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Justice

Epstein en France : les réseaux secrets de Brunel dévoilés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-17
Illustration: Epstein en France : les réseaux secrets de Brunel dévoilés
© YouTube

Un suicide qui a tout figé

Jean-Luc Brunel est mort en prison. Le 22 février 2022. Suicide. Trois tentatives. Du sang partout. Les veines ouvertes. La justice française a fermé le dossier sur-le-champ. Erreur fatale.

Brunel, associé de Jeffrey Epstein, était accusé de viols multiples. Dix plaintes étaient en cours. Neuf sont tombées dans la prescription. Une seule restait active : celle de Virginia Giuffre, victime emblématique d’Epstein. Elle accuse Brunel de l’avoir violée lors de l’anniversaire de Naomi Campbell à Saint-Tropez. Brunel avait un alibi en béton : il était en Australie ce jour-là.

Mais Giuffre avait une autre version. Elle affirme l’avoir été à une autre occasion. L’enquête était en cours. Brunel s’est suicidé. Et tout s’est arrêté. Pourquoi ? La justice française a-t-elle manqué de curiosité ?

L’ordinateur oublié

Le 10 août 2019. Jeffrey Epstein se suicide dans sa cellule américaine. Quelques semaines plus tard, les autorités françaises perquisitionnent son appartement parisien. Avenue Foch. Elles y saisissent un ordinateur. Et des clés USB.

Où est cet ordinateur aujourd’hui ? Sous le palais de justice de Paris. Classé depuis 2023. Pourquoi n’a-t-il jamais été exploité ? Les associations de victimes crient au scandale. Elles estiment que la justice a perdu sept ans. "Ca a pris des semaines avant que l'appartement d'Epstein ne soit perquisitionné. Pourquoi ? C'est pourtant la première chose à faire, non ?", s’insurge Thysia Huisman, ancienne mannequin et victime de Brunel.

Retenez ce détail : l’ordinateur est toujours là. Intact. La justice française a décidé de s’en saisir enfin. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Les îles Vierges, une façade ?

Claire Lang et Jeffrey Epstein. Deux noms qui apparaissent dans une société offshore créée en 2015. Aux îles Vierges. Objectif déclaré : soutenir de jeunes artistes français. En réalité, la société servait à blanchir de l’argent. Epstein y a injecté 1,4 million d’euros. Claire Lang, elle, n’a pas apporté un centime. Mais elle a mis son savoir-faire. Et ses contacts.

Jean-Lang, père de Claire et ancien ministre de la Culture, nie toute implication. "Je n’ai jamais perçu un seul centime", clame-t-il. Pourtant, les mails d’Epstein révèlent une autre histoire. Etienne Binant, homme d’affaires proche des Lang, jouait les intermédiaires. Il a invité Epstein à l’anniversaire privé de Jean-Lang. "Jack est quelqu’un de timide, qui n’invite que ses proches amis", écrit-il dans un mail.

La justice cherche à comprendre ce qui s’est passé dans cette société offshore. Les perquisitions à l’Institut du monde arabe et chez Jean-Lang ont eu lieu le jour même où ce dernier faisait ses adieux. Coïncidence ?

Le réseau parisien

Jeffrey Epstein avait un réseau mondial. Paris en était un pivot. Son appartement avenue Foch servait de plaque tournante. Des jeunes filles étaient rabattues des pays de l’Est pour du mannequinat. Elles atterrissaient à Paris. Puis partaient aux États-Unis.

Brunel était un rouage essentiel. Son agence, créée en 1978, recrutait des jeunes mannequins. Souvent étrangères. Souvent mineures. Elles étaient logées dans des appartements autour de l’Étoile. Des lieux de viols. Des témoignages accablants remontent aux années 1980. En 1988, un reportage de CBS révèle des viols et des agressions. Rien ne bouge.

En 2014, un autre reportage de la BBC dénonce le système. Brunel part aux États-Unis. Il fait affaire avec Epstein. La justice française reste muette. Pourquoi ?

Les victimes, premières oubliées

Thysia Huisman avait 18 ans en 1991. Elle tombe dans les filets de Brunel. "Il m’a donné un verre un soir, chez lui. 15-20 minutes plus tard, j’étais dans le salon et j’ai commencé à me sentir mal. Je crois que je me suis évanouie. Mais ensuite, j’ai repris conscience. Il était sur moi, en train de déchirer mes vêtements. La dernière chose dont je me souviens, c’est qu’il m’a pénétrée. Ensuite, j’ai perdu connaissance", raconte-t-elle.

Elle rentre en Belgique. Son agente ne la prend pas au sérieux. Huisman souffre de dépression pendant des années. Elle fait face à des addictions. Comme beaucoup d’autres victimes.

La justice française a décidé de relancer l’enquête. Mais les victimes sont-elles prêtes à témoigner ? "Est-ce que les femmes veulent encore témoigner ? Est-ce qu’il y aura de nouveaux témoignages ?", s’interroge Anne Goutard, grand reporter à France Télévisions.

Le silence des femmes

Jean-Luc Brunel se vantait d’avoir couché avec 3 000 femmes. Epstein, avec 1 000 de celles de Brunel en une année. Les chiffres donnent le vertige. Mais les témoignages manquent. Pourquoi ?

Les agences de mannequins étaient dirigées par des hommes. Mais les intermédiaires étaient souvent des femmes. Elles prenaient les rendez-vous. Elles conseillaient les jeunes filles. Elles fermaient les yeux. Ghislaine Maxwell, complice d’Epstein, en est l’exemple le plus connu. Mais d’autres femmes ont participé à ce système. Qui sont-elles ?

La justice doit maintenant identifier ces complices. Et retrouver les témoignages perdus. L’ordinateur d’Epstein pourrait contenir des réponses. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour l’exploiter ?

La justice trop tard

La faillite de la justice française est criante. Brunel est mort en 2022. L’enquête s’est arrêtée. Les associations de victimes ont dénoncé cette passivité. "La justice française nous a laissé tomber. Ils ne nous ont pas prises au sérieux", regrette Thysia Huisman.

Le Parquet national financier s’est enfin saisi du dossier. Les perquisitions ont commencé. Les témoignages sont recueillis. Mais le mal est fait. Les victimes attendent depuis des années. La justice doit maintenant rattraper le temps perdu.

Brunel, juste une pièce du puzzle

Jeffrey Epstein avait un réseau mondial. Brunel en était un pilier français. Mais il n’était pas seul. Etienne Binant, Jean-Lang, Claire Lang, d’autres noms apparaissent dans les mails d’Epstein. La justice doit maintenant identifier tous les complices.

L’ordinateur saisi en 2019 pourrait contenir des preuves cruciales. Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour l’exploiter ? Les associations de victimes exigent des réponses. Et la justice doit enfin les donner.

Conclusion : une enquête qui commence enfin

La justice française a relancé l’enquête Brunel-Epstein. Mais les zones d’ombre sont nombreuses. L’ordinateur saisi en 2019 n’a toujours pas été exploité. Les témoignages manquent. Les victimes attendent depuis des années.

La justice doit maintenant rattraper le temps perdu. Et identifier tous les complices. L’affaire Brunel-Epstein ne fait que commencer. Mais elle ne doit pas s’arrêter là.

Par la rédaction de Le Dossier

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