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Squishy : l'explosion qui brûle un enfant et interroge la sécurité des jouets

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-10
Illustration: Squishy : l'explosion qui brûle un enfant et interroge la sécurité des jouets
© Justbeingblythe / Pexels

Les faits

Le 24 juillet 2026, selon le parquet de Saint-Omer cité par l’AFP, un garçon de huit ans manipule un jouet de type « Squishy » — une balle contenant une substance malléable qu’on presse pour se détendre. L’objet explose au visage de l’enfant. Brûlure au deuxième degré.

D’après Midi Libre, qui a relayé l’information le 10 août, la mère de Melvin a posté un message sur Facebook le 3 août pour alerter sur les dangers du jouet. « La cicatrisation évolue dans le bon sens », a-t-elle déclaré à 20 Minutes. Le jeune garçon est toujours en convalescence.

Le parquet de Saint-Omer a ouvert une enquête pour blessures involontaires. Les causes exactes de l’explosion ne sont pas encore établies. « Les investigations sont en cours et nous sommes pleinement mobilisés sur le sujet », a précisé le parquet, cité par Nord Littoral.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a immédiatement lancé des vérifications sur plusieurs modèles de Squishy. Selon un communiqué publié le 10 août, « des problèmes ont été signalés à la suite de l’utilisation de jouets "Squishy" ou de contrefaçons ». L’autorité appelle « à faire preuve de prudence ».

Le contexte

Le Squishy n’est pas un jouet nouveau. Il est devenu viral il y a quelques années, notamment via les réseaux sociaux. Les enfants adorent le toucher, le presser, le lancer. Des millions d’exemplaires circulent en France, vendus dans les grandes surfaces, les boutiques de souvenirs, et surtout sur les plateformes d’e-commerce.

Or, selon 60 Millions de consommateurs cité par Le Figaro, le Squishy Dumpling — le modèle original — a rapidement été copié par des fabricants d’Asie du Sud-Est. « Ces imitations circulaient en France avant même l’arrivée du produit officiel », précise l’association. Autrement dit, le marché est inondé de contrefaçons dont la composition chimique et la résistance n’ont été testées par personne. Voilà.

Ce n’est pas la première alerte. En décembre 2025, la DGCCRF avait publié une enquête accablante : « plus de 60 % de jouets dangereux » sur les sites d’e-commerce. Des substances toxiques, des petites pièces détachables, des risques d’étouffement — le rapport listait des dizaines de produits non conformes. Mais les contrôles restent limités, faute de moyens.

Le traitement judiciaire

L’enquête pour blessures involontaires est confiée aux services de gendarmerie du Pas-de-Calais. Son objectif : déterminer si le jouet était défectueux, si la composition chimique a provoqué l’explosion, et si un défaut de fabrication ou de conception est en cause.

Aucun fabricant ni importateur n’a été mis en cause à ce stade. Le parquet de Saint-Omer n’a pas communiqué le nom de la marque ou du revendeur. La DGCCRF, elle, examine plusieurs modèles prélevés dans des commerces et chez des particuliers. Les résultats des analyses ne sont pas encore connus.

La présomption d’innocence s’applique pleinement. Les Squishy ne sont pas interdits, mais l’autorité recommande la prudence, en particulier pour les enfants en bas âge.

Ce que ça dit de la France

Ce fait divers va plus loin qu'un accident. Il révèle un angle mort persistant de la régulation française : le contrôle de la sécurité des produits de consommation courante, en particulier ceux destinés aux enfants.

Un cadre réglementaire existe. La directive européenne 2009/48/CE sur la sécurité des jouets impose des normes strictes : limites de substances chimiques, tests mécaniques, marquage CE. Mais ce cadre ne vaut que si les contrôles sont effectifs. Or, sur les places de marché en ligne, des centaines de milliers de produits débarquent chaque mois, souvent depuis la Chine ou l’Asie du Sud-Est, sans avoir passé un seul test.

La DGCCRF dispose d’environ 3 000 agents pour l’ensemble du territoire. Un nombre qui n’a pas augmenté depuis dix ans, tandis que le volume des importations explose. Résultat : les contrôles sont ciblés, aléatoires, souvent trop tardifs. En 2025, la Répression des fraudes n’a pu inspecter que 2 % des produits mis sur le marché.

Comparons avec nos voisins. L’Allemagne dispose d’un réseau de laboratoires régionaux plus dense et d’une coopération renforcée avec les douanes. Le Royaume-Uni, après le Brexit, a mis en place un système d’alerte rapide pour les jouets dangereux, avec des sanctions dissuasives : jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires pour les entreprises contrevenantes. La France, elle, peine à verbaliser les vendeurs basés à l’étranger, et les amendes restent faibles.

Le coût, pour la collectivité, est réel. Un enfant brûlé, c’est des soins hospitaliers, une rééducation, parfois des séquelles psychologiques. Et derrière, une famille qui engage des procédures, souvent sans recours si le fabricant est introuvable. Le contribuable paie deux fois : une fois pour les contrôles insuffisants, une fois pour les conséquences qu’ils n’ont pas empêchées.

Les Squishy ne sont qu’un exemple. Il y a eu les perles d’eau, les vêtements avec cordons, les trottinettes électriques sans freins. Chaque fois, la même rengaine : un accident, un cri d’alerte, une enquête, une promesse de renforcement des contrôles. Et puis l’oubli, jusqu’au prochain drame.

Et maintenant ?

L’enquête en cours dira si le jouet de Melvin était un produit authentique ou une contrefaçon, et si une norme a été violée. Mais même si elle aboutit à une condamnation, le vide réglementaire sur les places de marché en ligne restera. La France peut-elle continuer à laisser entrer des millions de jouets non contrôlés chaque année ? Faut-il un système de certification obligatoire pour les vendeurs étrangers, comme le demande une partie des professionnels ?

Le gouvernement a annoncé en début d’année un plan de contrôle renforcé pour les produits vendus sur les plateformes. Mais les mesures concrètes tardent à se matérialiser. En attendant, des parents continuent d’acheter des Squishy sans savoir ce qu’ils contiennent. Et des enfants continuent de jouer.

Sources

  • Midi Libre, « Il peut éclater au visage de votre enfant : le jouet antistress "Squishy" au cœur d’une enquête après la brûlure au visage d’un jeune garçon », 10 août 2026.
  • Le Parisien, « Pas-de-Calais : une enquête ouverte après qu’un enfant a été gravement brûlé par un jouet Squishy », 9 août 2026.
  • AFP, cité par plusieurs médias.
  • Parquet de Saint-Omer, communiqué cité par Nord Littoral.
  • DGCCRF, communiqué du 10 août 2026, cité par La Nouvelle République.
  • 60 Millions de consommateurs, cité par Le Figaro.
  • 20 Minutes, « La cicatrisation évolue dans le bon sens », propos de la mère.
  • Nord Littoral, « les investigations sont en cours et nous sommes pleinement mobilisés sur le sujet ».
  • Femme Actuelle, « Plusieurs accidents liés aux Squishies ont poussé la DGCCRF à lancer des analyses de conformité ».

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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