Estrosi vs Sioti : Le duel fratricide qui secoue Nice

Nice, mars 2026. Une tête de cochon. Une affichette antisémite. Deux frères politiques prêts à tout pour gagner. Bienvenue dans l’arène politique niçoise, où Christian Estrosi et Eric Sioti se livrent une guerre sans pitié. Les municipales 2026 ne sont pas qu’un scrutin. C’est un duel fratricide, une lutte pour le pouvoir, une descente aux enfers politique.
Quand les caméras trahissent leur maître
Le 27 février, une tête de cochon pend au portail d’Estrosi. Accrochée avec soin, comme un trophée macabre. L’affichette colle à la peau du maire : "Connard", surmontée d’une étoile jaune. Immédiate, sa réaction : il crie à l’antisémitisme, pointe l’ultradroite de Sterrain — et donc Sioti.
Mais voilà. Les caméras de surveillance — celles qu’Estrosi a lui-même fait installer partout — montrent une autre vérité. Des proches du maire rôdent autour du portail cette nuit-là. À la mi-mars, les enquêteurs penchent pour une manipulation interne.
Estrosi parle d’"infiltration". Les Nissois haussent les sourcils. Manœuvre électorale ? Crise de paranoïa ? L’enquête suit son cours. Mais le doute, lui, s’installe.
Deux frères, une haine
- Estrosi, jeune député, recrute Sioti comme collaborateur. Le début d’une amitié politique. Vacances en famille, campagnes communes, ascension fulgurante pour Sioti. Le protégé.
2016 : la rupture. Sioti vire à l’extrême droite, épouse les thèses du RN. Estrosi reste dans le giron macroniste. Les voilà ennemis jurés.
2026 : le choc frontal. Sioti caracole en tête au premier tour avec 43 %. Estrosi panique. Lui qui affichait son soutien à Israël depuis des années tente soudain de séduire la gauche. Un numéro d’équilibriste.
Estrosi, l’homme qui dansait sur tous les toits
Après le 7 octobre 2023, il inonde Nice de drapeaux israéliens. Le préfet exige leur retrait. Estrosi refuse. Il faut une décision de justice en juin 2025 pour les faire disparaître.
Puis, en pleine campagne, le revirement. "Je m'excuse auprès de tous ceux qui ont été blessés." Julien Odoul (RN) ricane : "Estrosi s’extrême-gauchise pour gratter des voix."
Et pourtant. Les militants de gauche voient clair dans le jeu.
Chînel Lerou, la troisième femme
Juliette Chînel Lerou (11 % au premier tour) refuse le marchandage. Pas d’alliance avec Estrosi, malgré les promesses de postes, les appels de l’Élysée. "La politique n’est pas un marché aux puces", assène-t-elle.
Elle tient bon. Devenue l’arbitre imprévue du duel, elle pourrait bien faire basculer Nice.
Nice, champ de bataille
Second tour dans trois jours. Estrosi multiplie les pirouettes. Sioti joue les fauves. Chînel Lerou observe, inflexible.
Qui l’emportera ? Une certitude : cette guerre a déjà souillé la politique niçoise.
À suivre.
Par la rédaction de Le Dossier


