FFSA : le système opaque qui a fait tomber Gosselin

Quand les aveux valent condamnation
Pierre Gosselin a lâché la phrase lui-même. "J'ai hérité d'un système de gouvernance opaque et illégal." Aveu ou calcul ? Peu importe. Le 24 mars 2026, le président de la FFSA dégringole. Ironie du sort : ceux qui l'ont porté au pouvoir en 2024 le balayent aujourd'hui.
70% des voix. Un séisme. Jean-Luc Roger prend les commandes — pour l'instant. Mais le vrai scandale commence à peine.
Le Parisien a mis la main sur des documents explosifs. Subventions détournées. Comptes trafiqués. Un système rodé qui pompe l'argent public depuis des années. Marina Ferrari n'a pas eu besoin de deux lectures : la ministre des Sports a saisi le procureur sur-le-champ.
Pourquoi ce retournement ? Gosselin a cru pouvoir attaquer ses prédécesseurs début mars. Erreur. Ses alliés d'hier lui ont réglé son compte en quinze jours.
Plaintes croisées : qui dit vrai ?
Deux clans. Deux récits. Deux procédures judiciaires qui s'entrechoquent.
Gosselin accuse ses prédécesseurs d'"agissements suspects". Ses opposants répliquent immédiatement : plainte collective pour "abus de confiance, détournement de fonds et dénonciation calomnieuse".
Les chiffres, eux, sont têtus. L'enquête du Parisien révèle des virements troublants. Des montants qui atterrissent dans des sociétés fantômes. Des subventions qui s'évaporent.
"L'agrément ministériel est menacé", concède Gosselin dans un communiqué tardif. Et pourtant. La FFSA joue désormais sa survie. Plus qu'une fédération : un symbole qui vacille.
Marina Ferrari a pris sa décision. Inspection générale exigée. Première étape avant le retrait pur et simple de l'agrément. Un coup de massue.
18 mois pour tout perdre
Fin 2024. Pierre Gosselin arrive à la présidence, serments de transparence aux lèvres. Mars 2026 : il est laminé.
L'enquête du Parisien fait office de détonateur. Gosselin tente une ultime manœuvre. Vaine. Le 24 mars, l'assemblée générale lui tombe dessus à 70%.
Pendant ce temps, le ministère épluche les comptes. Les subventions 2022-2024 font tiquer les contrôleurs. Plusieurs millions en jeu — oui, vous avez bien lu.
Jean-Luc Roger doit maintenant assainir la maison en un mois chrono. Avant l'assemblée générale électrice du 22 avril. Mission impossible ?
Le ministère passe à l'offensive
Marina Ferrari ne bluffe pas. La ministre a choisi son angle : transparence totale, quitte à dynamiter l'institution.
"Plusieurs pratiques internes soulèvent des interrogations", répète-t-elle sans fléchir. Message reçu : la FFSA a brûlé ses dernières cartouches de crédibilité.
Le procureur de la République entre en scène. Détournement de fonds publics. Abus de biens sociaux. Blanchiment. La liste des chefs d'accusation s'allonge chaque jour.
Sans agrément ministériel, la FFSA devient un fantôme. Plus de subventions. Plus de reconnaissance internationale. Plus de sport automobile français au top niveau.
Trois issues possibles — toutes explosives
Première hypothèse : Jean-Luc Roger réussit son coup. Il assainit, négocie, sauve les meubles. Mais à quel coût pour l'image du sport automobile ?
Deuxième scénario : le ministère retire l'agrément. Tsunami administratif. Des centaines d'emplois sur la sellette.
Troisième possibilité — la plus redoutable. Que la justice découvre un réseau bien plus vaste. Que l'affaire FFSA ne soit qu'un premier domino.
À suivre. De près.
Sources
- Enquête exclusive du Parisien, 21 mars 2026
- Communiqué de la FFSA, 24 mars 2026
- Déclaration de Marina Ferrari, ministère des Sports
- Procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire, 24 mars 2026
- Documents internes de la FFSA obtenus par Le Dossier
Par la rédaction de Le Dossier

