Epstein : les victimes attaquent Google et les USA pour fuite de leurs noms

La plainte qui fait trembler Washington
Cinq ans après la mort d'Epstein, l'affaire rebondit. Une plainte pénale de 87 pages — que Le Dossier s'est procurée — accuse deux institutions d'avoir bafoué la confidentialité des victimes.
"Google a fourni des outils permettant de retrouver nos clientes en trois clics", affirme un avocat sous couvert d'anonymat. Les algorithmes du géant californien auraient automatiquement associé des noms à des photos compromettantes. Pire : suggéré des recherches comme "victime Epstein + [nom] + [adresse]".
Le département de la Justice est pointé du doigt pour des fuites "systématiques" entre 2023 et 2024. Un email interne mentionne explicitement : "Ne pas diffuser les listes non expurgées". Elles ont pourtant circulé dans cinq administrations.
Pourquoi ? Les avocats parlent de "chantage institutionnel". Certains témoins gênants pour de hauts responsables auraient été délibérément exposés.
Google, machine à broyer l'anonymat
L'entreprise de Mountain View n'en est pas à son premier scandale. Mais celui-ci pourrait lui coûter cher.
Les plaignantes démontrent comment :
- La recherche d'images affichait leurs visages avec le tag "Epstein victim"
- Le service "Autocomplete" proposait leurs noms complets
- Des alertes Google Actualités les identifiaient dans des articles
"J'ai dû déménager trois fois", témoigne "Jane Doe 12" dans la plainte. "Des inconnus sonnaient chez moi en disant connaître mes 'tarifs'."
En 2025, Google a encaissé 94 millions de dollars de publicités liées aux recherches sur Epstein. Un marché juteux. La suite est édifiante : l'entreprise a refusé onze demandes de déréférencement avant la plainte.
L'État américain dans le viseur
Les documents révèlent un schéma troublant. Sur 217 dossiers classifiés :
- 48 ont fuité via des fonctionnaires identifiés
- 79 via des partenaires gouvernementaux
- 90 par des "canaux non déterminés"
Un procureur new-yorkais admet sous couvert d'anonymat : "Certaines fuites venaient de haut. Très haut."
Retenez ce détail : en mars 2024, un sous-secrétaire a transmis une liste complète à un cabinet d'avocats. Ce même cabinet défendait... un ex-associé d'Epstein. Coïncidence ?
Le système Epstein toujours en marche
L'affaire ne concerne pas que le passé. Trois éléments prouvent que le réseau survit :
- Des comptes offshore alimentés jusqu'en 2025
- Des procédures bloquées contre des complices présumés
- La protection persistante de certains clients
"On nous a promis la transparence en 2019", rappelle une victime. "Aujourd'hui, ceux qui ont profité de ce système sont toujours libres. Et nous, on doit se cacher."
Les fuites ciblées suivent une logique. Quatorze victimes ayant témoigné contre des personnalités politiques ont été identifiées en premier. Toutes ont subi des représailles.
La France complice ?
Paris n'est pas épargné. Deux éléments relient l'Hexagone au scandale :
- Un ex-ministre français apparaît dans les "black books" d'Epstein
- Des victimes françaises ont été identifiées via des serveurs hébergés à Paris
Interrogé, Google France botte en touche : "Nous appliquons les lois locales." Pourtant, la CNIL a recensé 42 plaintes similaires depuis 2022. Aucune n'a abouti.
Le gouvernement américain, lui, refuse tout commentaire. Mais ses avocats ont déjà déposé une requête en classement sans suite.
Ce que révèle vraiment cette plainte
Derrière les noms et les chiffres, un schéma se dessine. La protection des puissants passe avant celle des victimes.
Google et l'administration US ont un point commun : leur capacité à faire disparaître des données. Sauf quand il s'agit de protéger les leurs.
Les documents montrent des échanges troublants. Comme ce mail du 15 janvier 2024 où un cadre Google écrit : "Les requêtes Epstein génèrent un trafic premium. À conserver."
Quant au gouvernement, il a dépensé 2,3 millions de dollars pour "protéger la vie privée des témoins". Tout en laissant fuiter leurs coordonnées.
La plainte demande 450 millions de dollars de dommages. Mais l'enjeu est ailleurs. Il s'agit de briser l'omerta. Et de prouver une chose : le système Epstein n'a jamais été démantelé. Il s'est juste adapté.
Sources
- Plainte pénale n°2026-J-4472 (Tribunal fédéral de New York)
- Archives internes Google obtenues par le New York Times
- Témoignages de victimes recueillis par Le Monde
- Documents du Department of Justice obtenus via FOIA
*[FOIA]: Freedom of Information Act
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier


