LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Finance

France Télévision au bord de la faillite : 80 millions de déficit révélés

Par la rédaction de Le Dossier · 2024-03-31
Illustration: France Télévision au bord de la faillite : 80 millions de déficit révélés
© YouTube

80 millions de déficit — un chiffre à retenir

France Télévision traverse une crise financière sans précédent. Depuis 2017, le groupe audiovisuel public a accumulé un déficit de 80 millions d’euros. Les capitaux propres ont fondu de 40 % en sept ans. La trésorerie, autrefois excédentaire, est désormais dans le rouge. La Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme en mars 2024. Pierre Moscovici, président de la troisième chambre de la Cour, a qualifié la situation de "critique". Il a même évoqué un risque de dissolution selon le code de commerce. Delphine Ernotte, la PDG, se veut rassurante. "Je ne pense pas qu’on puisse parler de quasi-faillite", a-t-elle déclaré devant les députés. Les chiffres, eux, ne mentent pas. Et ils sont accablants.

Salto : un échec industriel à 60 millions d’euros

En octobre 2020, France Télévision lance Salto avec TF1 et M6. Objectif : concurrencer Netflix. Résultat : un fiasco. La plateforme a coûté 60 millions d’euros au contribuable. Pourquoi ? Les fournisseurs d’accès internet (Orange, Free, SFR) ont refusé de distribuer Salto. La crise sanitaire a compliqué son lancement. Et la fusion avortée de TF1 et M6 a sonné le glas du projet. Delphine Ernotte se défend : "Ce n’était pas une aventure hasardeuse, mais un échec industriel." Pourtant, aucune garde-fou n’a été mis en place. Les instances de gouvernance ont validé le projet sans prévoir de plan B. Résultat : les pertes ont été provisionnées en 2021 et 2022. Une gabegie assumée par l’État, qui siège au conseil d’administration.

Les plans de départ : une facture de 100 millions d’euros

Entre 2018 et 2022, France Télévision a réduit ses effectifs de 12 %. Plus de 1000 départs ont été financés via des ruptures conventionnelles collectives. Coût total : 100 millions d’euros. L’État a assumé les deux tiers de cette somme. Une décision assumée, selon Delphine Ernotte : "L’entreprise avait besoin de retrouver des marges de manœuvre." Mais ces plans de départ ont dégradé la situation financière. Les capitaux propres sont tombés sous la moitié du capital social. Un seuil critique qui expose France Télévision à un risque de dissolution. Pire : certains salariés licenciés continuent à travailler pour la chaîne, mais via des sociétés de production privées. Une pratique dénoncée par les députés.

La dissolution : une menace juridique

Le code de commerce est clair. Quand les capitaux propres tombent sous la moitié du capital social, une dissolution est envisageable. En 2024, les capitaux propres de France Télévision sont passés de 294 millions d’euros en 2017 à 179 millions. Pour éviter la dissolution, une réduction du capital social est proposée. Objectif : abaisser le capital social à 150 millions d’euros. Cette opération comptable devrait être validée lors de l’assemblée générale de fin mars. Mais elle ne résout pas les problèmes structurels. La Cour des comptes et l’Inspection générale des finances ont appelé à des réformes urgentes. Delphine Ernotte a dénoncé l’accord social en juillet 2025. Une réforme qui s’étalera sur 27 mois, jusqu’en mai 2028. Trop peu, trop tard ?

Une gestion opaque et coûteuse

France Télévision a multiplié les dépenses controversées. Frais de mission, taxis, véhicules de fonction : la Cour des comptes a pointé des pratiques excessives. Les tutelles ont demandé des économies. Mais les efforts restent insuffisants. Le budget 2025 a été voté en déficit. Un choix assumé par l’État, qui autorise cette dérive. Delphine Ernotte assure que le budget 2026 sera à l’équilibre. Mais la crédibilité du groupe est entamée. Les contribuables ont déjà payé 160 millions pour Salto et les plans de départ. Combien de temps accepteront-ils de financer une gestion aussi laxiste ?

Conclusion : une crise systémique

France Télévision est au bord du gouffre. Les chiffres sont implacables : 80 millions de déficit, une trésorerie négative, un risque de dissolution. Delphine Ernotte minimise la crise, mais les faits sont là. Salto et les plans de départ ont coûté 160 millions d’euros au contribuable. Une gabegie assumée par l’État. Les réformes annoncées tardent à se concrétiser. La crédibilité de France Télévision est en jeu. Les Français méritent mieux. Ils méritent une gestion rigoureuse et transparente de leur service public audiovisuel.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet