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Gironde : le meurtre de Jérémy et la traque du violeur 'le chat'

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-17

Le camping du cauchemar

Un 27 juin 2008. Petit-Palais-et-Cornemps, 700 âmes dans le nord-est de la Gironde. Un coin de vignes et de camping tranquille. Ce jour-là, le commandant Perruche, de la gendarmerie de Libourne, reçoit un appel des enquêteurs de la section de recherche de Bordeaux. Un jeune homme s'est présenté au commissariat. Il assure qu'un copain a été battu à mort pendant une soirée au camping.

Ce témoin s'appelle Adrien. La victime : Jérémy, 17 ans, résident d'un foyer de Lormont. Les gendarmes jugent d'abord ses propos excessifs. Un œil sorti du visage, une face complètement déformée. Ils pensent à un canular.

Ils s'y rendent quand même. Adrien les guide. Sur le chemin, une chaussette, une montre. Puis, dans un bois à proximité, un morceau de mâchoire au milieu d'une mare de sang. La découverte macabre est confirmée par le commandant Perruche.

Le corps de Jérémy est retrouvé à 15 km du camping, au bord d'un ruisseau. Méconnaissable. Visage déformé, crâne fracturé, mâchoire décrochée. Les armes du crime — matraque tonfa, carabine, gants américains — sont jetées dans la rivière Isle. Les plongeurs les retrouveront.

Quatre dans le box

Ils sont quatre interpellés : Pierre, 16 ans, meneur ; Thierry, une vingtaine d'années ; Émilie et Jean-Christophe, complices. Émilie craque en garde à vue et avoue avoir aidé à cacher le corps. Elle conduit les enquêteurs au corps et aux armes. Son attitude choque : elle dit « ah mince, si j'avais su, j'aurais pas fait comme ça », comme si elle ne réalisait pas la gravité des faits.

Le procès s'ouvre le 14 mars 2011 à Bordeaux. À huis clos, pour dix jours. Les accusés arrivent dans le box. Pas des monstres. Des jeunes hommes ordinaires. Pierre, le plus jeune, a un visage d'ange, mais il s'exprime par la violence. Les deux principaux accusés ne donnent aucune explication à leur geste.

Les verdicts : Pierre : 20 ans de réclusion criminelle. Thierry : 15 ans. Émilie et Jean-Christophe ressortent libres. La mère de Jérémy, Corinne, demande « Pourquoi ? »

La bête de nuit

Pendant ce temps, une autre affaire secoue la Gironde. Entre 1994 et 2002, un violeur en série surnommé « le chat » commet au moins 36 agressions sexuelles. Ses victimes : des femmes vivant seules, isolées, âgées de 19 à 78 ans. Pas de profil type. L'ADN relie les crimes, mais le suspect n'est pas fiché.

Les enquêteurs font appel à un profileur. Un indice les oriente : des odeurs de terre sur les scènes de crime. Le chat travaille probablement en extérieur.

Un voisin signale une fourgonnette suspecte. Il relève la plaque. Les gendarmes identifient le propriétaire : Roland Cazot, chef de chantier dans le bâtiment, marié, père de deux enfants. Un homme athlétique, apprécié de son employeur et de ses collègues de rugby. Rien ne le distingue.

Les gendarmes se rendent au domicile de Roland Cazot. Il se prête sans difficulté au prélèvement ADN. Les enquêteurs pensent faire fausse route. Mais l'ADN correspond. Roland Cazot avoue 36 agressions. Il se souvient précisément de ses victimes, parfois de leur nom.

Le procès s'ouvre en 2005 à Bordeaux. Quand Roland Cazot entre dans le box, la surprise est générale. « Un grand beau garçon », selon les témoins. Comment un tel homme peut-il cacher un pervers sexuel ?

Les experts attribuent ses pulsions à une relation dysfonctionnelle avec sa mère, Paulette, et un père absent. Il épie sa mère dans la salle de bain. Il développe un côté voyeur.

Le verdict est de 14 ans de réclusion criminelle.

Deux histoires, une même question

Deux affaires. Deux visages de la violence. La première : un meurtre gratuit, sans mobile, commis par des jeunes qui semblaient ordinaires. La seconde : un violeur en série qui menait une double vie — impeccable en apparence, monstre la nuit.

📰Source :YouTube

Par la rédaction de Le Dossier

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