silence
Avant le 6 mai 2026, des garçons du lycée Jardin d’essai ont classé leurs camarades. Pas un simple palmarès amical — une hiérarchie basée sur l’apparence physique, avec des catégories dégradantes et sexistes. La liste a circulé : d’abord dans les couloirs, puis sur les réseaux sociaux, puis dans les médias.
« Deux ballons d’or », « DOMINE MWAAA !!!! », « WAAAF WAAAF », « Jtouche pas avec un baton », « On bande quand ? », « pue de la chatte » — les termes sont précis, rapportés par Guadeloupe La 1ère et France-Antilles. (Oui, vous avez bien lu.) Chaque catégorie vise à humilier. Chaque mot vise à rabaisser.
Les lycéennes visées ont réagi. Pas avec résignation. Avec colère. Sur les réseaux sociaux, elles ont dénoncé des listes établies pour « juger, humilier et rabaisser ». Elles ont martelé : « Ce n’est pas de l’humour. Ce n’est pas juste pour rire. C’est du manque de respect. C’est de la violence. » Le message est clair.
Ensuite, les témoignages ont afflué : des messages à caractère menaçant ou sexuel envoyés aux lycéennes. Guadeloupe La 1ère les a recueillis. Le harcèlement ne s’est pas arrêté au papier. Il a continué sur les téléphones.
Enquête interne : six garçons entendus, des suspensions prononcées
Mais le lycée n’a pas fermé les yeux. Dès la découverte du classement, la direction a ouvert une enquête interne. Guadeloupe La 1ère rapporte que la direction a entendu au moins six garçons individuellement. Plusieurs ont été suspendus en attendant des décisions disciplinaires.
Combien de temps dureront ces suspensions ? Les détails restent flous ; la direction communique peu. Mais le signal est fort : l’établissement ne tolère pas ce genre d’actes.
Le lycée a également déposé plainte. Plusieurs familles aussi. France-Antilles confirme. Les plaintes visent des sanctions pénales, pas seulement disciplinaires. Le parquet enquête désormais.
La direction a mis en place une cellule d’écoute pour les élèves visées — pour recueillir leur parole, les protéger, éviter que l’humiliation ne devienne un traumatisme durable.
Un rassemblement ce mercredi : la société civile ne se tait pas
Ce mercredi 7 mai 2026, des parents, des associations, des citoyens se rassemblent devant le lycée. Objectif : dénoncer le classement, soutenir les victimes, montrer que ces actes ne passeront pas.
Qui organise ? Pas de nom officiel. Mais des parents d’élèves, des associations, des citoyens. La mobilisation est réelle. Sur les réseaux sociaux, les messages de soutien affluent. Les hashtags circulent. La colère est palpable.
Les Abymes, commune de plus de 50 000 habitants, ne connaissaient pas ce genre de scandale. Le lycée Jardin d’essai, établissement public, forme des centaines d’élèves chaque année. Aujourd’hui, il se retrouve sous le feu des projecteurs. Pour de mauvaises raisons.
Sexisme à l’école : un phénomène structurel, pas un accident
Un cas isolé ? Non. C’est un symptôme. Le sexisme à l’école est un phénomène documenté. En 2023, le Haut Conseil à l’égalité révélait que 90 % des jeunes femmes déclaraient avoir subi au moins une situation de sexisme dans leur vie — dont une part significative en milieu scolaire. Les classements dégradants, les remarques sur l’apparence, les insultes à connotation sexuelle : tout cela fait partie d’un continuum de violences.
Mais ici, une spécificité : la dimension collective et organisée. Ce n’est pas un garçon isolé qui a fait une remarque. C’est un groupe d’élèves qui a établi un classement. Un système, des catégories, une hiérarchie — cela relève du harcèlement de groupe.
Les catégories parlent d’elles-mêmes. « DOMINE MWAAA !!!! » — une référence à une dynamique de pouvoir et de soumission. « WAAAF WAAAF » — une animalisation. « On bande quand ? » — une réduction des filles à des objets sexuels. « pue de la chatte » — une insulte directe, vulgaire, dégradante. Chaque mot est une arme.
Les plaintes : une réponse judiciaire nécessaire, mais suffisante ?
Le lycée et les familles ont porté plainte — une étape importante. Mais est-ce suffisant ? Si la justice pénale est saisie, la loi du 2 mars 2022 punit le harcèlement scolaire de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende en cas de conséquences graves.
Mais la justice scolaire est distincte. Les suspensions restent temporaires. Les décisions disciplinaires définitives pourront aller jusqu’à l’exclusion. Reste à savoir si elles seront appliquées.
Et les victimes ? Leur parole est cruciale. La cellule d’écoute est un premier pas. Mais il faudra un suivi psychologique, une prise en charge, et surtout une prévention en amont. Le sexisme ne se combat pas seulement par des sanctions. Il se combat par l’éducation.
Guadeloupe : un territoire, une histoire, des violences spécifiques
La Guadeloupe n’est pas la métropole. Les dynamiques sociales, les héritages historiques, les rapports de genre y sont différents. Le classement sexiste intervient dans un contexte où les violences faites aux femmes sont particulièrement élevées dans les Outre-mer. L’INSEE montre que les femmes ultramarines subissent davantage de violences conjugales et sexuelles que leurs homologues métropolitaines.
Ajouter à cela une dimension scolaire — adolescents, réseaux sociaux, viralité immédiate — et le cocktail est explosif. Le classement a circulé. Des centaines de personnes l’ont vu, partagé, commenté. Le classement a exposé les lycéennes non seulement à l’humiliation initiale, mais à une diffusion massive.
Les témoignages de messages menaçants ou sexuels après la circulation du classement montrent que le harcèlement a continué. Il s’est déplacé — du papier au numérique, du lycée au téléphone.
Le lycée Jardin d’essai : une institution sous pression
Le lycée Jardin d’essai, établissement public aux Abymes, est connu pour sa filière générale et technologique. Rien ne le destinait à faire la une des médias nationaux. Mais aujourd’hui, une tempête médiatique l’a pris pour cible.
La direction a réagi rapidement. Enquête interne, auditions, suspensions, plainte, cellule d’écoute — les mesures sont nombreuses. Mais la pression est forte ; les parents exigent des comptes, les associations féministes montent au créneau. Les médias locaux et nationaux suivent l’affaire.
Le Parisien a publié l’article le 6 mai 2026 à 17h20. Guadeloupe La 1ère et France-Antilles ont couvert l’affaire en amont. L’information a circulé. Le scandale est devenu national.
Les questions qui restent : qui a fait quoi, et pourquoi ?
Qui a eu l’idée du classement ? Était-ce une blague de groupe ? Une initiative individuelle ? Les six garçons entendus étaient-ils les seuls impliqués ? Y avait-il une complicité plus large ?
Les catégories sont-elles le résultat d’un jeu de mots, d’une provocation délibérée ou d’un acte de harcèlement organisé ? Les réponses détermineront la nature des sanctions. Et les lycéennes victimes ? Ont-elles été identifiées nommément ? Le classement était-il anonyme ou personnalisé ? Les messages menaçants venaient-ils des mêmes auteurs ? L’enquête interne et la plainte devront répondre à ces questions.
Une certitude : l’affaire ne s’arrêtera pas ce mercredi. Le rassemblement prévu est un point de départ, pas une conclusion. La mobilisation citoyenne est un signal. La justice doit suivre.
Sources
- Le Parisien, « Guadeloupe : des lycéennes classées selon des catégories dégradantes à consonance sexuelle, une enquête ouverte », 6 mai 2026, 17h20.
- Guadeloupe La 1ère, reportage sur l’affaire du classement sexiste au lycée Jardin d’essai.
- France-Antilles, article sur les catégories dégradantes et les plaintes déposées.
- Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, rapport sur le sexisme en France, 2023.
- INSEE, données sur les violences faites aux femmes dans les Outre-mer.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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