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Justice

Un flic parisien dans la poche des narcos colombiens

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Un flic parisien dans la poche des narcos colombiens
© Illustration Le Dossier (IA)

2000 euros en liquide sur lui. 20 000 euros perçus en un an. Le policier des frontières vendait des informations à des tueurs liés au cartel colombien. L'enquête révèle un système. Et pourtant, il n'était qu'un maillon.

Scène de crime à la Part-Dieu

Mi-mars 2026. Gare de Lyon Part-Dieu. L'homme en civil serre une enveloppe — 2000 euros en billets. À ses côtés, l'intermédiaire. Aucun des deux ne soupçonne les caméras.

La DCOS de Lyon attend ce rendez-vous depuis des mois. Ce fonctionnaire ? Un spécialiste des frontières. Son vrai métier : les contrôler. Son business : les ouvrir.

"Le suspect a reconnu les faits", glisse une source proche du dossier. Mais il jure ignorer qui payait. Les relevés bancaires, eux, racontent une autre histoire : vingt mille euros en douze mois. (oui, vous avez bien lu)

Berkane, plaque tournante du crime

Novembre 2025. Écully, banlieue huppée de Lyon. Un homme s'écroule sous les balles. Quatre mois plus tard, les tueurs — quatre Colombiens — tombent avec un arsenal. Leur point commun ? Le réseau De Mixers, basé à Berkane.

"Ce groupe travaille main dans la main avec les cartels colombiens", précise une source judiciaire. Leur spécialité : les exécutions ciblées. Leur avantage en France ? Un flic ripou.

Photos transmises. Adresses partagées. Le policier leur livrait tout. "Il leur fournissait les plans des cibles", lâche un enquêteur. Le commanditaire ? Un trafiquant français... derrière les barreaux à Bogota.

La porosité des frontières

Voilà. Ce n'est pas un cas isolé. Le système est rodé : virements discrets, liquide sous le manteau. Le Monde révèle ses gains : 20 000 euros en un an.

Son poste à la lutte contre l'immigration irrégulière ? Trop stratégique. Il connaissait les flux, les failles, les hommes à acheter. "Une porte ouverte sur les réseaux", analyse un ancien de la DGSI.

Qui d'autre est dans le coup ? Le parquet antiterroriste, saisi de l'affaire, garde le silence. Pour l'instant.

Professionnels du .38

Les quatre Colombiens ? Des tueurs méthodiques. Arrestation à Lyon, voiture chargée d'armes. Leur marque de fabrique ? Le calibre .38 — signature sud-américaire.

Le policier leur offrait du sur-mesure : déplacements des cibles, habitudes, clichés. "Une aide opérationnelle complète", souffle une source policière.

L'intermédiaire arrêté avec le flic fait le lien direct avec Bogota. Le crime organisé n'a plus de frontières.

L'argent fantôme

2000 euros sur lui lors de l'interpellation. 20 000 euros perçus. Mais le reste ? Les enquêteurs traquent chaque centime.

"Le téléphone des Colombiens était une mine", confie un proche du dossier. Messages cryptés, coordonnées, photos de futures victimes. De quoi démanteler tout un réseau.

Le policier croupit en prison, inculpé pour "association de malfaiteurs" et "corruption passive". Son avocat se mure dans le silence. Les Colombiens aussi.

L'histoire ne fait que commencer.

Sources

  • Le Parisien (25/03/2026)
  • AFP
  • Le Monde
  • Source proche du dossier judiciaire
  • Enquête DCOS Lyon

Par la rédaction de Le Dossier

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