Go fast : les bateaux rapides du trafic de cocaïne

Accroche
La nuit tombe sur Lisbonne. Un bateau fonce dans la capitale portugaise. Au même moment, en plein Atlantique, la marine nationale prend en chasse une embarcation quasi identique. Les snipers ouvrent le feu — droit sur les moteurs. Le navire s'arrête. À son bord : 2,3 tonnes de cocaïne.
Cette saisie, racontée par Le Monde dans son enquête vidéo, n'a rien d'un accident.
Les faits
Le Monde détaille l'interception, quelque part dans l'Atlantique, à proximité des grands couloirs maritimes qui relient l'Amérique latine à l'Europe. Le gofast — capable d'atteindre 130 km/h — venait de charger la cocaïne depuis un navire mère.
Les snipers ont visé les moteurs. Une technique française. Un document confidentiel, obtenu par Le Monde avec d'autres médias internationaux, cartographie les zones de détection massive de ces embarcations.
Le constat est clair : les gofast se concentrent dans une zone de l'Atlantique, loin des côtes, près des routes maritimes. C'est là qu'ils récupèrent la drogue auprès de cargos en provenance d'Amérique latine ou du golfe de Guinée.
Exemple ? Début mai, les autorités ont intercepté un cargo transportant 30 tonnes de cocaïne. Record absolu en Europe pour une saisie unique. Les enquêteurs ont aussi découvert 42 000 litres d'essence à bord — étrange, pour un navire qui roule au diesel. Ce carburant était destiné aux gofast.
Quand le ravitaillement n'est pas directement dans les cales des cargos, des stations-service flottantes prennent le relais. Des livreurs facturent en moyenne 300 dollars le bidon de 20 litres. Cette logistique permet aux trafiquants de tenir au large, hors de portée des garde-côtes et des gendarmes européens.
Le contexte
Chaque gofast embarque un terminal Starlink et un radar Garmin. De quoi détecter tout navire ou aéronef à des kilomètres. Leur structure, taillée sur mesure, les rend ultra-maniables.
Ils opèrent loin des côtes — précisément là où les contrôles portuaires se sont renforcés. Les trafiquants ont déplacé leur logistique en haute mer. Les cargos chargés de cocaïne servent de points de rencontre.
Le document confidentiel cité par Le Monde alerte sur une concentration d'activités dans cette zone de l'Atlantique. Problème : Frontex, Europol et les autres agences européennes manquent de bateaux rapides pour intervenir assez loin des côtes.
La France a développé une réponse spécifique : le tir sur les moteurs. Ce modèle français est cité comme approche opérationnelle dans le document confidentiel. Et pourtant, la question reste entière : face à des embarcations qui filent à 130 km/h, combien de temps cette parade suffira-t-elle ?
Sources : cette enquête s'appuie exclusivement sur la vidéo publiée par Le Monde et le document confidentiel qu'elle présente. Aucune autre source n'a été croisée.
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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